Al Gore, ancien vice-président américain, a reçu vendredi (conjointement avec le GIEC - Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat ) le prix Nobel de la paix pour son film documentaire « Une vérité qui dérange », qui alerte sur les risques liés au réchauffement de la planète... "Il est sans doute la personne qui a fait le plus pour que le monde entier comprenne mieux la nécessité des mesures qui doivent être adoptées", a déclaré le comité Nobel.
Bien sûr on ne peut que se réjouir de la diffusion d’informations sur l’état réel de notre planète, du succès obtenu par le film, de la prise de conscience qu’il permet, etc. On sait qu’il y a urgence à réagir... Bien sûr on ne peut que faire crédit à Al Gore de sa sincérité, de son engagement au service de la cause de l’avenir de la planète... même si certains ont trouvé au film un goût de campagne électorale [1], ou douté du sérieux de ses démonstrations [2].
Au delà, on peut aussi voir le film comme un nouveau western, dans lequel sont présents tous les ingrédients de la mythologie américaine : le héros né dans une ferme de l’Ouest, élevé dans les vraies valeurs (la terre, la famille, la foi), sachant ce qu’est la souffrance (Al Gore raconte la mort de sa soeur)... consacrant sa vie et toute son énergie au combat pour le bien : l’avenir de la planète...
L’Amérique sauvera le monde : Al Gore parcourt la planète pour porter la bonne parole (on le voit plusieurs fois dans le film, en avion, en conférence...), et nous donne à la fin du film les clés pour diminuer notre production de CO2, et inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard...
Ce film peut cependant laisser un goût amer par l’absence de la moindre remise en cause du modèle américain, d’une societé de consommation qui est tout de même responsable en bonne partie du gâchis écologique dont il est question...
[1] Libération 11/10/06, Un documentaire très Gore
[2] L’Express, 12/10/07 Al Gore : le Nobel aux neuf "erreurs"