Cherchez l’erreur

lundi 15 octobre 2007 à 21:56

Dans un article paru dans le magazine Challenge et signé par l’un des responsables du MEDEF, on livre la clé des réformes et des ruptures engagées par Nicolas Sarkozy depuis son accession au pouvoir.

«  Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, écrit l’éditorialiste Denis Kessler [1], tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !  »

Eh bien c’est dit ! « A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce compromis ... se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc. » Et Kessler d’entonner le bon vieux couplet sur cette architecture qui ne permet plus de répondre aux nouvelles exigences économiques.

Intéressante à bien des égards, la constatation qu’il aura fallu non seulement la chute du communisme à l’Est (mais le processus fut ralenti en France par l’accession de la gauche au pouvoir en 1981, sorte de « raté » de l’histoire), mais aussi que «  le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, afin qu’apparaissent une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. »

Nous la voyons à l’oeuvre en effet, la nouvelle génération d’entrepreneurs politiques. Son chef se nomme Nicolas Sarkozy.

Lequel ne sera pas gêné, le 22 octobre, de rendre un hommage solennel à Guy Môquet.

Cherchez l’erreur.

[1Intéressant personnage ce Denis Kessler : a milité à l’Unef et à la Gauche Prolétarienne. Il a été vice-président du MEDEF, est actuellement président du groupe Scor. Diplômé de HEC, il a commencé une carrière d’universitaire en économie, prenant une part active à l’émergence en France du débat sur la « fin des retraites », en collaboration avec Dominique Strauss-Kahn, un de ses anciens professeurs à HEC, ou André Masson. Il est devenu président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) puis, vice-président du MEDEF, symbolisant l’accroissement du poids du secteur des assurances dans l’organisation patronale. Source wikipedia.


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commentaires
Cherchez l’erreur - 18 octobre 2007 à 00:06

Denis n’aime pas les structures ou les organisations qui l’empêchent de faire ce dont il a envie. Il a une idée (les organisations de salariés me genent), et ensuite il trouve un lien entre les origines de leur création, pour justifier leur eradication. Et encore on a échapé au pire : les accords datent de l’après-guerre, que n’aurait-on entendu si leur création avait daté de 1939 !
Je ne le crois pas libéral, ni destiné à être le soutien de Nicolas Sarkozy, et je ne crois pas une seconde que Nicolas Sarkozy qui semble jouer la concertation avec les fameuses organisations issues de l’après-guerre, ne veuille s’encombrer d’un personnage très mitigé.

Il a redressé SCOR, mais l’histoire dira si l’establishment n’a pas joué un rôle. En interne, c’est autre chose. Distribution massives d’actions gratuites à quelques uns l’année d’un plan social (des miettes pour les autres), salaires quasiement gelés depuis 2002, Denis Kessler n’est pas du tout le manager de l’année ni de la décennie sur le plan de la gestion des ressources humaines : la seule façon qu’il a trouvé de fidéliser les collaborateurs est littéralement d’en "arroser" un certain nombre (avec une clause de confiance !) pour éviter la fuite des cerveaux et museler les éventuels refractaires. La mesure de la performance, c’est autre chose.

Et encore, si en appliquant son programme, on avait quelques garanties que les représentants du personnel disparaissant ... les accords, le respect du Code du Travail seraient respecté dans la lettre et dans l’esprit, pourquoi pas. Mais l’histoire et la réalité vécue au quotidien dans son entreprise montre que tout recul est une victoire de plus vers l’inquité. Denis veut tout pour ceux qu’il aura lui même choisi. Haro sur les autres qui vont végéter.

Il est rusé, doté d’une redoutable intelligence, et cet orateur hors pair sait parfaitement où il va. Faire croire que remplacer des organisations intronisées à l’après-guerre par du néant va permettre aux organisations d’être plus performantes est excellent. Surtout quand on sait le mal que ces organisations de représentation du personnel ont comme mal à faire respecter les légisalations existantes ... La négociation est une apparence au niveau de l’entreprise.... On comprend qu’il prône une négociation au niveau de l’entreprise et non plus au niveau des branches ou des conventions collectives ...


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