La lettre de Guy Môquet que Nicolas Sarkozy va faire lire dans les écoles lundi commence par « Ma petite maman chérie ».
Pour être fidèle à Guy Môquet et à sa mémoire, le chanteur Marc Havet a composé une chanson qui commence avec des mots semblables. Elle ne parle pas de la France de 1941, mais de celle de 2007. Adieu ma p’tit’ maman je vais mourir (...) Je suis qu’un enfant j’aurais pas dû m’enfuir (...)
Quand les gardiens de la paix nous pourchassaient(...) Ils allaient m’attraper quand j’ai sauté (...) Dans le vide pour m’échapper
Comme l’écrit Aline Louangvannasy, professeur de philosophie au lycée Rive Gauche à Toulouse : « La lecture de cette lettre sera aussi l’occasion de poser la question éthique du sens de l’obéissance. Les policiers français qui ont arrêté Guy Môquet et ses camarades obéissaient aux ordres. Etaient-ils responsables ? Avaient-ils le choix ? Le ministre de l’Intérieur Pucheu et le sous-préfet Lecornu qui ont établi la liste des otages fusillés sont-ils coupables ? Mes élèves sont vifs d’esprit et ne manqueront pas l’occasion de faire d’eux-mêmes des parallèles avec l’actualité : les policiers français et les préfets qui font du chiffre aujourd’hui en condamnant à une mort certaine les sans-papiers qui ont fui leur pays, sont-ils responsables ? Sont-ils des criminels ? De même, le professeur qui devrait enseigner le sens de la critique, l’exigence de la vérité et qui se fait l’instrument du pouvoir en obéissant, est-il complice du pouvoir ? »
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Lettre ouverte à Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, par Aline Louangvannasy