Début Juillet, et suite à la fusion RG avec la DST, un décret a donné naissance à un redoutable système du fichage politico-policier des citoyens : EDVIGE [1]
Ce nouveau fichier mélange les personnes considérées par un policier comme « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public » avec les militants associatifs, syndicaux ou politiques et en général tout citoyen sur lequel le gouvernement souhaite en savoir davantage.
Il ne s’agit plus seulement de ficher les auteurs d’ « infractions constatées », mais de cibler ceux que l’on considère comme de futurs délinquants hypothétiques.
Cerise sur le gateau : désormais vont pouvoir être eux aussi fichés comme futurs délinquants présumés les enfants, dès l’âge de treize ans, que la police considère comme potentiellement dangereux.
La ligue des droits de l’homme estime que le contrôle social tient lieu de politique sociale, et que le « plan Marshall » annoncé se transforme en « plan Orwell ».
Un collectif appelé « Non à EDVIGE » a été créé pour dénoncer le fichier EDVIGE et ses attaques contre les droits et les libertés publiques (fichage des militants) et individuelles, contre les droits des enfants (fichage des mineurs), contre le respect de la vie privée (vie sexuelle, état de santé, comportements...), et pour organiser la riposte
Voir en ligne : Non à EDVIGE
reçu aujourd’hui :
Voilà à quoi pourrait ressembler la commande d’une pizza en 2015 avec la mise en place du fichier EDVIGE.
Standardiste :
– Speed Pizza, bonjour.
Client :
– Bonjour, je souhaite passer une commande s’il vous plaît.
Standardiste :
– Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?
Client :
– Mon Numéro d’Identification National ? Oui, un instant, voilà, c’est le 6102049998-45-54610.
Standardiste :
– Je me présente je suis Nathalie Lefebvre. Merci M. Jacques Lavoie. Donc, nous allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 174 avenue de Villiers à Carcassonne, et votre numéro de téléphone le 04 68 69 69 69. Votre numéro de téléphone professionnel à la Société Durand est le 04 72 25 55 41 et votre numéro de téléphone mobile le 06 06 05 05 01. C’est bien ça, Monsieur Lavoie ?
Client (timidement) :
– Oui !!!
Standardiste :
– Je vois que vous appelez d’un autre numéro qui correspond au domicile de Mlle Isabelle Denoix, qui est votre assistante technique. Sachant qu’il est 23 h 30 et que vous êtes en RTT, nous ne pourrons vous livrer au domicile de Mlle Denoix que si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant AZ25/JkPp+88.
Client :
– Bon, je le fais, mais d’où sortez-vous toutes ces informations ?
Standardiste :
– Nous sommes connectés au système croisé, M. Lavoie.
Client (Soupir) :
– Ah bon !.... Je voudrais deux de vos pizzas spéciales mexicaines.
Standardiste :
– Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, M. Lavoie.
Client :
– Comment ça ???...
Standardiste :
– Votre contrat d’assurance maladie vous interdit un choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d’hypertension et d’un niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D’autre part, Mlle Denoix ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, le piment est fortement déconseillé. Si la commande est maintenue la société qui l’assure risque d’appliquer une surprime.
Client :
– Aie ! Qu’est-ce que vous me proposez alors ?...
Standardiste :
– Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de soja, je suis sûre que vous l’adorerez.
Client :
– Qu’est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?
Standardiste :
– Vous avez consulté les "Recettes gourmandes au soja" à la bibliothèque de votre comité d’entreprise la semaine dernière, M. Lavoie, et Mlle Denoix a fait avant hier une recherche sur le Net, en utilisant le moteur "http://www.moogle.fr"avec comme mots clés soja et alimentation. D’où ma suggestion.
Client :
– Bon d’accord. Donnez-m’en deux, format familial.
Standardiste :
– Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex et que Mlle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 150 mg de Phénylseptine par 100 g de pâte, il y a un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer. En revanche, j’ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini.
Client :
– Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon numéro de carte de crédit.
Standardiste :
– Je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit VISA dépasse la limite et vous avez laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C’est ce qu’indique le Credicard Satellis Tracer.
Client :
– J’irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n’arrive.
Standardiste :
– Ça ne marchera pas non plus, M. Lavoie, vous avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire.
Client :
– Mais ?... Ce n’est pas vos oignons ! Contentez-vous de m’envoyer les pizzas ! J’aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?
Standardiste :
– Compte-tenu des délais liés aux contrôles de qualité, elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins acrobatique.
Client :
– Comment diable pouvez-vous savoir que j’ai un scooter ?
Standardiste :
– Votre Peugeot 408 est en réparation au garage de l’Avenir, par contre votre scooter est en bon état puisqu’il a passé le contrôle technique hier et qu’il est actuellement stationné devant le domicile de Mlle Denoix. Par ailleurs j’attire votre attention sur les risques liés à votre taux d’alcoolémie. Vous avez, en effet réglé quatre cocktails Afroblack au Tropical Bar, il y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos caractéristiques morphologiques, ni vous, ni Mlle Denoix n’êtes en état de conduire. Vous risquez donc un retrait de permis immédiat.
Client :
– @#%/$@& ?# !
Standardiste :
– Je vous conseille de rester poli, M. Lavoie. Je vous informe que notre standard est doté d’un système anti-insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série d’insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 2009 pour outrage à agent.
Client (sans voix).
Standardiste :
– Autre chose, M. Lavoie ?
Client :
– Non, rien. Ah si, n’oubliez pas le Coca gratuit avec les pizzas, conformément à votre pub.
Standardiste :
– Je suis désolée, M. Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant à titre de dédommagement, je peux vous consentir 15 % de remise sur une adhésion flash au contrat Jurishelp, le contrat de protection et d’assistance juridique de Speed assurance. Ce contrat pourrait vous être utile, car il couvre, en particulier, les frais annexes liés au divorce. Vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie, née Girard depuis le 15/02/2008 et vu votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que l’achat il y a une heure à la pharmacie du Canal d’une boîte de 15 préservatifs et d’un flacon de lubrifiant à usage intime. À titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 EUR de réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez Speed-Parapharma. Toutefois veuillez éviter les pratiques susceptibles d’irriter les hémorroïdes de Mlle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se dégage de toute responsabilité. Bonsoir Monsieur et merci d’avoir fait appel à SpeedPizza
Désopilant... avant que ça ne devienne une terrible réalité ?!!!
Peut-on avoir accès à sa propre fiche EDVIGE et si oui, quelle est la procédure à suivre ?
J’en ai eu exactement l’expérience ! Injustice d’un policier à mon égard qui n’avait accès à aucun renseignement sur moi d’ailleurs (bizarre)et en complicité avec mon directeur d’école !
A observer l’arsenal actuel de fichiers de police, c’est sûr, la France se prépare à l’éventualité d’une guerre civile :
– STIC (1995)
– JUDEX (1985)
– FNAEG (1998)
– FAED (1987)
– SALVAC (2002)
– ARDOISE (2008)
– EDVIGE (2008)
Et bientôt CRISTINA
Si vous en trouvez d’autres ...
Y’a aussi "Base élèves", fichier qui enregistre une immatriculation des élèves dès l’âge de trois ans !
Voir en ligne : Trente nouvelles plaintes contre le fichage des élèvesFichier Edvige : recours de Corinne Lepage devant le Conseil d’Etat (AFP)
Le problème, c’est que cette requête est portée par la mauvaise personne : l’argument "dignité de la femme" décrédibilise sa démarche, or c’est très sérieux et très grave. Que fait le PS ? C’est son premier secrétaire qui aurait dû déposer une requête et mettre tous les moyens en oeuvre pour empêcher ce truc. Maintenant, il faut le dire clairement à ce qui s’émouvaient du procès en antirépublicanisme qu’aurait fait la gauche à l’égard de sarkozy : oui, la droite sarkozienne n’est pas républicaine contrairement à celle chirac ! Le système sarkozy tend de plus en plus au totalitarisme : main mise sur les médiats, fichage des adversaire politique, utilisation de la force publique et de l’argent publique par un camp à des fins politiques (on était tombé, à juste titre, sur mittérrand lors des écoutes téléphonique mais là, Sarkozy en fait cent fois plus), internement administratif (appelé rétention de sureté) etc...
Le fait que ces fichiers portent systématiquement des prénoms féminins n’est effectivement pas ce qu’il y a de plus grave dans la société de contrôle de la population (cela dit je ne trouve pas que ça décridibilise la démarche de l’élu que de mentionner que ça nuit à l’image de la femme. ) Mais par contre on peut se demander pourquoi . Ce n’est certainement pas anodin . Est-ce parce qu’un prénom féminin renverrait à l’image maternelle, protectrice, et, tout comme la municipalité de Bourges a transformé le nom de vidéosurveillance en vidéoprotection, le but serait de mettre dans nos têtes que nous ne sommes pas surveillés mais protégés. Ou pour nous les rendre familiers (ères). Et quelles instances donnent ces prénoms de code ? Les inventeurs de ces fichiers ? Les flics ? L’armée ? Le gouvernement ? les thinks tanks ? C’est vrai que c’est étrange : ça fait aussi nom d’opération militaire, de guerre, d’espionnage comme dans les films. De sécurité du territoire, quoi, dans laquelle on voudrait nous impliquer nous, les citoyens, nous faire participer dans la joie la bonne humeur...
Récapitulatif :
INES (identité nationale électronique sécurisée) " ; ELSA (engin léger de surveillance aérienne) ; EDVIGE (exploitation documentaire et valorisation de l’information générale) ; CRISTINA (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux) ARIANE ( Application de rapprochement d’identiication et d’analyse pour les enquêteurs).
par contre visiblement on n’ a pas donné de prénom au passeport biometrique...
et les logiciels de traitement de données n’ont pas eux de prénom féminin non plus : Ardoise et Icare.
et le fichier base élève non plus, ni le fichage ADN...
Il s’agit là en effet d’une vraie porte ouverte sur des dérives très inquiétantes.Quant aux arguments du type "seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher ont à s’inquiéter"...je crois que ces personnes ne mesurent pas en quoi ce type de fichier d’un genre nouveau pourrait constituer entre certaines mains une menace grave pour les libertés individuelles. Et ce sont les mêmes parfois qui nous parlent de l’importance du concept de liberté au sein de la doctrine libérale...Là, ça ressemble plutôt aux fichiers de la Stasi !
Là, ça ressemble plutôt aux fichiers de la Stasi !
Si je puis me permettre, ça risque fort d’être encore pire ! La Stasi n’avait pas d’informatique. Outre le fait que ce fichage "au facies" ou "au comportement" est aussi scandaleux qu’illégal[1] (enfin, pour le moment), c’est surtout la puissance de l’informatque au service de ce fichier qui est dangereux. Il semble que nos concitoyens n’aient pas encore appréhendé les dangers que leur font courir les fichiers informatiques en l’absence de tout contrôle (le cas des caméras de vidéo-surveillance en est un exemple local). Il faut tout faire pour dénoncer et s’opposer à ceux qui jouent avec le feu, sous prétexte de sécurité. Sinon, un beau matin, nous nous réveillerons sous un régime totalitaire. Avec, en plus, l’impossibilité de fuir ailleurs comme le faisaient les allemands de l’est, parce qu’ailleurs, ce sera pareil...
A lire aussi et entre autres :
– La Direction des Affaires Criminelles voit des terroristes partout.
– Rubrique "Big Brother" de Ligue des Droits de l’Homme
[1]Loi Informatique et Libertés Chapitre II, Section 2. Article 8 :
« Il est interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci. » Ca parait pourtant clair ...
"il semble que nos concitoyens n’aient pas encore appréhendé les dangers que leur font courir les fichiers informatiques en l’absence de tout contrôle" : c’est difficile de savoir ce que les concitoyens appréhendent ou non. Pour y remédier, je propose qu’on les fiche ;-). Perso, que l’on me fiche ( outre la paix) dans la rubrique de ceux qui ne croiraient même pas que le contrôle protège des dérives du fichage. Ce qui est dangereux, c’est le fichage, point barre. ( et la surveillance de la population). Bon, mais ça va pas aller en s’arrangeant avec le oui pour la réforme des institutions, de la constitution...
Mais la CNIL[1] n’aime pas Edvige :
– La CNIL demandait que l’âge minimum « soit de 16 ans ».
– La CNIL demandait une limite dans la durée de conservation des données : « En effet, si des mineurs peuvent être à l’origine de « troubles à l’ordre public », en revanche de tels faits ne doivent pas leur être opposés 30 ans après, voire plus. Le droit de changer, le droit à l’oubli, doivent être assurés pour tous, y compris pour les citoyens de demain. »
– La CNIL demandait de ne pas collecter « des informations relatives aux origines ethniques, à la santé et à la vie sexuelle des personnes ».
– La CNIL demandait un « dispositif de traçabilité qui permettrait de vérifier les conditions d’accès, par les autorités publiques, aux données figurant dans le fichier ».
– La CNIL demandait « une procédure formalisée de mise à jour et d’apurement des fichiers ».
Bref, Sarkozy se contre-fout completement de la CNIL
[1] Commission Nationale Informatique et Libertés.