MCB : l’asso contre l’EPCC

mercredi 15 octobre 2008 à 09:48

Les administrateurs de la Maison de la Culture ont affirmé leur opposition à la transformation de l’Association de la Maison de la Culture en Etablissement Public de Coopération Culturelle. Dans l’édition du 15 octobre 2008 du quotidien local Le Berry Républicain, ils dénoncent « le fait du Prince » et considèrent que ces manœuvres politiques s’apparentent à une forme de désaveu de 45 années de gestion associative. Une gestion associative qui serait loin d’être critiquable aux yeux du trésorier Gérard Massicot qui aurait démontré que le déficit cumulé ne dépassait pas un mois d’activité de la MCB. Le Conseil d’Administration dénonce la volonté de l’Etat et des collectivités [1] d’accroitre leurs pouvoirs. « Les adhérents n’auront plus, à terme, qu’un tiers des droits de vote pour les décisions importantes, la majorité revenant à la Ville et au Département. Ils sont certes les bailleurs de fonds, mais que dire du mélange entre politique et choix artistiques ! » déclare le président Pierre Maillard, selon des propos rapportés par La Nouvelle République.

[1Ville de Bourges mais aussi Conseil Général qui après la surprise de n’avoir pas été consulté serait sur le point de se soumettre aux décisions souveraines de la municipalité de Bourges.


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commentaires
MCB : l’asso contre l’EPCC - bombix - 15 octobre 2008 à 10:54

Il y a belle lurette que la démarche de la Maison de la Culture de Bourges s’inscrit dans la marchandisation intégrale du secteur culturel, avec ses conséquences : exigence de rentabilité, soumission aux diktats des petits princes du monde de la culture, qui décident pour le public ce qui est bon et ce qui est mauvais, ce qu’il faut voir et ce qu’il faut aimer. "L’association" n’est en aucune façon représentative de la population berruyère, elle réunit quelques notables qui portent la culture au ciel pour éviter de regarder ce qui se passe sur la terre. D’ailleurs, le Président Maillard est du même bord politique que Lepeltier. De quoi se plaint-il ? Le Maire, qu’il a contribué à faire élire, porte à ses conséquences ultimes la politique qu’il défend. Pourquoi la culture échapperait-elle à la marchandisation du monde ? Pourquoi la culture serait-elle absente des combats politiques, comme une belle vierge effarouchée ? Quel rôle à joué M. Maillard dans le licenciement abusif des techniciens de la MCB ce printemps ? Ce n’était pas peut-être au nom de la rentabilité qu’on bafouait ouvertement les droits sociaux et les conventions collectives ? Où était M. Maillard quand les intermittents du spectacle, les soutiers de « ce monde merveilleux du spectacle et de la culture » se battaient pour tenter de survivre ? Rêver d’une programmation où l’artistique est préservé du politique est puéril. D’ailleurs, Lepeltier s’en fout pas mal de l’idéologie politique, au fond. Il veut gérer. Il va confier ça à des "professionnels" du secteur culturel. Suivez mon regard. On connait les conséquences. La MCB ou « le marché de Noël » permanent, appliqué au théâtre, à la musique, et à la danse. Jean Vilar est mort et enterré et la politique culturelle à la Malraux aussi. La MCB est une entreprise comme une autre. Que ceux qui ont défendu depuis des décennies cette vision de la société et de la culture ne viennent pas pleurer maintenant.

Les bobos ne s’y retrouveront pas ? Bah !, ils auront l’occasion de constater qu’il n’y a pas "d’exception culturelle" ; si ça pouvait les déniaiser un peu, ce serait pas plus mal. Bon en même temps faut pas rêver. Et pour la programmation, elle collera simplement un peu plus à Télérama. Personne ne devrait être vraiment désorienté.


#14362
MCB : l’asso contre l’EPCC - jmp - 15 octobre 2008 à  10:55

Tout à fait d’accord avec les propos de bombix.

#14363 | Répond au message #14362