Dans un article paru dans le magazine Challenge et signé par l’un des responsables du MEDEF, on livre la clé des réformes et des ruptures engagées par Nicolas Sarkozy depuis son accession au pouvoir.
« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, écrit l’éditorialiste Denis Kessler [1], tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Eh bien c’est dit ! « A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce compromis ... se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc. » Et Kessler d’entonner le bon vieux couplet sur cette architecture qui ne permet plus de répondre aux nouvelles exigences économiques.
Intéressante à bien des égards, la constatation qu’il aura fallu non seulement la chute du communisme à l’Est (mais le processus fut ralenti en France par l’accession de la gauche au pouvoir en 1981, sorte de « raté » de l’histoire), mais aussi que « le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, afin qu’apparaissent une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. »
Nous la voyons à l’oeuvre en effet, la nouvelle génération d’entrepreneurs politiques. Son chef se nomme Nicolas Sarkozy.
Lequel ne sera pas gêné, le 22 octobre, de rendre un hommage solennel à Guy Môquet.
Cherchez l’erreur.
[1] Intéressant personnage ce Denis Kessler : a milité à l’Unef et à la Gauche Prolétarienne. Il a été vice-président du MEDEF, est actuellement président du groupe Scor. Diplômé de HEC, il a commencé une carrière d’universitaire en économie, prenant une part active à l’émergence en France du débat sur la « fin des retraites », en collaboration avec Dominique Strauss-Kahn, un de ses anciens professeurs à HEC, ou André Masson. Il est devenu président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) puis, vice-président du MEDEF, symbolisant l’accroissement du poids du secteur des assurances dans l’organisation patronale. Source wikipedia.