(Une brève dans la série : vous avez aimé Nicolas Sarkozy ministre de l’intérieur, vous allez l’adorer Président de la République. Allez, encore un petit effort dans l’immonde.)
Le journal Le Monde (édition du 05 mai 2007) relaie cette info assez extraordinaire dévoilée par Le Parisien. Deux gosses qui avaient volé deux tamagotschi et deux balles rebondissantes dans un supermarché ont reçu la visite des gendarmes qui ont annoncé au père qu’ils seraient fichés : photographie, empreinte digitale, et ... prélèvement d’ADN !
« Ils venaient nous apporter une convocation pour vol dans la mesure où le magasin a porté plainte, explique le père au Parisien. Ils ont expliqué à mon fils aîné qu’il serait photographié, qu’on lui prendrait ses empreintes digitales et aussi ses empreintes génétiques, ajoutant même que mon fils ne pourra pas forcément faire le métier qu’il veut plus tard car il sera fiché ! »
L’utilisation des prélèvements d’empreintes génétiques n’est pas réservée qu’aux adultes dans des affaires de terrorisme. Qui vole un oeuf vole un boeuf. Qui pique une balle rebondissante à 8 ans peut violer une mémé à 20 ou faire sauter le World Trade Center à 30. Qu’on se le dise !
Dans le même article on apprend que non seulement les mômes peuvent être fichés mais qu’il n’est même pas besoin d’être coupable de quoi que ce soit pour l’être. Le seul fait d’être suspect suffit.
« Depuis la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure de 2003, une centaine de délits obligent à se soumettre au prélèvement génétique. Limitée, à l’origine, aux infractions sexuelles, la législation concerne aujourd’hui les meurtres et les cambriolages, les vols simples, les tags ou les dégradations. Il concerne désormais les personnes condamnées mais aussi les simples suspects.
Depuis l’entrée en vigueur de ces dispositions, le Fnaeg explose. De 2003 à 2006, le nombre de profils enregistrés est passé de 2 807 à plus de 330 000. »
Pour l’heure, le père des deux enfants s’oppose au fichage de ses gamins. Mais il encourt des risques importants : jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
Bienvenue à Sarkoland.