Covid-19 : peut-on vraiment dire que le retour à la vie normale est proche ?
France Info 7/09/21
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"L’expression ’vivre avec le virus’ ne doit pas être, comme ça a pu être suggéré l’an dernier, vivre comme si le virus n’existait pas, parce que l’ignorer ne le fait pas disparaître" Florence Débarre
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"Pour aller vers ce "retour à la vie normale", Samuel Alizon et son collègue épidémiologiste Mircea Sofonea font une série de propositions dans Le Figaro. "Ce qui nous semble le plus important, c’est de travailler sur la prévention", résume le premier. Un "contact tracing" plus poussé, mais aussi plus de dépistage aléatoire et plus de séquençage des échantillons prélevés garantiraient un meilleur suivi de l’épidémie, selon eux.
Cette prévention des infections passe aussi par une amélioration de l’aération et de la ventilation de tous les espaces clos, que ce soit les lieux de vie, les lieux de travail ou de transit ; avoir le réflexe d’ouvrir plus souvent les fenêtres pour aérer, mais aussi mesurer la qualité de l’air dans les pièces avec des capteurs de CO2 ou installer des purificateurs d’air là où leur utilisation paraît indispensable."
Pourquoi il y a peu de chances pour que le coronavirus SARS-CoV-2 perde sa virulence
Samuel Alizon, Mircea T. Sofonea, Université de Montpellier, 6/09/21
"Depuis le début de la pandémie de Covid-19, des avis bien arrêtés sont régulièrement émis sur l’évolution de la virulence du SARS-CoV-2. Pour beaucoup, elle devrait forcément diminuer puisque « de tous temps » virus, bactéries et autres parasites auraient perdu de leur virulence en s’adaptant à leurs hôtes."
Malheureusement, cette « intuition » ne résiste pas à l’analyse, car elle nécessite de voir le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le bacille de la tuberculose, l’hématozoaire du paludisme ou encore la grippe comme des exceptions. En fait, on a beau chercher, difficile de trouver des « parasites » (pour utiliser un terme de biologie de l’évolution) qui se conforment à cet axiome, baptisé « loi de la virulence décroissante » au début du XXème siècle.
Pourquoi alors cette vision persiste-t-elle ? Que nous apprennent les découvertes récentes de la biologie de l’évolution à propos de la virulence ? Et à quoi s’attendre dans le cas du SARS-CoV-2 ?"