Direct du Monde, 4 décembre 2023
" L’Organisation mondiale de la santé sommée d’évacuer un local du sud de la bande de Gaza, selon son directeur général.L’armée israélienne a ordonné à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’évacuer dans les vingt-quatre heures son entrepôt médical du sud de la bande de Gaza, « car les opérations terrestres le rendront inutilisable », écrit lundi soir le directeur général de l’instance, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur X.
« Nous appelons Israël à retirer cet ordre et à prendre toutes les mesures possibles pour protéger les civils et les infrastructures civiles, y compris les hôpitaux et les installations humanitaires », ajoute-t-il.
—
"L’ONU craint un « scénario encore plus infernal » à Gaza
Lynn Hastings, coordinatrice humanitaire des Nations unies (ONU) pour les territoires palestiniens, émet de fortes craintes sur la capacité à poursuivre les opérations humanitaires dans la bande de Gaza, alors qu’Israël resserre l’étau sur le territoire palestinien.
Depuis la reprise des hostilités le 1er décembre après une trêve de sept jours, « les opérations militaires israéliennes se sont étendues au sud de Gaza, forçant des dizaines de milliers d’autres personnes à fuir dans des espaces de plus en plus concentrés, avec un besoin désespéré de nourriture, d’eau, d’abris et de sécurité », déclare-t-elle, lundi, dans un communiqué.
« Les conditions nécessaires pour fournir de l’aide à la population de Gaza n’existent pas. Si c’est possible, un scénario encore plus infernal est sur le point de se réaliser, auquel les opérations humanitaires ne pourront peut-être pas répondre », ajoute-t-elle. « Personne n’est en sécurité à Gaza et il ne reste plus nulle part où aller », insiste la Canadienne, qui rejette dans ces conditions l’idée de « zones sûres » évoquées par les Etats-Unis. Ces zones ne peuvent être « ni sûres ni humanitaires quand elles sont déclarées unilatéralement », dit-elle.
« Ce que nous voyons aujourd’hui sont des abris sans place, un système de santé à genoux, un manque d’eau propre et potable, pas d’assainissement et une alimentation insuffisante pour une population mentalement et physiquement épuisée : une recette parfaite pour les épidémies et une catastrophe de santé publique », décrit-elle, déplorant l’insuffisance de l’aide humanitaire et du carburant pouvant entrer dans la bande de Gaza.
« L’espace permis pour la réponse humanitaire à Gaza se réduit constamment », avec la fermeture désormais aux équipes et camions de l’ONU de deux routes majeures traversant le territoire, dénonce encore la responsable onusienne basée à Jérusalem, dont le visa ne sera pas renouvelé par Israël qui l’a accusée de ne pas être « impartiale ».
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, réclamant une nouvelle fois un « cessez-le-feu humanitaire durable à Gaza » et la libération de tous les otages, a de son côté appelé les forces israéliennes à « éviter de nouvelles actions qui pourraient exacerber la situation humanitaire déjà catastrophique à Gaza et à épargner aux civils plus de souffrances »."