Tchernobyl (Ukraine), centrale nucléaire « Lénine », samedi 26 avril 1986 : il y a 22 ans se produisait, à 110 kilomètres seulement de la capitale Kiev, la plus importante catastrophe nucléaire civile jamais survenue, faisant de très nombreuses victimes parmi la population locale et parmi les sauveteurs et pompiers dépêchés sur place pour éteindre l’incendie consécutive à l’explosion du réacteur.
Selon un rapport indépendant IPPNW-GSF, 10.000 cancers de la thyroïde seraient la conséquence directe ou indirecte de la catastrophe en Ukraine, et 50.000 cas supplémentaires seraient attendus dans l’avenir. En Europe, il y aurait eu 10.000 malformations de nouveaux-nés et 5.000 décès de nourrissons.
A l’époque, la France ne fut pas épargnée par la catastrophe, malgré les démentis officiels. Tchernobyl a été l’occasion de mettre en évidence l’absence de transparence des autorités françaises concernant les catastrophes sanitaires. La position des autorités, diffusée par la télévision, mais infirmée par la suite, fut que l’hexagone était alors protégé du nuage radioactif généré par l’explosion de la centrale nucléaire par l’anticyclone des Açores. Plusieurs médias, dont le journal Libération mettront directement en cause les autorités françaises — « les pouvoirs publics ont menti en France » — , et révéleront plus particulièrement les responsabilités de la personnalité scientifique en charge de l’évaluation et de la communication des dangers faisant suite à la catastrophe, le professeur Pierre Pellerin [1].
L’anniversaire de Tchernobyl est l’occasion de rendre hommage aux victimes de la catastrophe, de s’interroger sur l’avenir du nucléaire et de ses dangers, mais aussi de mesurer les progrès de l’implication citoyenne dans les questions mettant en cause l’environnement. Elles sont aujourd’hui, comme elles furent hier, l’occasion de graves dysfonctionnements démocratiques.
Après plusieurs allocutions, une gerbe de fleur sera jetée dans l’Auron. Chacun est invité à participer à cette cérémonie.
Notre mémoire, c’est aussi notre avenir.
source image : Wikipédia
Plus d’informations sur Tchernobyl, et sur le dossier français de Tchernobyl.
[1] Responsable à l’époque du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants, sous la tutelle du Ministère de la Santé