Mais plus compréhensible quand on s’aperçoit que c’est une manoeuvre du PS.
Une manœuvre du PS. Bon, il faudrait quand même argumenter plutôt que d’affirmer des choses pareilles. Tout ça parce que Stéphane Hessel a le malheur d’être au PS. Bon, il faudrait être sérieux de temps en temps. Tous les membres du PS, militants ou sympathisants PS ne sont pas au coeur d’un énorme complot. Sur ce que je sais, c’est un très petit éditeur qui est allé voir M. Hessel suite à un discours qu’il avait tenu je ne sais où, pour lui proposer de publier son discours. Et a priori, son discours a été enrichi. Voilà. Je ne suis pas sûr qu’on puisse y voir une manœuvre.
Car qui peut croire qu’un opuscule publié en octobre 2010 puisse s’être vendu à plus de 500000 exemplaires fin décembre, sans qu’il y ait une puissante machine de promotion derrière. Même pas sûr qu’un Goncourt, avec toute la promo assurée complaisamment par les médias, fasse aussi bien. C’est tellement étonnant que s’en est suspect.
Alors, je ne connais pas le monde de l’édition, mais ce type de phénomène arrive de temps en temps en musique. Un groupe ou un artiste, parfaitement inconnu arrive à vendre un nombre incroyable de disques (quelques dizaines de milliers...) et là, les médias s’y intéressent et c’est l’effet boule de neige, la curiosité qui fait vendre. Le PS n’est pas forcément derrière le groupe en question... Si il y avait une recette magique pour faire vendre 600000 livres, tous les éditeurs l’appliqueraient, ça c’est sûr...
Exact. C’est tout ce que veut le PS, battre Sarkozy.
Oui, sauf que Stéphane Hessel n’est pas porte parole du PS, il en est un membre. Et le réduire à sa condition de militant du PS, quand on voit ce qu’il a fait dans sa vie, c’est quand même regarder par le petit bout de la lorgnette. J’ai lu ce texte. Et à aucun moment, je n’ai eu l’impression que Stéphane Hessel militait pour le PS. Il en parle, à la fin. Je n’ai pas le texte sous les yeux, mais il me semble qu’il en parle comme d’un engagement un peu parce qu’il faut bien s’engager. Le PS n’est, a priori, pas sa cause principale. Enfin, je l’ai ressenti comme ça.
Bref. Critiquer ce livre sous l’angle PS, c’est avoir vraiment la vue déformée.
De mon point de vu, ce livre n’a rien d’extraordinaire. Il n’a véritablement aucune raison de s’être vendu à autant d’exemplaires. Seul son titre et l’auteur de ce livre ont pu créer cet engouement un peu incompréhensible. Mais faut-il cracher dessus ? Certainement pas. J’ai vraiment eu l’impression que ce texte s’adressait en fait aux jeunes, à ceux qui ne s’intéressent pas du tout à la politique. Si on lit ce livre sous cet angle, alors il est très bon parce qu’il peut amener à s’interroger, à s’informer sur la France d’après guerre dont la France d’aujourd’hui est issue. Il peut amener à comprendre l’écart qu’il y a entre l’esprit progressiste d’après guerre et l’esprit réactionnaire que l’on connait depuis les années 2000. Et se rendre compte que l’on ne va vraiment pas dans le bon sens. Ce livre propose surtout de ne pas être spectateur mais acteur.
Ce livre ne s’adresse certainement pas à des militants. Pour être militant d’un parti ou d’un syndicat, il faut déjà avoir ressenti le besoin. Les militants sont déjà indignés par définition. Mais est-ce que ce texte touche sa cible c’est à dire les jeunes ? Je n’ai pas l’impression. Il touche des gens qui sont déjà indignés par plein de choses et qui cherchent comment exprimer cette indignation et comment changer les choses. Il ne trouveront pas de réponses dans ce texte. Et c’est certainement parce que c’est à chacun de trouver sa réponse, parce qu’il n’y a pas de réponse unique. La trajectoire de Stéphane Hessel est unique. Et c’est certainement pour cela qu’elle est belle.
Donc, globalement, je suis plutôt d’accord avec Eulalie ;-)