poster message en reponse
À la masse ! - epujsv - 13 novembre 2023 à 16:03

À Gaza, « c’est le début de l’exode, l’humiliation qui commence »
Mediapart, 13 novembre 2023

"L’armée israélienne, qui poursuit son avancée dans la bande de Gaza, a annoncé être entrée dans le camp de réfugiés d’Al-Shati. Toute la ville de Gaza a été la cible ces deux derniers jours de frappes aériennes qui ont poussé des milliers de familles à se déplacer vers le sud. Témoignages.
[...]
"Un déplacement forcé filmé par les quelques journalistes gazaouis encore en mesure de travailler. Sur les images, pas de voitures : il n’y a plus de carburant. La fuite vers le sud de la bande de Gaza se fait à pied, sur une charrette tirée par un âne ou un cheval. Les enfants portent sur leur dos leur cartable, les personnes les plus âgées sont soutenues à tour de rôle par leurs proches."

De cette foule qui marche dans la même direction ne s’élève quasiment aucun bruit. Pas de cris, pas de larmes. Juste le bruit des pas, et le grincement des roues des charrettes usées. Sur l’une d’elles, toute une famille s’est hissée. Au centre, un homme se lève et montre un bébé à Motaz Azaiza, un journaliste palestinien. Le nourrisson ne bouge pas, son teint est cireux. Il faut quelques secondes au photographe pour comprendre que l’enfant est mort.
[...]

Drapeaux blancs improvisés

Rami Abou Jamus ne voulait pas quitter son appartement de Gaza City. « Par principe », disait-il. Père d’un garçon âgé de deux ans, Walid, il avait l’espoir de ne pas lui faire vivre un déplacement forcé. Mais dans la nuit de vendredi à samedi, la violence de l’offensive aérienne et terrestre l’a poussé à sortir de chez lui avec Sabah, sa femme. Rami Abou Jamus, habitué à travailler avec des journalistes, a tout filmé.
[ Ici, extrait sur France 24 English - Attention, c’est très difficile, comme l’est la lecture de cet article et bien d’autres ]

« Je veux montrer cette vérité que les gens ne veulent pas croire. Je suis triste d’entendre les médias mettre en doute la parole des Gazaouis ! C’est toujours notre parole contre la leur, et c’est toujours la leur qui gagne »

[...]

Quelques minutes plus tard, les habitant·es sont dans la rue et pressent le pas sur le trottoir. Un homme âgé a du mal à marcher mais refuse d’être porté. Il faut faire vite pour rejoindre l’hôpital Al-Shifa, point de départ de l’un des corridors humanitaires définis par Israël.

[...]

Tirs sur le convoi, malgré le « corridor humanitaire »

Soudain, des balles sifflent. Un tir, un deuxième… une dizaine claquent au total. Le groupe continue à avancer mais, trente secondes plus tard, on entend un homme hurler de désespoir, il tient dans la main un drapeau blanc confectionné avec un T-shirt. À côté de lui, le corps de son fils gît face contre terre. Du sang s’écoule de sa tête. Ahmed, un jeune voisin de Rami Abou Jamus, vient d’être visé par un tir.
[...]

Rami filme toujours. Et dans ses bras toujours, Walid, son fils. Les cheveux en bataille, les yeux grands ouverts, le petit garçon de deux ans s’accroche à l’épaule de son père. Un peu plus loin, une femme est à terre, elle aussi blessée par balle. « Ce sont des tirs depuis des drones, assure Rami Abou Jamus. Les soldats israéliens ont peur d’aller dans les rues, avec ça ils ont la possibilité de tirer depuis leurs chars.

[...]

Ahmed, le jeune voisin, est mort dans la cour de l’hôpital Al-Shifa quelques heures après avoir été touché par ce tir. Sa blessure était trop grave pour être prise en charge par les médecins surchargés. Il a été tué alors qu’il fuyait.

[...]

« Ces bébés prématurés sont victimes du siège. Nous sommes très inquiets aujourd’hui pour l’ensemble des maternités », explique Guillemette Thomas, coordinatrice de la mission Palestine pour MSF. Cinquante mille femmes sont enceintes en ce moment dans la bande de Gaza, selon plusieurs ONG. Deux cents accouchent chaque jour d’après les estimations de MSF. Des accouchements chez elles, ou dans les écoles ou les salles ouvertes pour les déplacé·es internes.

« Les bombardements déclenchent des contractions chez les femmes enceintes », rappelle le Dr Zouhair Lahna, chirurgien obstétricien pour l’ONG Mehad. « Dans toutes les guerres, il y a une augmentation du nombre de fausses couches ou de naissances prématurées. Si les fausses couches ne sont pas prises en charge rapidement parce qu’il n’y a pas d’ambulance, cela entraîne le décès des femmes. » Plongé·es dans cette guerre, les mères et leurs bébés sont les victimes invisibles d’une violence qui semble désormais sans limites. "


#45672



Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Qui êtes-vous ?