Le Sarkozy sans peine

jeudi 7 février 2008 à 07:24

Faut-il aller chercher les ressources du docteur Freud pour comprendre Sarkozy ? Un professeur de philosophie, Jean-Jacques Delfour, propose une analyse du petit Nicolas à partir de sa volonté de jouissance. Volonté de jouissance ? Mais le Président de la République n’exalte-t-il pas l’effort et le travail ? « En réalité, la jouissance est la vérité du discours de l’effort, tout comme la tyrannie est la vérité du programme présidentiel ».

Sarkozy n’est pas seulement l’enfant oedipien qui est enfin parvenu à plier la réalité à l’empire de ses désirs, il est aussi exhibitionniste : toute jouissance profonde consiste, au-delà de la possession, à susciter l’envie. «  À la subalternation juste de la pulsion au pouvoir politique, il substitue une subordination réelle du pouvoir à la pulsion. À promouvoir politiquement la jouissance, on établit la tyrannie ».

Au fond, cet enfant oedipien qui a réussi à plier la réalité à l’empire de ses désirs, n’est-il pas toujours l’enfant d’un certain mois de Mai ? Loin de rompre avec 68, Sarkozy l’accomplit.

À lire : Les pousse-au-jouir du président Sarkozy


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commentaires
Règles de modération - Jean-Michel Pinon - 8 février 2008 à 12:32

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#10387
Le Sarkozy sans peine - B. Javerliat - 8 février 2008 à 12:31

Pour ceux qui ne l’auraient pas vu : Sarkozy est-il fou ?


#10386
Le Sarkozy sans peine - Une lycéenne de Jean Moulin - 7 février 2008 à 19:52

Deleuze le disait il y 20 ans : il y a longtemps que la psychanalyse ne protège plus contre la bêtsie et
faire de la psychanalyse le moyen d’un jugement de valeur quelqu’il soit montre simplement la domination, une angoisse de castration telle qu’on peut la rencontrer chez certains professeurs... Voir Reich, les psychoflics ont toujours de petites quéquettes.


#10362
Le Sarkozy sans peine - 7 février 2008 à 12:36

Sans vouloir réduire Freud à l’approche sexuelle de tous problèmes humains, cette interprétation psychanalytique des politiques risquent de se réduire à des considérations, genre "Sarkozi, petit Zizi". D’autre part, si l’on voulait être juste, on pourrait appliquer à tous les politiques cette approche. Et alors que dire de Serge Lepeltier ou de Irène Félix ?


#10349
Le Sarkozy sans peine - bombix - 7 février 2008 à  13:15

Sans vouloir réduire Freud à l’approche sexuelle de tous problèmes humains, cette interprétation psychanalytique des politiques risquent de se réduire à des considérations, genre "Sarkozi, petit Zizi".

Le texte proposé est un peu plus riche que cela. C’est votre propre lecture qui est réductrice, et d’abord en ce qu’elle assimile le freudisme à un pansexualisme banal et étriqué. Le "destin des pulsions" pose des questions autrement plus graves que "Sarkozy, petit zizi".

Et alors que dire de Serge Lepeltier ou de Irène Félix ?

Rien, ou pas grand chose. Le raisonnement par analogie ne vaut pas ici, parce qu’ils n’occupent pas le poste de la magistrature suprême (et n’y sont pas candidats). En revanche, que se passe t-il quand le garant expose en permanence son désir de transgression ? Le "cas" Sarkozy s’éclaire par la formule dont il a fait le slogan de sa campagne : "tout devient possible" ; savait-il qu’il reprenait une formule de J. Goebbels « Politik ist die Kunst, das unmögliche Scheinende möglich zu machen. » (La politique est l’art de rendre possible ce qui paraissait impossible).

Et puis au fond, il ne s’agit pas de Sarkozy comme personne, ni même comme personnage d’ailleurs. Il s’agit du destin de nos sociétés embarquées comme le dit très bien Delfour dans « l’illimitation du capitalisme et par l’extension de l’anomie » ...

J’ai développé un autre aspect de cette questionici. Ce sont de simples indications et des pistes de recherche, des work in progress, non des thèses éprouvées et systématiquement fondées. Toutes ces pistes partent et reviennent vers une proposition de Pierre Legendre (*), (qui se revendique lui aussi lecteur de Freud) : le nazisme n’est pas liquidé. À chacun ensuite d’essayer d’y comprendre quelque chose.

(*) voir mes indications bibliographiques, et en particulier Le crime du caporal Lortie dans l’article cité.

#10350 | Répond au message #10349
Le Sarkozy sans peine - Link - 7 février 2008 à  19:03

et moi qui pensait que seul un prof de philo chauve et imbu de sa personne pouvait ecrire ca me voila deçu !

#10359 | Répond au message #10350
Le Sarkozy sans peine - 7 février 2008 à 12:07

Faut-il aller chercher les ressources du docteur Freud pour comprendre Sarkozy ?

C’est sûr que c’est un excellent sujet d’études, un cas d’école même !


#10348