La lutte des classes, pas un projet ? Pourtant, chez beaucoup de gens qui se disent de gauche, la lutte est souvent présentée comme une fin en soit plus que comme un simple contexte. Il faut toujours « se battre contre », « défendre », « c’est la lutte finale… », etc. Si les UMP marquent des points dans l’opinion lorsqu’ils présentent la gauche comme une force qui ne sait rien faire d’autre que de dire « non », c’est sans aucun doute une caricature, mais si elle fonctionne, ce n’est pas pour rien.
Regardez le fameux référendum de 2005 que tous les chantres de la gauche de la gauche tentent d’ériger en étendard. Certains on réussit à nous faire voter « non », mais pas un seul de ceux là n’a été foutu de nous fournir un projet qui donne envie de voter « pour ».
La lutte des classes, une réalité objective ? Non, c’est tout au plus une théorie. D’autres peuvent expliquer tout aussi bien notre société sans avoir besoin de la notion de classes (individualisme avidité, spectacle, etc.). Avoir les yeux ouverts, c’est bien, mais si c’est pour enfiler les œillères du dogme, je ne vois pas très bien quel en est l’intérêt.
Vous nous dites qu’il y a d’un coté les possédants et de l’autre des gens qui travaillent pour vivre. N’est ce pas un peu réducteur ? Il y a des possédants innés, dont l’existence même donne la nausée ; il y a des possédants méritants, qui ont forgé leur destinée au mérite ; il y a des possédants légitimes, qui possèdent par la volonté du peuple. Il y a très peu de gens qui travaillent pour vivre, il y en a beaucoup plus qui travaillent pour consommer, certain travaillent pour devenir des possédants, nombreux autres tentent juste de survivre sans travailler, certains vivent sans travailler et sans être possédants…
Non, vraiment, vous ne m’avez pas convaincu. Le monde me parait beaucoup trop complexe pour qu’on puisse le faire tenir dans une simple idéologie.
Parlons donc de ces fameuses « conquêtes » que l’on doit aux « luttes » de la gauche. Si j’ai bien compris, vous estimez que, dans une société démocratique et révolutionnaire, avoir eu besoin de lutter contre « le bon vouloir des dirigeants » pour pouvoir faire progresser l’intérêt général est une victoire.
Désolé, mais pour moi, c’est un échec. Dans une société démocratique, le peuple ne devrait pas avoir besoin de combattre pour faire entendre raison à ses représentants. On en revient toujours au même, à l’idéologie de la lutte et donc à ce qui fait, peut être que j’ai du mal à me sentir « de gauche » : je n’ai pas envie de lutter contre une élite dirigeante, j’ai envie de trouver un moyen pour que le peuple n’ai plus besoin de lutter pour se faire entendre.
Quand vous dites que les partis ont renoncé, je pense que vous vous trompez. Je pense, pour ma part, que ce sont les électeurs qui ont renoncé les premiers. La contestation du système n’est pas la gauche, la gauche fait parti du système. La contestation se trouve aujourd’hui dans l’abstention, le « tous pourris » ou le « trouvons quelque chose de totalement différent ».
Enfin, sur les nouvelles voies, il y a, au moins, une base que je pense pouvoir avancer, et elle est fondamentale : il n’y a pas de réponse absolue.