N. Berrod12/09/22
"1/n Elle avait promis une décision d’ici la mi-septembre, elle a tenu parole : l’EMA
autorise ce lundi le vaccin Pfizer/BioNTech adapté aux variants Omicron BA.4/5.
2/n L’EMA a pris sa décision sur la base notamment des données cliniques du vaccin adapté à BA.1, déjà autorisé, et sur les données de fabrication et de sécurité de celui adapté à BA.4/5. Autrement dit, comme annoncé, elle n’a pas attendu de données cliniques du vaccin BA.4/5.
3/n Sur la base de ces données, le vaccin adapté à BA.4/5 "devrait être plus efficace" que le vaccin Pfizer actuellement utilisé "pour déclencher une réponse immunitaire contre les sous-variants BA.4 et BA.5", ce dernier étant ultra-majoritaire en France.
4/n L’EMA précise que des études cliniques sont en cours pour en savoir plus sur l’efficacité réelle du vaccin adapté à BA.4/5 par rapport à celui d’origine. Pour rappel, "adapté à BA.4/5" signifie que le vaccin est basé à la fois sur la souche d’origine du virus et sur BA.4/5
5/n Les Etats-Unis ont déjà approuvé le vaccin Pfizer/BioNTech mais aussi celui Moderna adaptés à BA.4.5, en "sautant" l’étape vaccins adaptés à BA.1. Dès la fin juin, la FDA avait annoncé qu’elle n’attendrait pas de données cliniques chez l’Homme
6/n Le but est d’utiliser un vaccin ciblant la souche circulant actuellement (BA.1 a disparu du paysage depuis plusieurs mois). Mais pour rappel : on ne connaît pas encore le véritable gain d’efficacité des vaccins BA.4/5, même si on pense qu’il sera présent contre l’infection.
7/n Que va-t-il se passer en France, désormais ? La HAS avait attendu l’avis de l’EMA sur les vaccins BA.4/5 pour se prononcer, elle devrait donc le faire très bientôt. Précision : l’EMA se prononcera plus tard concernant le vaccin Moderna adapté à BA.4/5.
8/n Les vaccins à ARNm adaptés à BA.1 "devraient arriver courant octobre" en France et ceux adaptés à BA.4/5 (en attente d’autorisation par la HAS) "pourraient être disponibles à partir de novembre", indiquait il y a quelques jours la DGS"
L’Express, 12 septembre 2022 (pour abonnés)
Vaccins adaptés à Omicron : "La 4e dose est hautement recommandée dans tous les cas"
"L’arrivée des vaccins contre les sous-variants d’Omicron BA.1, BA.4 et BA.5 est imminente. Sont-ils mieux que les vaccins "historiques" ? Réponse de l’épidémiologiste Antoine Flahault
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"En attendant, les vaccins "historiques", s’ils n’empêchent pas ou peu la transmission d’Omicron, restent très efficaces contre les formes graves, rappelle la Société Française de pharmacologie et de thérapeutique, qui cite de nombreuses études scientifiques. Néanmoins, cette protection diminue au fil du temps, en particulier trois mois après la dernière injection. Forcément, plusieurs questions reviennent : les vaccins bivalents offriront-ils une protection plus élevée ou plus durable ? Quelle version est la plus indiquée ? Faut-il attendre leur mise sur le marché avant l’injection de la quatrième dose ou pas ? Réponse avec Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’Institut de santé globale et professeur à la faculté de médecine de Genève.
"L’Express : Que répondre aux personnes à risque et celles qui ne le sont pas, qui se demandent si elles doivent attendre les vaccins bivalents pour recevoir l’injection d’une quatrième dose ?
La notion "d’être à risque" est moins simple qu’elle pourrait en avoir l’air. Si vous voulez dire "à risque de formes graves, d’hospitalisations et de décès", il est assez clair aujourd’hui que l’on parle alors de personnes immunodéprimées par leur maladie ou leur traitement, ou encore immunosénescentes par leur grand âge, ou encore celles qui n’ont pas reçu au moins trois doses malgré la présence de comorbidités (obésité, hypertension, diabète, etc.). Si l’on pense au risque de Covid longs, parfois très invalidants, qui semblent atteindre 10 à 20% des personnes infectées, qu’elles aient fait une forme grave ou non, alors il semble que nous soyons tous "à risque" de Covid long.
Dans tous les cas donc, la quatrième dose, c’est-à-dire le deuxième rappel, est hautement recommandée et sans délai pour toutes les personnes adultes éligibles à la vaccination, et en priorité aux personnes à risque de formes graves. Il ne faut pas attendre la disponibilité du vaccin bivalent, car on sait aujourd’hui que les personnes ayant reçu quatre doses de vaccin monovalent sont moins souvent hospitalisées que celles qui n’en ont reçu que trois. Pour le vaccin bivalent, nous n’avons pas encore ces données.
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L’Express : Si nous avons le choix, quel sera le vaccin à privilégier, BA.1 ou BA.4/BA.5 ?
Malheureusement, on ne peut pas encore répondre à cette question. Certains experts pensent, au vu des résultats pré-cliniques, que les vaccins bivalents seront plus efficaces contre la transmission d’Omicron que les vaccins monovalents classiques qui étaient dirigés contre la seule souche initiale de Wuhan. Ils pourraient alors limiter la taille des nouvelles vagues. D’autres pensent que ces vaccins bivalents risquent d’être un coup d’épée dans l’eau, qualifiant les sous-variants d’Omicron et en particulier BA.5 de "variants furtifs", c’est-à-dire passant sous les radars de notre immunité, sans laisser de mémoire immunitaire, que ce soit après une infection ou a fortiori après une vaccination.
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