Bonjour,
Ce n’est pas moi qui vais vous contredire ! Cela fait déjà un certain qu’avec quelques amis nous avons essayé de lancer une réflexion autour de la Décroissance dans la ville de Bourges notamment au travers du Café Décroissant à la soupe aux choux tous les mois.
Un de nos slogans était "Choisir la décroissance aujourd’hui ou subir la récession demain". Il semble malheureusement que ce soit le second terme de l’alternative qui l’ait emporté... Cette récession étant d’ailleurs à mon avis totalement inédite dans le sens où je ne vois pas comment les gouvernements pourront relancer l’économie et donc la croissance puisque, cette fois-ci, toute tentative dans ce sens va se heurter à la rareté des matières premières. Autrement dit l’hiver Kondratiev que nous vivons ne débouchera pas sur un nouveau printemps !!
Néanmoins, il est vrai que cette crise sera peut-être salutaire si elle permet de remettre en cause un certain nombre de croyances et de dogmes trop largement partagés (comme c’est déjà le cas pour le néolibéralisme...). Mais rien n’est joué. Les périodes de crises économiques ont plus souvent été néfastes aux libertés individuelles et collectives et donc peu propice à un renforcement de la démocratie. Il est donc à craindre que cette crise renforce au contraire une politique gestionnaire et technicienne (où les seules questions abordées seront celles du comment : comment gérer la pauvreté, comment relancer la production etc..) augmentant encore la puissance de l’Etat. Suivant ainsi la terrible loi du système et du chaos décrite par Bernard Charbonneau : toute augmentation du chaos force le système à se perfectionner pour survivre et réciproquement toute amélioration du système, en mettant en jeu des forces encore plus importantes, se traduira par un chaos encore plus grand... et ainsi de suite !
Tout le battage médiatique autour de la crise vise à soumettre la population a des conditions de vie plus difficiles. Bientôt, on peut imaginer que tout discours dissident sera taxé de terroriste car il nuira à l’unité nationale, elle-même nécessaire pour surmonter la crise ! Chacun sera donc sommé de travailler plus au nom de la raison d’Etat et cela tout en acceptant une dégradation de sa vie quotidienne.
Bref ce n’est pas encore gagné. Leur récession n’est pas notre décroissance !