"Depuis le 7 octobre, plus de 1 400 personnes ont péri en Israël d’après les autorités, majoritairement des civils tués le jour de l’attaque du Hamas, la plus meurtrière de l’histoire d’Israël. Le Hamas a également fait plus de 240 otages, emmenés à Gaza.
Les bombardements israéliens en représailles sur la bande de Gaza, où le Hamas est au pouvoir depuis 2007, ont fait 10 328 morts, selon le dernier bilan du ministère de la santé du Hamas mardi. Parmi les morts recensés à ce jour figurent 4 237 enfants et 2 741 femmes, a indiqué le ministère, ajoutant que près de 26 000 personnes avaient été blessées.
"MSF appelle à un cessez-le-feu, « une urgence vitale »
L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a appelé mardi à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, « condition sine qua non » pour organiser la réponse humanitaire et question d’« urgence vitale » pour la population du territoire palestinien sous le feu israélien.
MSF a décrit une « situation humanitaire catastrophique » dans le territoire en proie à « une guerre totale », selon la directrice de l’organisation Claire Magone. « La population est exsangue et les secouristes pratiquement impuissants », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation à Paris.
« Aujourd’hui, il n’y a que des signes d’humanité en trompe-l’œil et des discussions dilatoires », a-t-elle dénoncé, en évoquant les « pauses tactiques » discutées entre Israël et Washington pour permettre des répits humanitaires.
MSF, qui compte quelque 300 employé·es palestinien·nes, a pu faire évacuer il y a quelques jours ses 22 membres expatrié·es, mais espère faire rentrer très rapidement une nouvelle équipe.
« La situation à Gaza était intenable dès le début, aucun endroit n’est en sécurité, c’est une guerre totale, une tragédie sans échappatoire », a raconté Louis Baudoin-Laarman, responsable de la communication de MSF pour la Palestine, qui figurait parmi les évacué·es.
Il a évoqué « les bombes qui tombent partout », les camps de l’ONU surpeuplés où s’entassent des dizaines de milliers de déplacé·es dans des conditions désastreuses. « À Khan Younès (sud de la bande de Gaza), il y avait quelque 45 000 personnes, huit toilettes, deux heures d’eau toutes les douze heures », a-t-il raconté.
À ses côtés, le responsable du programme Urgences de MSF, Michel-Olivier Lacharité, a évoqué le système de soins saturé. « Il y a 3 500 lits dans la bande de Gaza, dont 2 000 au nord, alors que les blessés sont, selon les autorités, de Gaza au nombre de 25 000 », a-t-il dit.
« Les hôpitaux sont traditionnellement des lieux de refuge à Gaza. Ce n’est plus le cas, il n’y a plus de lieux sanctuarisés », a-t-il poursuivi.
« Seul un cessez-le-feu peut permettre d’organiser les secours et permettre une réponse humanitaire », a-t-il insisté, relevant que quelque 500 camions d’aide sont entrés à Gaza par la frontière égyptienne en un mois, alors qu’en temps normal, ce nombre est quotidien."
Fil du jour, Mediapart, 7 nov 2023
« On a promis de raconter ce qui se passe à Gaza » : un salarié de MSF raconte le calvaire dans l’enclave
Libération, 7 novembre 2023
"Responsable de la communication de Médecins sans frontières en Palestine, Louis Baudoin-Laarman a réussi à quitter l’enclave le 1er novembre, après trois semaines d’un enfer qu’il a raconté lors d’une conférence de presse à Paris, mardi, investi d’un « devoir de témoignage » envers ses collègues et amis restés sur place.
"Otages du Hamas : à Paris, un rassemblement pour « interpeller » au-delà de la communauté juive. Rubans rouges sur la bouche, pancarte à la main : quelque 240 personnes ont participé mardi à Paris, place du Trocadéro, à un « happening » pour appeler à la libération des otages enlevés il y a un mois, jour pour jour, par le Hamas en Israël. Pendant une heure, entre silence et chants, les volontaires ont chacun porté une pancarte avec le nom, l’âge et une photo d’un otage du Hamas, surmontés de la mention « kidnappé(e) » sur fond rouge, et d’un QR code renvoyant au site du collectif. Au fond, une ligne de pancartes interrogeait : « 30 jours, qu’avez-vous fait ? » Sur place, le président du Crif Yonathan Arfi a confié son désir d’entendre « plus de grandes consciences françaises sur cette question des otages, qui n’est pas politique mais avant tout morale et humanitaire ».
Des familles d’otages du Hamas devant le Congrès américain."
Fil du jour Libération, 7 octobre 2023