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Vagues à lame - epujsv - 21 mars 2023 à 19:04

Journal d’épidémie
Déni du Covid long : au secours, le mythe des hystériques revient
Christian Lehmann, Libération, 21 mars 2023

" Ce mercredi 15 mars a eu lieu la première journée de sensibilisation internationale au Covid long, ce syndrome protéiforme qui touche dans le monde des millions de personnes présentant, au-delà de la phase aiguë, une altération de leur état de santé après un ou plusieurs épisodes de Covid.

[...] L’absence de définition précise de ce syndrome émergent n’a pas aidé la prise en charge de certaines patientes, (souvent des femmes) pas plus que le déni véhiculé par certains médecins, et non des moindres, qui ironisaient sur les Covid longs, dont ils dressaient le profil comme au XIXe siècle on glosait sur les hystériques.

[...]

Eric Caumes décrit ensuite la prise en charge préconisée pour ces patients dans l’étude Casper, avec thérapies cognitivo-comportementales, tai chi chuan, méditation en pleine conscience, en s’appuyant sur une étude de l’équipe du Pr Lemogne, toujours à l’Hôtel-Dieu, qui « a prouvé que ce que l’on appelle Covid long était associé non pas au fait d’avoir eu le Covid mais au fait d’avoir pensé qu’on l’avait eu. » Cette étude, vivement critiquée dès sa parution du fait d’erreurs méthodologiques confondantes, a participé à la psychologisation du Covid long en France au sein d’instances comme le Covars (comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires)

[...]

Dans un podcast en quatre épisodes de la Série documentaire sur France Culture : « les Fantômes de l’hystérie – histoire d’une parole confisquée », Pauline Chanu et Annabelle Brouard décortiquent la manière dont notre médecine contemporaine hérite des conceptions racistes et misogynes de l’hystérie, avec une forte tendance à la pathologisation psychiatrique des maladies féminines.

[...]

Internationalement, et malgré une tendance mondiale à l’invisibilisation du Covid de plus en plus considéré comme un élément du décor auquel il faut s’habituer, la parole des patients et des patientes atteints de Covid long n’est pas systématiquement mise en doute de cette façon. Très tôt, en Grande-Bretagne, The Guardian leur a donné la parole, et parmi eux à des chercheuses, des professeurs de médecine, atteints du Covid long, permettant de mesurer l’étendue des dégâts causés par l’épidémie à long terme, et refusant de se contenter de considérer les symptômes allégués comme résultant de la simulation ou d’une pathologie psychiatrique anxieuse. "

[...]


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