Depuis le début 2009, la Nouvelle République est en proie à des difficultés financières : perte brute d’exploitation de plus de 400 000 euros sur l’exercice 2008, vente d’actions détenues dans La République du Centre, report de certains règlements de fournisseurs, emprunt obligataire de six millions d’euros auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations pour rembourser des dettes.
Et les événements se précipitent. Le 13 Juin dernier, l’assemblée générale des actionnaires a voté le changement de statut du journal : de Société anonyme à participation ouvrière (SAPO), la NR devient Société Anonyme (SA) à directoire et conseil de surveillance. Le personnel du journal, qui grâce à la SAPO en était propriétaire, a donc cédé celui-ci à des intérêts privés. Il faut dire que la pression de la direction était forte : « Nous avons dû nous rendre à l’évidence et admettre que notre structure de SAPO ne nous permet pas de nous adapter aux contraintes économiques modernes de notre profession. » Autrement dit, si les 650 salariés veulent conserver leur emploi, il va falloir trouver un actionnaire qui apportera de l’argent frais. Et aucun investisseur privé ne mettra de l’argent dans un journal propriété des salariés. Il faut donc supprimer la SAPO.
Ironie du sort, cet actionnaire n’est autre que le groupe « Centre France-La Montagne », propriétaire du Berry Républicain et en bonne santé financière (5,5 millions de bénéfices en 2008). D’après le Figaro, la participation avoisinerait les 30% sous réserve de « l’arrêt de la concurrence que se livrent sur le département du Cher, l’édition locale de La NR et Le Berry Républicain » Il va donc y avoir un mort. La présence des salariés du Berry Républicain dans les grandes manifestations du printemps n’était pas sans fondement.
On trouvera un article dans Wikipedia qui détaille la situation de la Nouvelle République et qui conclut : « Il est difficile de dire aujourd’hui si un "chevalier blanc" venu des volcans pourra intervenir à temps... ou s’il se contentera de ramasser les morceaux après un dépôt de bilan de plus en plus probable »