Arithmétiquement, il n’y avait en effet aucun danger que Le Pen prenne le pouvoir en 2002 (il n’y en a pas plus en 2012, d’ailleurs). Mais au soir de 21 avril, un parti fasciste était bel et bien la deuxième force politique de France. Je suis donc sorti de ma léthargie politique. J’avais en effet cessé de participer à toute élection nationale depuis la ré-élection de Mitterrand en 1988 et sa conversion - ou son retour, plutôt ? - à la social-démocratie. Pour moi, c’était ni droite ni social-démocratie. Donc pêche à la ligne les jours d’élection.
Mais là, c’était le coup de tonnerre. Tout le monde (et vous aussi, sûrement) était sidéré par le résultat du premier tour. Un rapide décompte du nombre de voix m’a moi aussi permis de voir qu’il n’y avait pas de danger que le FN n’arrive au pouvoir. Pourtant j’ai voté Chirac. Il m’était insupportable qu’au pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, un facho puisse arriver au second tour de l’élection présidentielle. Il fallait laver l’affront. Quitte à ce que Chirac obtienne un score de dictateur. Ce qu’il a obtenu. Sauf que Chirac n’était pas un dictateur. On peut pas en dire autant de Sarkozy. Si la situation se représente - ce qui me parait impossible grâce à Mélenchon qui va capter les voix de ceux qui n’ont pas voulu voter Jospin en 2002 - je ne recommencerai pas.