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Retraites par capitalisation, c’est parti ! - Eulalie - 2 novembre 2010 à 19:27

Le syndicat Solidaires, manifestement désinformé sur les intentions du gouvernement, écrit le 22 avril 2010, dans une de ses fiches techniques sur les retraites, sur la retraite par point, compte notionnel, capitalisation :

"Le changement de système ne semble pas pour tout de suite

La COR signale qu’un changement de système s’avère complexe et demande une longue préparation incompatible avec la nécessité d’agir rapidement.

Pour le COR, changer de système impose de modifier par exemple tous les systèmes informatiques, d’assurer des formations importantes aux personnels… et ce dans tous les cas :

 un basculement total imposerait un pic de travail pour transformer les acquis de chaque personne en points ou capital virtuel ;
 une transition étalée, ou une gestion des deux systèmes à la fois (chaque personne est considérée comme un « poly pensionné » avec deux retraites correspondant aux deux systèmes, l’ancien et le nouveau) demanderait du travail supplémentaires, dans une période de volonté politique de baisser les effectifs.

De plus le COR signale le risque important de multiplication de recours juridiques, surtout dans un contexte où les pensions ne peuvent que baisser.

Et surtout, le COR insiste fortement sur la persistance d’un déséquilibre financier car, dans tous les systèmes par répartition, ce sont les cotisations des actifs qui paient toutes les pensions de la même période. Les comptes notionnels et le système par points ne prévoient pas de provisionner pour les périodes difficiles, et ne permettent pas la prise en charge du baby boom. Le COR reconnaît que « l’application de ces mécanismes pose question lorsque la situation économique se dégrade car ils ont une action pro cyclique, en réduisant davantage les droits à la retraite ».

La crise a mis à mal ces systèmes : pour conserver l’équilibre des comptes, des pays les ayant mis en place ont instauré une cotisation additionnelle non génératrice de droits pour éviter d’augmenter davantage les dépenses futures, ont moins revalorisé les pensions en cours et les droits à pension en cours d’acquisition (via une moindre revalorisation du capital virtuel ou une augmentation plus importante de la valeur d’achat du point). Ils ont réduit les coefficients de conversion du capital virtuel en pension ou baissé la valeur de service du point, ils ont relevé l’âge moyen effectif de départ à la retraite, ou bien fait appel à un financement externe…

Ainsi, Pologne et République du Kirghizstan ne revalorisent le capital virtuel que sur la base de l’évolution de 75 % de l’indice retenu. Seule la Suède, qui avait mis ce système en place avant les autres et pris soin de provisionner, s’en sort relativement sans trop de heurts, avec « seulement » une diminution de la revalorisation des pensions et des droits en cours d’acquisition.

Le gouvernement ne devrait donc pas changer de système tout de suite, mais l’idée est lancée et reviendra ne serait-ce que pour masquer les enjeux politiques en individualisant la retraite, pour ne pas garantir un taux de remplacement, pour remettre en cause les solidarités et ouvrir une brèche dans le système par répartition. Un jour, la crise sera oubliée et la propagande pour un changement de système reviendra en force, avant le déclenchement de la crise suivante. Le déséquilibre démographique ne bloquera pas longtemps : les effectifs des retraités diminueront après 2035.

Emparons-nous tout de même tout de suite du dossier, pour faire réfléchir les populations et les organisations syndicales qui revendiquent ce système.

Un système par points ou comptes notionnels provoquerait :
 La suppression de la garantie de niveau de pension et l’arrêt du progrès social
 L’illusion de la constitution d’une rente que l’on devrait retrouver plus tard
 La baisse des pensions et l’individualisation du rapport à la retraite
 La disparition des enjeux politiques et un frein à la mobilisation
 La fin ou la forte diminution des solidarités…
Ce changement de système ne semble pas pour tout de suite, mais menons le débat dès maintenant pour qu’il ne s’applique jamais."

Et, plus haut dans la fiche, il écrit que ces systèmes :
"rendent difficile une mobilisation collective sur des mots d’ordre clairs."

En effet.


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