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Rythmes and blues - Mercure Galant - 1er mai 2013 à 09:56

Voici la lettre adressée au Directeur des Services Académiques de l’Education Nationale expliquant les raisons pour lesquelles les enseignants sont opposés à la proposition du maire concernant les rythmes scolaires..

Les directeurs des écoles publiques de Bourges

Bourges
Le 30 avril 2013

A Monsieur le Directeur des Services Académiques de l’Education Nationale
Cité Condé, Bât F
3, rue du 95ème de ligne BP 608
18016 Bourges Cedex

Objet : rythmes scolaires pour la rentrée 2013

Monsieur,

Conformément à la circulaire ministérielle, les écoles de Bourges ont fait remonter par l’intermédiaire des conseils d’école une proposition de rythme scolaire pour la prochaine rentrée. Cette proposition était le fruit d’une longue réflexion portée par les équipes pédagogiques en concertation avec les parents d’élèves. Au cours de cette réflexion, les directeurs ont été conviés à deux réunions avec Mme Pellerin-Chausson, Maire adjointe à l’éducation, réunions durant lesquelles M. le Maire de Bourges était à chaque fois absent.
Comme les parents d’élèves, les enseignants se sont opposés à l’allongement de la pause méridienne.
La mairie de Bourges par l’intermédiaire de Mme Pellerin-Chausson nous a informé de l’impossibilité matérielle d’organiser des activités périscolaires journalières de 45 min de 15 h 45 à 16 h 30 (solution que nous aurions souhaitée en priorité).
De ce fait, un compromis satisfaisant concernant les rythmes scolaires avait été élaboré lors de la seconde réunion, à savoir 8h30-11h30, 13h30-16h00 avec un après-midi terminant à 15h00. L’ensemble des directeurs présents lors de cette réunion a adopté cette proposition. Ensuite, lors de certains conseils d’écoles, les directeurs ont transmis cette proposition qui a pu alors être approuvée et notée sur les procès-verbaux correspondants.
Or, durant les congés scolaires de printemps, le Maire de Bourges a envoyé un courrier aux parents d’élèves précisant que les horaires retenus étaient 8h45-11h30, 13h30-16h30 avec un après-midi terminant à 14h45. Cette proposition nous a été envoyée quelques jours plus tard par mail durant la deuxième semaine des vacances, pratique que nous jugeons peu courtoise.
Dans ce courrier, M. le Maire précise que le rythme retenu allègera la journée de l’élève et lui permettra de pratiquer des activités sportives ou culturelles.
Pour compléter son propos, M. Lepeltier s’est exprimé dans le Berry Républicain en précisant qu’il va dans le sens des parents. Aucun document ne va dans son sens ou n’a été communiqué aux directeurs d’école pour justifier l’organisation 8h45-11h30, 13h30-16h30 avec un après-midi terminant à 14h45. Dans le courrier adressé aux parents d’élèves, le Maire de Bourges explique que la concertation avec les conseils d’écoles et les directeurs l’aurait poussé à cette nouvelle organisation. Cela n’a pas de sens puisqu’un compromis différent avait été envisagé. De plus, les propos que M. le Maire tient vis-à-vis des enseignants des écoles de Bourges dans le Berry Républicain du mercredi 24 avril sont diffamatoires et blessants : aucune école n’a refusé la mise en place du mercredi matin travaillé à la suite des concertations avec la ville de Bourges ! Sur quelle enquête ou PV de conseil d’école M. Lepeltier s’appuie t-il pour justifier de tels propos ?

Sur le fond, l’organisation proposée par la Ville de Bourges est inappropriée pour les apprentissages et le rythme de la journée :
-  les élèves travailleront plus l’après-midi que le matin, ce qui ne correspond pas à l’esprit de la circulaire de M. le Ministre ni à la réalité de l’enseignement (les élèves étant plus disponibles le matin).
-  L’allègement de la journée de 15 minutes par rapport aux 6 heures actuelles n’est pas une véritable réduction du temps scolaire.
-  L’absence de régularité des journées sur la semaine envisagée par la Ville de Bourges est aussi fortement préjudiciable pour structurer le temps des élèves mais aussi celui de certaines familles déjà en difficulté avec le temps scolaire et social.
-  L’après-midi qui se terminera à 14h45 ne sera d’aucune utilité pour installer des séances pertinentes durant ce peu de temps imparti et encore moins pour des élèves de petite section de maternelle. Les enseignants ne pourront pratiquer aucun décloisonnement ou échange de service pédagogiquement efficace (il faut prendre en compte le retour de l’accueil à 13h30 et/ou le fait de noter les leçons pour les jours suivants).
-  L’organisation du temps d’APC et de l’Accompagnement Educatif dans les écoles de l’Education Prioritaire (séances de 1h30) risque selon les réalités de certaines écoles de se reporter sur la fin de journée ce qui alourdira une fois de plus la journée de l’élève et nous éloigne donc du premier but de cette réforme des rythmes scolaires : l’allègement de la journée de l’élève.
-  Un accueil des élèves à 8h45 va forcément réduire les relations avec les parents d’élèves car beaucoup de familles déposeront les enfants à l’accueil à 8h20 pour rejoindre par la suite leur lieu de travail. Dès lors, la communication avec les parents d’élèves sera diminuée et ne permettra donc pas aux enseignants d’associer ces mêmes parents à la réussite scolaire et éducative de leur enfant.
Nous constatons également que l’organisation proposée par M. le Maire de Bourges va dans son intérêt mais ne va pas dans celui des élèves ni des enseignants. Pour justifier des journées de 5h45, la circulaire précise qu’il faut "présenter des garanties pédagogiques suffisantes". A l’heure actuelle, aucun Projet Educatif de Territoire n’a été élaboré avec les équipes enseignantes ou n’a été présenté aux conseils d’écoles. M. Lepeltier ne peut donc s’appuyer sur aucun argument pédagogique justifiant une telle demande de dérogation.
Pour finir, l’organisation souhaitée par la Ville de Bourges va pénaliser tous les élèves. En effet, les classes n’auront plus accès aux structures sportives ou culturelles les après-midi puisqu’elles seront utilisées pour les après-midi libérés de la Mairie. Les animateurs et éducateurs seront eux aussi mis à disposition des activités mairie qui ne seront pas obligatoires. Dès lors, les écoles se verront proposées les créneaux du matin (déjà réduits de 15 minutes !) pour accéder aux piscines, gymnases, musées, médiathèques, etc.
Cette organisation de rythme, 8h45-11h30, 13h30-16h30 avec un après-midi terminant à 14h45 selon les quartiers, va donc contre l’intérêt pédagogique, l’accès à la culture et au sport pour tous et par conséquent contre la mise en place d’un véritable rythme scolaire qui serait propice aux apprentissages.

C’est pourquoi, nous espérons que vous soutiendrez notre position et que vous irez, Monsieur, dans le sens des enseignants qui s’inquiètent et s’interrogent avant tout sur la pédagogie et la réussite des élèves et ne raisonnent pas selon leurs propres intérêts ou nécessités.

Les directeurs des écoles publiques de Bourges.


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