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À la masse ! - epujsv - 1er août 2023 à 11:54

Police : l’été d’Overton
D. Schneidermann, Arrêt sur Images
1/08/2023

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" C’est tout ? Non. Le 27 juillet, recevant plusieurs syndicats de police regroupés dans un ""bloc syndical"", Darmanin, selon les syndicalistes, accepte l’idée de ""revoir"" à l’automne les dispositions du code de procédure pénale sur le détention provisoire. Peut-être – hypothèse optimiste – Gérald Darmanin a-t-il estimé prioritaire de désamorcer le mouvement de contestation, avant que le gouvernement ne siffle, à l’automne, la fin de la récréation policière. Peut-être. Par extraordinaire une loi serait-elle adoptée sous pression policière, que le Conseil constitutionnel (même s’il compte parmi ses membres... l’épouse du haut fonctionnaire Frédéric Veaux) ne pourrait faire autrement que la sanctionner.
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À ce silence politique fait écho un tout aussi impressionnant silence médiatique. Arrêtons-nous un instant sur cette extravagance dans l’extravagant : l’épouse de Frédéric Veaux, Véronique Malbec, est une des neuf membres du Conseil constitutionnel. Sans intenter à cette magistrate (ex-directrice de cabinet d’Éric Dupond-Moretti) un quelconque procès, cette situation pourrait être simplement "relevée" par les journalistes politiques, habituellement si friands de la moindre rumeur de couloir de ministère.
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Les extravagantes revendications de la police sont ainsi entrées dans le débat public. On en discute sur les plateaux. On va peut-être en discuter à l’Assemblée. Elles élargissent ce qu’on appelle "la fenêtre d’Overton" (ensemble des opinions considérées comme plus ou moins acceptables dans l’espace public). Si à l’automne, une loi devait plus ou moins exempter les policiers de détention provisoire, le pouvoir pourrait, en revanche, se flatter d’avoir courageusement rejeté la revendication de tribunaux spécialisés.
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Aux journalistes, s’impose une question : quels mots poser sur cette situation, sur ce régime qui tremble devant sa police ? Régime policier, démocratie illibérale, pré-fascisme, fascisme tout court ? ""Le problème avec les emplois du mot fascisme contraints de coller parfaitement à la situation du moment et à elle seulement, c’est qu’avant l’heure c’est pas l’heure, mais qu’après l’heure c’est trop tard"," analyse judicieusement Frédéric Lordon. ""On ne dirait pas sans abus que le macronisme en tant que tel est un fascisme. On peut en revanche affirmer avec certitude qu’il aura tout installé, et tout préparé [...] et ""aura déposé une épaisse et confortable couche de fumier. Tout va y pousser avec une déconcertante facilité"""". Sous nos yeux."


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