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Indignez-vous ! Et après ? - 2 janvier 2011 à 16:46

Pffff ... 600 000 exemplaires ! 19 pages de bien pensance. Pour suggérer au fond qu’il n’y a que l’alternative réformiste de viable, cad le PS. Démocraties occidentales, pays de l’alternance unique.

Je pense que ce qui fait surtout peur à notre Papy qui fait sa résistance avec des bons sentiments, c’est la possibilité d’une violence révolutionnaire. Le slogan de la fin ("Créer, c’ est résister, résister c’est créer") est un fake détourné du slogan de Bakounine : "détruire c’est créer, créer c’est détruire" qui justifiera tous les terrorismes. Mais comme il ne peut pas se contenter de l’existant, il transforme la destruction en "résistance", avec l’option non violente en plus.

En 19 pages on ne peut guère en dire plus. Et comme il ne faut surtout rien dire mais se contenter de s’indigner "en l’air", — puis aller bien voter en 2012 — c’est très bien comme ça.

Cette façon d’embarquer Sartre dans cette galère est quand même un peu suspecte. Sartre non violent ? A son époque Mao, il déclarait sans s’encombrer de trop de scrupules "Je suis un partisan de la peine de mort en politique. Un régime révolutionnaire doit se débarrasser d’un certain nombre d’individus qui le menacent, et je ne vois pas d’autres moyens que la mort. On peut toujours sortir d’une prison. Les révolutionnaires de 1793 n’ont probablement pas assez tué et ont préparé le retour à l’ordre, puis la Restauration."

Outch !!!

Le philosophe avait théorisé ça dans le concept de fraternité-terreur, dans la Critique de la raison dialectique. Les auteurs d’un "Vocabulaire de Sartre" chez Ellipse mentionnent, avec raison : "On peut voir par exemple les procès de Moscou comme l’application même de cette fraternité terreur chez le groupe dirigeant bolchévique." Outch, outch !!!


#30902



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