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Ca servira à rien, mais faut y aller - mozi - 30 juin 2010 à 12:30

Bonjour Cyrano,

Je dois bien avouer que j’avais jeté l’éponge et que je ne pensais revenir sur ce fil…

Mais bon, comme vous avez fait l’effort de me suivre dans les dédales de « mon labyrinthe » jusqu’à vous y perdre et vous donner la migraine, je vais faire moi aussi un effort et essayer de vous donner un fil d’Ariane !

Et puis, cela me donne l’occasion de vous remercier pour vos « chroniques municipales » que je lis régulièrement.

Je vais essayer d’être ultra synthétique :

1) Le problème des retraites me semble être seulement un tout petit aspect d’une crise beaucoup plus grave et profonde. Je pense que nous vivons une sorte de crise de civilisation.

2) Je pense que nous sommes aujourd’hui à un point de bifurcation riche de menaces mais aussi d’espoir. Il faut saisir cette occasion avant de nous voir entraîner sur une nouvelle trajectoire pire encore que ce que nous vivons (j’ai crains en fait l’apparition d’une sorte de néo-féodalisme)

3) Les programmes de la gauche (ou du moins ce qu’on put lire sur les tracts pendant la manif) sont obsolètes et pas à la mesure des événements actuels. Pourquoi ?

a) Ils maintiennent l’illusion dans la population que nous pourrons continuer notre mode de vie et jouir encore du confort dont nous disposons. Or, je pense que les ressources disponibles ne sont plus suffisantes.

b) Ils maintiennent également l’illusion qu’une simple (c’est le « il suffit » du tract) reforme du système permettra de résoudre les problèmes. Je crois que c’est plus compliqué.

c) En faisant croire qu’il y a déjà des solutions toutes trouvées ils empêchent une réelle prise de conscience de la population et incidemment n’incitent pas les individus à chercher par eux-mêmes ce qu’ils peuvent faire. Ils offrent une sorte de prise en charge politique nuisant à l’autonomie.

4) Je crois que la situation actuelle devrait pousser à effectuer un saut qualitatif (une rupture) dans les revendications politiques qui seraient dès lors plus ambitieuses et sans doute pas très sexy compte tenu du 3.a) mais paradoxalement plus réalistes. Et pour cela il serait bon que ceux qui ne croient plus en une quelconque réforme du système le crie haut et fort (même au risque de casser « l’ union sacrée).

5) Quels types de revendications ? Dans la mesure où je ne connais pas de programme clef en main, je pense que celles-ci ne peuvent qu’indiquer une direction du type anti-économique et anti-industrielle. Les revendications deviendraient de plus en plus précisent au fur et à mesure que les individus, une fois la difficulté de la tâche reconnue, se « parleraient » (cf. supra). (Sorte d’émergence par le bas pas nécessairement incompatible avec des relais institutionnels).

6) Un exemple ? Pour finir par quelque chose de positif, je pense que les revendications devraient porter sur les ressources et non sur « les richesses économiques ». Demander de l’argent est une voie sans issue. Ainsi des revendications « d’accès à la terre » portées par des mouvements comme reclaim the field me semble adaptées. Mais de manière plus générale c’est ce que l’on appelait des « biens communaux » qu’il faudrait revendiquer et obtenir.

Je m’arrête là, en espérant ne pas avoir ajouté de bifurcations dans le labyrinthe…


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