" Craig Mokhiber, un responsable des Nations unies, a annoncé démissionner face à ce qu’il qualifie de « cas d’école de génocide », s’estimant « profondément inquiet » de la situation à Gaza. Les Nations unies ont selon lui « échoué » à y maintenir la paix et à obtenir un cessez-le-feu. Plusieurs pays d’Amérique du Sud ont annoncé couper leurs relations diplomatiques avec Israël pour protester contre le conflit et les violations du droit international.
L’Égypte ouvre son terminal frontalier pour l’évacuation d’étrangers et de binationaux
De premiers étrangers et binationaux jusqu’ici coincés dans la bande de Gaza ont été autorisés à en sortir, en passant par Rafah en Égypte. Plusieurs centaines de personnes seraient concernées par cette évacuation – pour l’heure, des dizaines de personnes seraient en train de franchir le terminal frontalier avec l’Égypte selon l’Agence France-Presse (AFP). Près de 90 Palestinien·nes blessé·es et 545 ressortissant·es étrangers ou binationaux devraient ainsi être évacués.
Des ambulances palestiniennes ont pu traverser la frontière avec l’Égypte, selon l’AFP et plusieurs chaînes de télévision égyptiennes ayant filmé l’arrivée des véhicules au niveau du terminal de Rafah. Les blessés seront transférés vers différents hôpitaux dont celui de Cheikh Zoueid, à dix kilomètres de Rafah, à Al-Arich dans la province du Nord-Sinaï ou au Caire, pour les cas les plus critiques.
Une liste de 4 000 blessés ne pouvant être soignés dans la bande de Gaza a été transmise aux autorités égyptiennes, selon le porte-parole du ministère de la santé à Gaza, Ashraf Al-Qudra, rapporte l’AFP. Celui-ci a souligné l’importance de leur évacuation face à des « interventions chirurgicales qui ne peuvent être accomplies à Gaza » dans le contexte actuel. « Il faut sauver leur vie », a insisté le porte-parole du ministère, qui dépend du Hamas.
RSF saisit la Cour pénale internationale
L’organisation Reporters sans frontières a annoncé mercredi avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes de guerre commis à l’égard de journalistes en Palestine et en Israël. Dans un communiqué, RSF précise que la plainte porte sur les cas de neuf des journalistes tués depuis le 7 octobre, et de deux autres journalistes blessés dans l’exercice de leurs fonctions. Elle pointe également la « destruction intentionnelle, totale ou partielle » des locaux de plus d’une cinquantaine de médias à Gaza.
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L’Unicef alerte sur le nombre d’enfants morts dans le cadre du conflit
L’association de défense des droits de l’enfance a alerté sur le « massacre d’enfants » dans le cadre du conflit au Proche-Orient. « Depuis les premiers jours des hostilités sans précédent dans la bande de Gaza, l’Unicef a insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu humanitaire immédiat », a rappelé James Elder, le porte-parole de l’organisation, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. « Aujourd’hui, nos pires craintes concernant le nombre d’enfants annoncés tués, passant de dizaines à des centaines puis à des milliers, se sont concrétisées en l’espace de quinze jours », a-t-il poursuivi.
Plus de 3 450 enfants ont ainsi perdu la vie depuis le début de l’offensive israélienne lancée après l’attaque du Hamas le 7 octobre. Un chiffre qui augmente de manière significative chaque jour, alerte le représentant de l’organisation, expliquant que Gaza est devenue un « cimetière d’enfants ». Il alerte également sur les problématiques liées aux traumatismes et à l’eau. La capacité de production d’eau à Gaza n’est plus que de 5 %. De nombreux enfants, dont des nourrissons, pourraient donc mourir de déshydratation avant même que les bombes ne les atteignent.
L’Iran appelle les pays musulmans à rompre leurs relations commerciales avec Israël
« Les gouvernements musulmans doivent bloquer les exportations de pétrole et de nourriture vers le régime sioniste et ne pas coopérer économiquement avec Israël », a exhorté l’ayatollah Ali Khamenei lors d’un discours tenu à Téhéran mercredi, dans le contexte du conflit au Proche-Orient. Ce dernier a pointé le rôle des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, qui se sont selon lui « opposés à la nation palestinienne opprimée ». « Le monde musulman ne doit pas oublier », a-t-il déclaré.
Plusieurs pays d’Amérique du Sud prennent leurs distances avec Israël
Plusieurs pays d’Amérique du Sud, comme la Bolivie, ont annoncé couper leurs relations diplomatiques avec Israël dans le cadre du conflit au Proche-Orient. La Bolivie a justifié cette prise de distance « en signe de rejet et de condamnation de l’offensive militaire israélienne agressive et disproportionnée menée dans la bande de Gaza ». Le Chili a dénoncé de son côté des « violations inacceptables du droit humanitaire » tandis que la Colombie un « massacre ».
Le Chili et la Colombie ont rappelé mardi leurs ambassadeurs en Israël pour marquer leur désaccord avec la guerre que mène Israël à la Palestine. Le Chili a déclaré « condamner avec énergie » et observer « avec une grande préoccupation » les opérations militaires israéliennes, dénonçant un « châtiment collectif pour la population civile palestinienne à Gaza ». Le président colombien, Gustavo Petro, a déclaré sur X avoir « décidé de convoquer » l’ambassadrice en Israël, Margarita Manjarrez. « Si Israël ne cesse pas le massacre du peuple palestinien, nous ne pouvons pas rester », a-t-il justifié."
Mediapart, 1er novembre 2023