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Sarkozy ou la haine de la culture

samedi 28 avril 2007 à 06:36

Communiqué de la Maison des écrivains

Dans le journal gratuit "20 minutes" du 16 avril, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l’université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics, l’enseignement de la "littérature ancienne" :

« Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ? Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.

Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ? Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes. »

Interview de Sarkozy

Ne prenons pas à la légère ces déclarations du candidat de l’UMP. Pour lui, l’Etat n’a pas à assumer le prix de la culture.

Son jugement sur le « plaisir de la connaissance », opposé à l’utilité ou à la rentabilité érigées en principe politique, manifeste une ignorance et un mépris dangereux qui menacent le socle de toute société démocratique. Il avertit les artistes et les penseurs, nous écrivains, en particulier, du sort qu’il réserve à la culture, la littérature au premier chef, et à leur transmission par l’Education nationale

Tous les chefs d’Etat, jusqu’ici : Charles De Gaule, Georges Pompidou, François Mitterrand comme Jacques Chirac ont, chacun à leur manière, exprimé leur attachement à l’héritage intellectuel et artistique qui fonde l’identité française. Ils ont écrit, se sont revendiqués de la poésie, du roman, de l’art.

Dans le contexte déjà alarmant que dénonce notre Appel Filières littéraires, une mort annoncée ?, la gravité de cette déclaration ne peut nous laisser d’illusions. Elle engage la communauté littéraire et éducative à se mobiliser.


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commentaires
Sarkozy ou le bon sens - Frédéric Bastiat - 28 avril 2007 à 18:21

Je suis tout à fait d’accord avec Sarkozy.

Pourquoi accepter tant d’étudiants dans des filières où il n’y a aucun débouché professionnel comme psychologie, sociologie, histoire/géo et littérature ancienne.

Ces filières ne sont que des parkings à chomeurs pour 90% des étudiants.

Tous les gens de bon sens le savent, seuls des provocateurs patentés ne veulent pas le reconnaitre et travestissent la réalité.


#7210
Mieux que Sarkozy et le bon sens bastiat ! - XUEDOB - 28 avril 2007 à  20:40

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#7214 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - bombix - 29 avril 2007 à  20:34

« Les gens de bon sens » sont comme vous, comme votre champion Sarkozy qui dit n’importe quoi sans s’informer, incultes et prêts à avaler n’importe quelle couleuvre pourvu que la ritournelle démagogique qui associe études et productivité - en oubliant toute la dimension culturelle de l’éducation - puisse être entonnée.

Dommage pour ce pauvre Sarkozy qui aurait pu encore une fois s’épargner le ridicule de celui qui parle sans rien connaître à son sujet, dommage donc car en reprenant les chiffres réels, on se rend compte que son discours est complètement à côté de la plaque. Et là je ne parle pas des valeurs qu’il défend, mais des faits et des chiffres que l’on peut consulter.

Pour cette année en effet, on est très loin des "deux places pour mille candidats" au CAPES et à l’agrégation de lettres classiques. Il y a cette année 284 postes offerts au CAPES et 60 à l’agrégation. Si on applique les ratios de Sarko, cela signifierait qu’il y a au bas mot 85 000 étudiants en lettres classiques en France. On en est loin, très loin. Dans la plupart des facs, les classes de licences compte moins de 20 étudiants. Le jeu demeure donc ouvert professionnellement pour les étudiants de lettres classiques.

À l’idiotie d’associer la totalité des enjeux éducatifs à une supposée recherche de compétitivité et de productivité, s’ajoute donc une ignorance crasse de la situation réelle de l’enseignement supérieur en France.

Sarkozy dit n’importe quoi, encore une fois. Il est aussi fort en génétique qu’en philosophie de l’éducation. Il connaît aussi bien les dossiers de l’enseignement supérieur que le nombre de sous-marins nucléaires...

Ce type est dangereux car ses idées sont aussi fausses que bêtes. Hélas pourtant, ça mord plutôt pas mal chez les neuneus qui se shoottent à TF1...

#7221 | Répond au message #7210
une politique de la médiocrité ? - 30 avril 2007 à  20:52

Tant d’encouragements font chaud au coeur ! Cela fait vraiment plaisir de savoir que nos recherches sont si bien considérées par les "gens de bon sens". Allons plus loin ! Cessons tout soutien aux actions culturelles, et ne gardons que le projet de Studio Europa proposé par Luc Besson avec l’aide de Monsieur Raffarin (rentable) ! Cessons toute aide aux travaux universitaires en sociologie. Pourquoi comprendre quand on peut réprimer (économique) ? Affranchissons-nous des travaux menés par les observateurs issus des universités et des instituts autonomes (chiffres du chômage en décalage avec les études) !
Actuellement en Master 2 d’Histoire Ancienne, je suis très heureux d’apprendre que je ne pourrais pas poursuivre en thèse, faute d’aide financière. Il est également regrettable de constater que nous aurons de moins en moins de chercheurs français dans les publications de portée internationale. La France s’efface doucement de la scène scientifique ... sans bruit !
S’agit-il encore de politique ou de simples mesures de gestion ? L’idée selon laquelle le gouvernement d’un Etat s’apparente à la direction d’une entreprise reflète une profonde méconnaissance de la dimension humaine inhérente au fait social. Comment évoquer l’identité nationale dans de telles conditions ? Il est vrai que les images d’Epinal semblent convenir à beaucoup de nos candidats.
Monsieur Sarkozy aurait pourtant tout intérêt à encourager les sciences sociales et humaines. Quelques notions en psychologie cognitive, en sociologie ou en d’autres domaines l’auraient notamment dissuadé de prononcer de facheuses remarques concernant la prédestination génétique, qui rencontra un certain succès chez quelques idéologues abjects.

#7233 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens des crétins décérébrés - K100D - 30 avril 2007 à  21:52

Avec ces gens "de bon sens" le monde va rapidement devenir invivable... si on supprime ce qui ne "sert à rien", on finira par le suicide du dernier garde-chiourme dans le dernier camp de la mort.
Ceci dit l’affirmation selon laquelle "Ces filières ne sont que des parkings à chomeurs pour 90% des étudiants" est tout simplement une absurdité comme M. Sarkozy en répète tous les jours. M. Sarkozy ment du matin au soir mais il dit ce que les rétrécis du cerveau veulent entendre, à savoir que la culture ne sert à rien et qu’il vaut mieux rester sur son canapé à regarder TF1 en buvant de la bière.
C’est vous, bande de crétins décérébrés et fiers de l’être qui ne servez à rien, et pas ceux qui vont à la fac pour apprendre.

Voir en ligne : http://tontonk100d.blogspot.com/
#7234 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - 6 mai 2007 à  00:34

Alors la bravo

Et vous sur quel parking etes vous ? Manifestement il bouché. Quand aux provocateurs auxquels vous faites allusion je crois que vous devriez le sens du mot provocateur, car en l’occurence c’est vous. Par ailleurs il n’est pas question de travestir la realité mais d’étudier de s’instruire d’élever son esprit. Mais si vous etes d’accord avec N. Sarkozy vous devez avoir le meme niveau d’inculture. Et si la culture vous derange c’est qu’elle vous fait peur et ca n’est pas bon signe...ca ma rappelle des choses

#7264 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - 11 mai 2007 à  12:54

il faut distinguer les filières utiles mais trop peu sélectives des filières inutiles économiquement.

#7409 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - Biff - 11 mai 2007 à  14:31

Ouaips, bonne idée. Moi je propose qu’on supprime toutes les fillières artistiques notamment. Regardez le conservatoire de musique de Paris... Un gouffre financier. 15000 euros par ans et par élève. Et ces petits incapables qui grattent des boyaux de chats avec du crin de cheval ne produisent (tenez vous bien) pas UN SOU pour l’économie française. Idem pour la littérature. Ca produit pas, c’est pas rentable, et ca sert à rien : poubelle. Je propose aussi de supprimer la philo. Bon, évidemment, il faut garder un numerus closus nécessaire (disons deux places par an, ca ira) à ce qu’on ait un ou deux débiles pour justifier les déclarations démentes du patron sur l’origine génétique de la pédophilie, mais à part ca, dites moi... ca fait des sous la philo ? ZERO. Au panier.

Quand on aura une France propre, avec uniquement des petits ingénieurs incultes bien sarkozystes, des informaticiens, et des polytechniciens pour vous faire travailler tout ca, on dépassera sûrement le PIB et même avec un peu de chance la fracture sociale de l’angleterre. Ensemble, tout devient possible !

#7414 | Répond au message #7409
les étudiants de chambéry en colère - liiyah et lilimaniac - 11 mai 2007 à  15:35

Il est inadmissible d’avoir de tels propos : avoir de la culture devrait etre un droit de chacun et un devoir pour l’état afin de la préserver.
Il est remarque plus facile pour les chefs d’états de dominer les populations sans culture afin de les soumettre à des dictatures comme celle que mr Sarkozy essaye de mettre en place : mais cela, seuls ceux qui ont un minimum de culture historique peuvent s’en rendre compte !!!!!
Nous sommes en faculté d’histoire et nous sommes egalement contre l’annéantissement de la culture au profit de mathématiciens ou autres scientifiques qui ne sont là que pour servir l’interet des plus riches et des plus puissants....
La république n’est pas cela...La démocratie n’est pas cela...
Que sera alors notre avenir en France ?

#7415 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - Riton - 11 mai 2007 à  17:40

Comme d’habitude, Sarkozy pose mal la question et la pose de façon démagogique : qu’il y ait une crise de l’université et qu’il y ait "trop" de licences et masters de lettres, c’est évident. Mais c’est oublier deux choses : 1) que toutes les politiques du supérieur depuis les années 1970 ont fait de ces voies de garage de l’université un moyen nécessaire pour masquer le chômage des jeunes - Sarkozy osera-t-il augmenter le chômage en supprimant ces filières ? ; 2) que fermer des filières inefficaces ne veut pas dire arrêter d’enseigner les littératures "anciennes" (que signifie ce terme, d’ailleurs ?). Un peu d’imagination, que diable, M. Sarkozy ! On peut penser que tous les étudiants français ont besoin de littérature (et de philosophie, et d’histoire, et de sociologie, et de psychologie). Plutôt que de professionnaliser à 100% l’université, qui est le rêve de M. Sarkozy (rêve qui se comprend : quand on a la culture dont M. Sarkozy a fait montre le soir de son élection, on préfèrerait que l’ensemble de la population devienne aussi inculte que soi), il faudrait intellectualiser les filières professionnelles (car il faut bien que les étudiants apprennent un métier mais qui formera les citoyens de demain ?). Mais pour proposer une telle mesure, il faudrait réfléchir, M. Sarkozy, et ce n’est pas avec votre absence radicale d’études que vous le pouvez.

#7418 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - 29 mai 2007 à  20:34

Ces filières ne sont pas des parkings. Plusieurs d’entre elles ouvrent sur des carrières intéressantes.
L’individu qui a posté la dernière réponse affiche son ignorance totale au marché du travail actuel et illustre parfaitement cette haine de la pensée que diffuse dans les esprits les propos venimeux de Sarkozy.

#7625 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - 4 octobre 2007 à  23:46

tu veux dire que tu préfères un pays de travailleurs "metro-boulot-dodo" maniable à souhait sans aucune culture, un troupeau de mouton en définitive... quel triste monde que le tiens !
Mais non ! me diras-tu, les riches pourront etre très cultivés... les moins riches n’ont pas besoin de ça...
Bonsoir !

#8269 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - jujulafoire - 5 décembre 2007 à  18:46

Faire des études supérieures dans les filières des sciences humaines et sociales ne doit pas se voir uniquement au travers du prisme pragmatique, à savoir "quel emploi après ?". Cela permet aux individus de s’approprier une certaine culture, un certain recul critique par rapport au monde, à l’actualité, à l’économie, au politique...Bref, cela permet d’élargir son champ de vision. J’ai effectué des études supérieurs moi-même, en philosophie et en anglais. Je ne suis certes pas devenu philosophe professionnel ou prof d’anglais, n’ayant pas été au terme de mon cursus, mais j’ai gardé le goût de ces matières et n’estime pas avoir perdu mon temps pendant ma vie étudiante, au contraire, ce sont sans doute les périodes les plus enrichissantes de ma vie, avec des rencontres d’étudiants étrangers, d’Europe et d’ailleurs, les premiers engagements politiques...Ensuite j’ai commencé à travailler en interim, comme beaucoup d’étudiants qui ne performent pas leur parcours, mais qu’à cela ne tienne, ça en valait la peine, et je suis bien content d’avoir parmis mes collègues des personnes qui ont elles aussi fait des études, cela permet des échanges d’idées, des discussions qui n’auraient pas été possible avec des gens qui n’ont connu qu’une scolarité minimale, pour être ensuite directement et pour toute leur vie professionnelle (autant dire pour toute leur vie tout court, quand on connait l’espérance de vie des travailleurs prolétaires...) intégrés à une entreprise. Je ne suis pas sûr d’être très clair dans mes propos, en un mot, ce que je voulais exprimer, c’est que c’est un mal pour un bien, autrement dit, l’échec ou l’absence (mieux dit le manque) de débouchée dans les sciences humaines et sociales est compensé par l’émergence de citoyens plus à même de comprendre les enjeux de société, politiques, économiques, écologiques, culturels...Je dis ceci sans condescendance auprès des classes laborieuses dont je fais partie. Attention au mépris de la culture, et à la volonté de créer des citoyens formatés dans un seul objectif : servir l’économie. Vive la vie !

#9027 | Répond au message #8269
Sarkozy ou le bon sens - greg - 12 novembre 2011 à  14:17

effectivement on peut etre d’accord avec ca, si on considere que les etudiants sont destinés a devenir de parfaits ouvriers incultes ....prets à l’emploi dès la fin des études .

#34063 | Répond au message #7210
Sarkozy ou le bon sens - 14 novembre 2011 à  18:38

Pour ceux qui souhaitent se documenter sur l’insertion des étudiants à la sortie de l’université en fonction des filières, ils peuvent voir les chiffres et les diverses études du CEREQ qui sont un peu plus objectifs que ceux du président.
On y apprend notamment que la correspondance entre spécialité de formation et d’emploi n’est pas nécessairement rechercher par les employeurs. Ceci revient à mettre à la poubelle l’idée même que certaines filières seraient "des voies de garages". Ces filières ne donnent pas accès à des emplois, elles permettent de maîtriser des compétences qui peuvent être réinvesties dans diverses types emplois. Comment peut-on par exemple dire que la filière "sociologie" est bouchée quand on sait qu’un étudiant ayant validé son master peut se retrouver aussi bien cadre A/B de la fonction publique, animateur socio-culturel, sociologue, professeur de sciences humaines en collège, qu’attaché parlementaire, voire expert dans un cabinet d’audit, ou facteur (Besançenot a obtenu un master d’histoire).
Pour ce qui est des études de cohortes, c’est-à-dire des étudiants d’une même génération pour parler vulgairement, on a plus de probabilité d’être au chômage deux ans après avoir été diplômé en licence de droit (13%) qu’en étant diplômé d’une licence de STAPS (fac de sport) 6%. Pourquoi Sarkozy est-il aussi inquiet de l’insertion des étudiants en SHS et aussi peu soucieux de la faible insertion des étudiants en droit ?

#34076 | Répond au message #34063