À Gaza, « Israël veut tuer les journalistes témoins de ses crimes »
Mediapart, 8 décembre 2023
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"Avant le 7 octobre, il y avait 200 journalistes à Gaza, aujourd’hui, il n’y en a presque plus. Ceux qui n’ont pas pu prendre la fuite sont morts. Nos collègues sont chaque jour la cible de l’armée israélienne. Ils sont pris sous un déluge de bombes et ont, pour beaucoup d’entre eux, perdu des membres de leur famille. Ils n’ont ni eau ni électricité, et une connexion internet très limitée. Ils utilisent des batteries externes ou vont dans les hôpitaux pour recharger leur téléphone. Plus aucune radio n’émet à Gaza, leur bureau et leur matériel sont parfois détruits. Israël commet un crime contre l’information à Gaza. »"
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"Face à cette double crise, humanitaire et informationnelle, Nasser Abou Bakr exhorte la France, « pays des droits de l’homme », à faire tout son possible pour que ces principes soient aussi respectés et appliqués en Palestine. « Je lance un cri de détresse au peuple français. C’est une guerre contre les Palestiniens, contre l’humanité, contre les droits de l’homme et contre le droit international », a-t-il conclu."
"« Cela fait plus de cinquante ans que je défends les droits des journalistes. Jamais je n’ai vu un État tuer autant de reporters en si peu de temps », déclare Dominique Pradalié, présidente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), mesurant, désemparée, le prix que les journalistes palestiniens paient depuis deux mois pour informer sur la situation à Gaza. "
"Selon le dernier décompte du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 63 journalistes et professionnels des médias ont été confirmés morts depuis le 7 octobre, presque autant que sur l’ensemble de l’année 2022, dont 56 Palestiniens, 4 Israéliens et 3 Libanais. L’écrasante majorité d’entre eux ont été tués à Gaza,"
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"Au moment où nous écrivons ces lignes, l’AFP dispose toujours de correspondants bloqués sur place, qu’elle tente de faire évacuer de la bande de Gaza, pour l’instant sans succès. Dans une lettre ouverte, les organisations syndicales et la société des journalistes de l’AFP ont appelé le gouvernement français « à faire d’urgence tout le nécessaire auprès des autorités israéliennes et égyptiennes pour permettre l’évacuation de la bande de Gaza de [leurs] collègues gazaouis et leurs familles, et accueillir ceux qui le désirent sur le sol français en leur délivrant des visas »"