Alain Bashung

lundi 16 mars 2009 à 13:29

Un prince absolu de la musique - de la "mouise hic" aurait dit le sublime Monarque comme le grand papillon de nuit qu’il était - a disparu. Et son départ pour le vide infini et les grands espaces nous laissent un peu couillons démunis face à toutes les bêtises, face à tous les rouleaux compresseurs qu’il passait son temps à joyeusement ridiculiser : automobiles folles et proliférantes, amours trahis, modes hors saison, culte merdique de l’entreprise... Mais aussi le balancement félin, les jeux de mots percutants, un regard unique sur le rock perverti. Et toujours cet art de débusquer le ridicule qui va nous manquer.

Ce matin, la presse locale évoque le dernier passage d’Alain Bashung au Printemps de Bourges, en 2004. Un passage raté dans ce Mac’Do de la musique, coincé entre Cali, Sanseverino et Benabar, sous l’horrible chapiteau du Phénix. Hé oui, le prince fut sifflé, houspillé, rejeté, par les festivaliers, tout aussi victimes que l’artiste lui-même d’un système à la con du "concert 4 en 1", où il est demandé aux artistes de scrupuleusement respecter les horaires comme des fonctionnaires, de donner la patée au public et de se barrer illico presto. Bashung voulait revenir au PdB cette année, sans doute pour démontrer aux organisateurs du Festival qu’il méritait autre chose que d’être considéré comme un produit de consommation culturelle. Dommage. Le business doit continuer. Ainsi Le Berry Républicain s’interroge déjà de savoir qui va le remplacer : « Pour l’équipe organisatrice, l’heure est au recueillement. “Peu importe, on trouvera un remplaçant”, assure-t-elle ». No comment.


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commentaires
Alain Bashung - Krav - 18 mars 2009 à 22:33

Je trouve que le "No comment" est exagéré et sous-entend beaucoup trop de chose. Connaissant un peu les journalistes et leur légendaire sens de l’interprétation, on ne pas ainsi faire penser que les organisateurs du PdB sont plus touchés par leur "gros trou" dans le programme que par la disparition du maître sans avoir entendu les deux sons de cloche.
C’est d’autant plus navrant que vous faites, sans le vouloir, offense à l’artiste qui était attaché à ce festival qui l’a accueilli plusieurs fois.
Sortir une phrase de son contexte est la chose la plus mesquine qui existe. Ça va loin et c’est à la limite du respect...


#22545
Alain Bashung - jmp - 19 mars 2009 à  08:26

Monsieur, lisez le message ci-dessous, vous verrez que ce n’est pas l’agitateur qui a sorti la phrase de son contexte, mais... le BR qui s’en explique. C’est l’agent de Baschung qui avait demandé à revenir au PdB cette année car il n’était pas satisfait du dernier concert donné en 2004 où il s’était fait littéralement piégé par ine programmation inadéquate.

#22551 | Répond au message #22545
Alain Bashung - jmp - 17 mars 2009 à 10:05

Dans son édition du 17 mars, Le Berry Républicain, partenaire officiel du Printemps de Bourges a précisé les propos étranges de la direction du PdB qui avaient rapportés par le premier quotidien Bérruyer :

PRINTEMPS DE BOURGES - Dans l’article consacré à la disparition d’Alain Bashung, paru dans notre édition d’hier en page 9, nous nous posions la question des modalités de remplacement du concert du chanteur dans la programmation du Printemps de Bourges. Dans la phrase notée entre guillemets, l’expression « peu importe », dégagée de son contexte, prêtait à confusion. L’émotion au sein de l’équipe du festival était très forte et, dans l’immédiat, il s’agissait avant tout d’évoquer la peine causée par cette disparition et le recueillement.

Par ailleurs, le journal plublie un communiqué dans lequel le Directeur du PeB fait part de son émotion à la disparition de l’artiste dont il reconnait qu’il fait partie de la grande histoire du festival. Comme quoi, il n’est jamais trop tard.


#22529