Faut-il aller chercher les ressources du docteur Freud pour comprendre Sarkozy ? Un professeur de philosophie, Jean-Jacques Delfour, propose une analyse du petit Nicolas à partir de sa volonté de jouissance. Volonté de jouissance ? Mais le Président de la République n’exalte-t-il pas l’effort et le travail ? « En réalité, la jouissance est la vérité du discours de l’effort, tout comme la tyrannie est la vérité du programme présidentiel ».
Sarkozy n’est pas seulement l’enfant oedipien qui est enfin parvenu à plier la réalité à l’empire de ses désirs, il est aussi exhibitionniste : toute jouissance profonde consiste, au-delà de la possession, à susciter l’envie. « À la subalternation juste de la pulsion au pouvoir politique, il substitue une subordination réelle du pouvoir à la pulsion. À promouvoir politiquement la jouissance, on établit la tyrannie ».
Au fond, cet enfant oedipien qui a réussi à plier la réalité à l’empire de ses désirs, n’est-il pas toujours l’enfant d’un certain mois de Mai ? Loin de rompre avec 68, Sarkozy l’accomplit.