Gaza : les zones sécurisées sont "impossibles" à mettre en oeuvre
L’Orient-Le Jour/AFP 5 décembre 2023
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« Ces zones ne peuvent être ni sûres ni humanitaires lorsqu’elles sont déclarées unilatéralement », a affirmé James Elder, le porte-parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) qui vient de passer plusieurs jours dans le territoire palestinien. S’exprimant en visioconférence depuis Le Caire, il a ajouté que ces zones « ne sont pas scientifiques, elles ne sont pas rationnelles, elles ne sont pas possibles ».
« Et je pense que les autorités en sont conscientes. Je pense que c’est sans coeur et que cela montre un renforcement de l’indifférence à l’égard des enfants et des femmes de Gaza », a-t-il dit, qualifiant la situation de « déchirante » et de « déconcertante ».
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Le porte-parole de l’Unicef a expliqué aux journalistes à Genève que l’on peut parler de zones sécurisées lorsqu’il est possible de garantir à la population un accès à la nourriture, l’eau, des médicaments et des abris.
Il a raconté que ce qu’il avait vu lors de son déplacement à Gaza était loin d’être des zones sécurisées. Il a notamment souligné l’absence de toilettes et de système d’assainissement, assurant que ces endroits risquaient surtout de devenir des lieux où les maladies allaient se propager.
« Israël est la puissance occupante, il doit fournir de la nourriture, des médicaments et de l’eau. (...) Seul un cessez-le-feu sauvera les enfants de Gaza », a souligné M. Elder.
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Au moment où la guerre entre Israël et le Hamas atteint son 60e jour, et alors que l’armée israélienne a étendu son offensive dans le sud de la bande de Gaza où elle a mené des frappes meurtrières et envoyé son infanterie dans la grande ville de Khan Younès pour y mener des combats au sol, le gouvernement du Hamas annonce un nouveau bilan de 16 248 morts.
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138 otages israéliens et étrangers sont toujours détenus dans la bande de Gaza. Le cabinet du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé à l’AFP ce mardi 5 décembre que 138 otages israéliens et étrangers sont encore détenus dans la bande de Gaza, après avoir ajouté à la liste une personne jusque-là considérée comme portée disparue. Le cabinet n’a voulu donner aucun détail sur l’otage en question (identité, âge, sexe…) ou sur la façon dont les autorités avaient confirmé sa situation. Ces dernières ont affirmé qu’environ 240 personnes avaient été emmenées de force à Gaza par les combattants palestiniens du Hamas le 7 octobre. La semaine de trêve, du 24 novembre au 1er décembre, a permis la libération de 105 otages, dont 80 Israéliens. Cinq autres otages avaient été libérés avant la trêve.
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« Actuellement, il n’est pas possible de ramener tous les otages à la maison », aurait avancé Benyamin Nétanyahou lors d’un échange avec des familles des otages. Selon les informations des médias israéliens Haaretz et Times of Israël, Benyamin Nétanyahou aurait aussi déclaré lors de cette réunion menée avec d’autres membres du cabinet de guerre : « Peut-on imaginer que si une telle possibilité existait, quelqu’un aurait refusé ? ». Danny Miran, le père d’un otage détenu par le Hamas, a lui affirmé auprès du Haaretz que « cette réunion était une honte » et qu’elle « n’était pas organisée ».
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