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Chamiot m’a tuer - bombix - 31 mai 2011 à 07:29

Retour sur l’interview de Bensac

"Le temps du sarkozysme est mis à mal, notamment en raison d’une dérive sécuritaire inquiétante"
Bensac, sarkozyste de toujours, qui se désolidarise de Sarkozy pour sa dérive sécuritaire ! En quoi Sarkozy a changé depuis qu’il était ministre de l’intérieur ? En rien. En revanche, ce qui a changé, c’est qu’après 5 ans de pouvoir, le bilan est désastreux. Bilan qui est le fruit d’une politique que Bensac a toujours soutenue. Mais quand le bateau prend l’eau, les rats quittent le navire.

"Je n’ai fait aucune compromission avec le FN" Bon, faut rester sérieux. Bensac n’est pas Jean Moulin, et d’Ogny n’est pas Paoli. Sa "lutte historique" contre le FN, c’est un simple coup de com’ — avec, à l’origine, Lepeltier comme cible : l’envahissement du conseil municipal. Il lui fallait se démarquer à droite. Il a trouvé ça comme différence spécifique. Un truc de commercial, quoi. Pas de quoi se faire des gorges chaudes. Ça a suffit à quelques esprits simplets pour le croire intéressant.

"Saulnier a échangé le canton de Mehun contre le canton 5 de Bourges" Belle conception de la démocratie. Les électeurs sont propriétaires de leurs voix, et personne ne tient leurs mains devant l’urne. Malgré sa posture "centriste", tout le monde connaît le sarkozyste, le tueur ultra-libéral Bensac. Bensac paie le rejet de la Sarkozie. Aucune manoeuvre secrète là-derrière. C’est au contraire clair comme de l’eau de roche.

"J’ai été tué par des UMP qui sont devenus des électeurs habituels du FN" Chamiot, nommé, et autres vieux RPR ...

Là on voit exactement à quoi ça sert le FN dans la stratégie commerciale de Bensac. D’une part à se victimiser (si on ne vote pas pour moi, c’est parce que je suis anti-FN) ; et d’autre part à accrocher une thématique idéologique sur une thématique générationnelle. Il y a la droite moderne, qu’il représente, et la vieille droite, avec laquelle il ne veut rien avoir à faire. Or, bien sûr, ça ne tient pas une seconde la route. La tentation autoritaire et populiste existe à droite, quelle que soient les époques. Dans l’ancien RPR (Pasqua) comme dans le nouvel UMP (Sarkozy) ; historiquement, l’homme de droite qui a préservé la droite républicaine de toute tentation d’alliance avec Le Pen, c’est Jacques Chirac, le fondateur historique du RPR. A contrario, on sait aussi, historiquement, que le Chili de Pinochet fut le laboratoire néo-libéral des US. Que donc il n’y a pas de contradiction entre néo-libéralisme (doctrine officielle de la Sarkozie) et régime autoritaire, voire fasciste. Au contraire, ils se marient très bien. Bensac feint de s’étonner de la dérive autoritaire de Sarkozy. Elle est dans le logiciel de sa politique. S’il était vraiment anti-fasciste, il ne serait pas un sarkozyste : hier officiel, aujourd’hui un crypto-sarkozyste. Mais continuons ...

"Les ex-RPR haïssent Serge Lepeltier" Mais pourquoi tant de haine ? Si le Berry Républicain avait un peu de courage, il poserait ici quelques questions. Les ex-RPR haïraient Lepeltier parce qu’ils sont des soutiens au FN, et que Lepeltier est un républicain sans tache ? La belle histoire ! Bensac "oublie" que "ses faits d’armes" — ou ce qu’il aimerait qu’on prenne pour tels — contre le FN, il les doit aux tentations de Lepeltier lui-même, quand notre bon roi n’hésitait pas à partir à la pêche aux voix du coté de Le Pen (*) ; il oublie aussi de contextualiser : Chamiot a quelques raisons d’en vouloir à Lepeltier, non pour des motifs idéologiques, mais parce qu’il a été écarté, après avoir assumé les fonctions de maire, quand Lepeltier fut nommé ministre. Rivalités personnelles, certes. Et qui se déclinent ensuite dans les projets de carrière en reprofilages idéologiques et en choix d’écuries. Car les idées ne sont jamais que l’occasion de prendre des places. Ensuite, comme Lepeltier ne pouvait plus s’appuyer sur cette droite-là — et on passe les embrouilles avec Thomas-Richard — il a trouvé un allié "naturel" dans Bensac.

Chébili. Je ne répéterai pas ce qu’a dit Mister K. Avec cette contradiction en plus. Bensac est vraiment le plus mal placé pour critiquer un franc tireur en politique. Comment procède-t-il lui-même, sinon par coup et par indiscipline ? Faites ce que je vous dis ...

Tout le reste est à l’avenant. L’extrême droite est bien utile à Bensac. Elle justifie même sont revirement après les régionales. Ca sert bien un bon putching ball ... L’extrême droite n’existerait pas, il faudrait l’inventer ... pour Bensac, qui sans elle, n’a pas d’existence lui-même !

Dernières remarques : Bensac n’est pas Lepeltier. Par son parcours, et surtout par la place qu’il occupe, S. Lepeltier peut se permettre de faire cavalier seul face aux vieux de l’UMP local. Si Bensac croit virer Fromion sur la foi de sa seule bonne mine, il se met le doigt dans l’oeil profond.

Enfin, ce qui est quand même sidérant dans cette interview, c’est qu’à aucun moment, Bensac n’est interrogé sur son bilan ! Il n’a donc rien fait depuis qu’il est aux responsabilités, depuis trois ans ?

Faut pas poser les questions qui fâchent, au Berry. Et puis Bensac est un bon client. Il permet de noircir du papier facilement. On fait semblant de se bouder de temps en temps (épisode Stéphan après les cantonnales), mais tout ce petit monde vit en bonne entente. La presse peut continuer à ne rien dire, et les politiques à ne rien faire, sinon guetter le siège disponible aux prochaines élections. Et Monsieur Bensac s’étonne après cela de l’abstention phénomènale, de la désaffection massive des citoyens pour la politique ?

(*) cf. l’article de JM Pinon, du 21 aout 2005 : « Ainsi, en 1998, il participe à une manifestation au sein du Conseil Municipal de Bourges afin de demander au maire Serge Lepeltier (dont il avait été membre actif de la campagne pour les municipales de 1994-1995), de ne pas faire de liste commune avec le Front National. »


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