Alain Badiou, qui est sans doute l’un des penseurs contemporains français parmi les plus éminents, a commis cet automne un petit livre au succès foudroyant « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » ?
Comprendre, c’est ramener l’inconnu vers le connu, l’autre vers le même. On croyait Sarkozy original. Il ne l’est pas. Sarkozy est le nom d’une France réactionnaire qui ne date pas d’aujourd’hui. Car si la France est le pays de la Révolution française, de la Commune de Paris et du Front Populaire, elle est aussi le pays de la Restauration, des Versaillais et de la Révolution Nationale de Pétain.
Ces séquences historiques, pour diverses et singulières qu’elles fussent, se conformèrent à un schéma qui fonctionne encore assez bien aujourd’hui. Badiou s’emploie à l’exhiber et à en montrer les ressorts, afin que nous comprenions mieux ce que nous vivons aujourd’hui avec l’épisode Sarkozy. Ni la modernité, ni le côté bling bling de l’actuel hôte de l’Elysée ne sont décisifs à cet égard.
Occasion aussi pour le philosophe de rappeler que si la France réactionnaire est là — et bien là, hélas —, la France qui a porté les espoirs d’émancipation de la classe ouvrière au XIXème et XXème siècle est encore là, elle aussi.
On aimerait simplement qu’elle se fasse entendre d’une voix plus intelligible et donc à terme plus persuasive. En particulier, ses errements gauchisants et contestationnaires — que Badiou assume encore en ne reniant rien de son passé maoïste — ne sont pas forcément à mettre à son actif.
Dénoncer Sarkozy est une chose, positive et salutaire au demeurant. Cela suffira-t-il ? L’hommage d’un autre ancien « mao », André Gluksmann, à Sarkozy lors de la dernière élection présidentielle, laisse pressentir dans la situation actuelle d’autres filiations, moins faciles à discerner.
Le mot de la « chose »
- Eulalie - 24 avril 2008 à 11:42
Paul Ariès, politologue, avait également écrit un ouvrage avant les presidentielles, pendant que Sarkozy était à l’Intérieur, et nous prévenait de ce qui nous attendait. Je n’ai pas (encore) lu le livre de Monsieur Badiou, mais il semblerait que ces 2 intellectuels analysent le sarkozysme de la même façon. Donc, si on veut compléter sa petite bibliothèque rubrique " Mais que se passe t-il au juste ?" on peut lire aussi Misère du sarkozysme
#12336
Le mot de la « chose »
- Aliocha Zavitch- 16 avril 2008 à 16:28
"a commis", dites-vous. Y a-t-il donc des crimes lèse-Sarkozy ? Pour le reste, la teneur de l’article est du même tonneau. Misérable. Salut à Alain Badiou !
#12303
Le mot de la « chose »
- Cyrano- 22 avril 2008 à 09:55
Bin ? Y’a plus personne qui cause ? Une semaine de Printemps de Bourges, ça use ?... Alors, juste un petit message en p’tites foulées pour reprendre les débats...
Pour Aliocha : Alain Badiou a "commis"... Où est le problème ? C’est bien le terme employé lorsque un petit opuscule acide est publié - il n’y a pas de nuance péjorative ni de jugement dans l’emploi du terme "commettre".
Que voulez-vous dire avec : "la teneur de l’article est du même tonneau. Misérable." ?...
Le mot de la « chose »
- B. Javerliat- 15 avril 2008 à 11:57
la France réactionnaire est là — et bien là, hélas
C’est uniquement parceque la France progressiste à déserté le champ politique. Que propose le PS à propos
– de la résorbtion des déficits publics ? : Rien.
– de la nécessaire réforme de l’état et des collectivités territoriales ? : Rien.
– de la tres réactionnaire politique fiscale en faveur des nantis de Sarko ? : Rien.
– de la réduction planifiée de la protection sociale ? : Rien.
– de la disparition programmée des retraites par répartition ? : Rien.
Le PS ne pense plus rien pour se consacrer uniquement à un titanesque combat de nains pour savoir qui va prendre le PS apres Hollande. Avec un objectif commun : tout sauf Royal
la France réactionnaire est là, et pour longtemps.
#12287
Le mot de la « chose »
- clarinette- 15 avril 2008 à 13:43
Oui, "Le PS ne pense plus rien", et ne dit plus grand chose d’intéressant...
Anecdote : ce matin, pas encore bien réveillée, je mets en route mon ordi. Là, sur "voila", dans la rubrique "actualités", je lis le début d’une dépêche qui m’attire l’oeil et me fait bondir le coeur... Super ! J’ai peut-être raté quelque chose ce week-end, enfin du nouveau : "Grève générale : la grève générale appelée par l’oppostion..."... Qui a appelé ? serait-ce possible, à la suite des enseignants ou les lycéens, des personnels des hôpitaux, de tous ceux qui voient enfin le désastre Sarkozy...pourquoi pas ?... Vite, je clique pour lire la suite :
" La grève générale appelée par l’opposition zimbabwéenne pour obtenir les résultats de la présidentielle du 29 mars était très peu suivie mardi dans le pays...".
La gauche se limite-t-elle au PS selon vous ? Il y a dans ce pays d’autres sensibilités de progrès qui elles, n’ont pas renoncé à changer la société : communistes, altermondialistes, syndicalistes, trotskystes...
La gauche a surtout oublié la lutte des classes comme élément du champ politique, c’est ce qui explique son échec en France comme en Italie. Elle n’a rien à proposer qui permette aux salariés de resurgir sur le terrain politique alors que la droite décomplexée ne se cache pas de défendre les plus riches : MEDEF, actionnaires... . Ce n’est que sur ce terrain là que la gauche peut reconquérir un espace et obtenir un changement pour le plus grand nombre.
HS - Le mot de la « chose »
- B. Javerliat- 16 avril 2008 à 10:48
La gauche se limite-t-elle au PS selon vous ? Il y a dans ce pays d’autres sensibilités de progrès qui elles, n’ont pas renoncé à changer la société : communistes, altermondialistes, syndicalistes, trotskystes...
Désolé, mais je ne vois pas en quoi les communistes seraient une force de progrès. Partout où ils on été (ou bien sont encore) au pouvoir (voir actualité des JO par ex.), cela s’est traduit par des dictatures, il n’y a pas d’exceptions. Je sais que vous allez répondre par vos litanies habituelles, mais je n’y donnerai pas suite, c’est hors du sujet de cette brève.
HS - Le mot de la « chose »
- BB- 16 avril 2008 à 16:03
Et bien voilà, tout est dit. Le PCF a été par le passé une force de transformation apportant de vraies réponses aux besoins des catégories populaires et salariées : la sécu, edf-gdf, statut de la fonction publique, nationalisations...tout ça en 1945-46. Vous déplorez que le PS n’ait rien à proposer ; s’il reprenait le quart de ce que les communistes de France ont pu apporter à la France, on se sentirait plus à l’aise à gauche et en France. Mais le PS a renoncé à transformer les choses ; il n’y a rien à espérer de ce côté là, ne vous déplaise.
Vous nous resservez les mêmes poncifs sur le communisme...on entend ça en France depuis la Commune de 1871 voire depuis la révolution française. C’est ça aussi la force de la réaction que dénonce Alain Badiou : le poids d’une idéologie conservatrice qui condamne toute velléité de changement au nom des expériences qui ont prétendument échoué, sans discernement et ce depuis deux siècles.. Finalement vous vous drapez dans toutes vos interventions d’une espèce de radicalité qui n’est qu’une feinte. Restez au Modem, vous y êtes bien et ne dérangerez personne ; vous pourrez y cultiver l’esprit olympique et clamer partout que vous êtes pour un monde meilleur. Ça mange pas de pain. Laissez ceux qui ont intérêt à changer la société, c’est à dire les salariés et les plus exploités, s’en occuper. Ils n’ont pas besoin de vous.
HS - Le mot de la « chose »
- socialisme et un peu de sérieux- 16 avril 2008 à 16:48
L’un et l’autre, vous êtes vraiment trop con ! (comme si le PCF pouvait se confondre avec le CNR pour ce qui est des progrès de la Libération...... ; comme si il y a avait quelque de communiste en Chine actuellement et comme si le maoisme ou le léninisme étaient les uniques voies possibles du socialisme). C’est vraiment le débat des abrutis
HS - Le mot de la « chose »
- BB- 16 avril 2008 à 19:25
Sauf que tout ce que je cite a été réalisé par des ministres communistes, que le PCF était représenté dans le CNR comme principale force politique de la résistance en France. Tout ça pour dire à M.Javerliat que le communisme ça ne rime pas avec dictature et qu’en France on lui doit beaucoup. C’est tout.