Le combat quotidien des journalistes de Gaza pour empêcher un blocus médiatique
Mediapart, 20 octobre 2023
"Tel-Aviv (Israël).– Le premier journaliste tué s’appelait Ibrahim Lafi. Il avait 22 ans seulement. Il est mort le samedi 7 octobre. Son corps a été retrouvé près de la barrière de séparation avec Israël. Comme toujours, il portait son gilet pare-balles bleu floqué « Press ».
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Depuis, huit autres journalistes sont morts en essayant de documenter la violence de cette offensive aérienne de l’armée israélienne.
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Selon le Syndicat des journalistes palestiniens, plus d’une cinquantaine de structures médiatiques ont été détruites. « Les autorités israéliennes sont en train d’imposer un black-out médiatique de la bande de Gaza en étouffant le journalisme, dénonce Jonathan Dagher, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). De nombreux journalistes ont dû évacuer leurs maisons sans papiers, sans matériel. D’autres n’ont plus de maison. Ils vivent dans la terreur et toutes ces conditions font qu’il est quasiment impossible pour eux de travailler. Recueillir les informations et les transmettre est de plus en plus compliqué et cela c’est intentionnel. »
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« Israël essaie de couper aussi la bande de Gaza médiatiquement, en réduisant notre accès à Internet. Comme cela, le monde n’aura aucune image de ce qu’ils sont en train de faire ici. Des crimes de guerre qu’ils commettent contre des femmes, des enfants, des civils », affirme Roshdi Sarraj.[...]"