Flambée des taux d’incidence Covid dans certains départements : mais que laisse-t-on se passer dans les écoles ?Dans certains départements, le taux d’incidence est en forte hausse. Les augmentations les plus spectaculaires concernent les plus jeunes. La situation est-elle inquiétante ? Quelle est la responsabilité de l’école dans ces contaminations départementales ? Atlantico du 13/10/21 Elisa Zeno et Claude-Alexandre Gustave
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" Au-delà du cas d’école que semble être la Lozère, que sait-on de la corrélation entre contaminations dans les établissements scolaires et hausse des taux d’incidence locaux ?
Elisa Zeno : Il faudrait pour cela connaître les contaminations dans les établissements scolaires, car non seulement les chiffres remontés par l’Education Nationale sont systématiquement inférieurs à ceux de Santé Publique France, mais les enfants continuent également d’être souvent sous-dépistés. La situation est très hétérogène sur le territoire : par exemple, si le taux de dépistage des 6-10 ans dépasse 4000 pour 100 000 au niveau national, sa valeur est inférieure à 2000 dans plus de 14 départements en France métropolitaine, qui deviennent 47 si l’on s’intéresse aux 3-5 ans.
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Le protocole Covid des écoles est-il insuffisamment appliqué ou simplement insuffisant ?
Claude-Alexandre Gustave : La communication de l’Education Nationale est une honte ! Leur infographie sur les cas détectés chez les élèves est tout simplement mensongère !
Ils indiquent « 3869 cas » (sur 1 semaine), qu’ils rapportent aux 12 223 000 d’élèves, afin de déclarer seulement « 0,03% » d’élèves infectés !
C’est absolument mensonger ! Seuls 186 281 tests ont été réalisés !
C’est-à-dire seulement 1,52% des élèves testés !
Il n’y a donc pas 0,03% d’élèves infectés dans les écoles, il est impossible de conclure cela à partir d’un tel dépistage ridiculement insignifiant !
Tout ce qu’on peut dire c’est que le taux de positivité des tests scolaires est de 2,08% ce qui est nettement supérieur à la moyenne nationale ! (1,1% sur la même semaine d’après SI-DEP).
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"Avec un tel niveau de dépistage ridiculement bas, l’objectif n’est absolument pas d’éviter les contaminations à l’école mais d’en donner une image « rassurante » massivement sous-estimée, afin d’assurer une stratégie dite « d’immunité hybride » laissant circuler massivement le virus dans cette population qui n’est pas vaccinée, avec tous les risques aigus et chroniques pour les enfants, mais aussi les risques de diffusion aux autres classes d’âges, et tous les risques d’évolution virale accélérée par une circulation intense non-documentée chez les enfants !"
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"Il n’y a jamais eu d’objectif de lutte contre la contamination des citoyens. L’an dernier c’était le story telling de « l’immunité collective ». Quand il est devenu impossible de maintenir ce délire devant les évidences scientifiques montrant qu’elle n’existe pas pour un tel virus, nous sommes passés à ce qui est désormais le story telling de « l’immunité hybride » dans lequel on nous vante désormais les bienfaits d’être infecté après avoir été vacciné !"
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Risque-t-on une reprise épidémique via les écoles ? Que faudrait-il faire pour éviter que les choses empirent ?
Elisa Zeno : Dans son avis du 5 octobre, le Conseil Scientifique écrit s’attendre à une possible reprise de l’épidémie dans les semaines à venir. L’exemple du Royaume-Uni montre clairement la reprise épidémique à partir des enfants et adolescents : début septembre, après la rentrée, alors que les taux d’incidence baissaient dans les autres classes d’âge, ils augmentaient rapidement chez les 10-14 ans pour atteindre des niveaux records, la semaine dernière 1 enfant du secondaire sur 14 a été infecté. Aujourd’hui, la reprise est visible pour tous en termes de cas, admissions à l’hôpital et décès. Sajid Javid, le secrétaire d’État à la Santé, se dit préoccupé par le nombre croissant de personnes souffrant de Covid longs. D’ailleurs les témoignages sur le Covid long pédiatrique se multiplient aussi.
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