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À la masse ! - epujsv - 24 décembre 2023 à 10:57

Médiapart, 24 décembre 2023

Gaza : sans appel au cessez-le-feu, la résolution de l’ONU est la cible de nombreuses critiques
"Unanimement critiqué dans les territoires palestiniens, le texte voté vendredi par le Conseil de sécurité de l’ONU, sur lequel les États-Unies et la Russie se sont abstenus, n’appelle pas à l’arrêt de l’offensive israélienne à Gaza. Les organisations humanitaires dénoncent une hypocrisie."

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"L’attitude des États-unis, qui se sont abstenus, tout comme la Russie, interroge côté palestinien. Pour Amal Khreishe, cette position rend les États-Unis complices des crimes commis à Gaza : « Protéger les civils, faire respecter leurs droits fondamentaux comme l’accès à l’eau, à la nourriture, à l’électricité et aux soins médicaux, figure dans la Convention de Genève, il ne devrait pas y avoir d’abstention sur ce sujet. Utiliser la faim dans la guerre est contraire au droit international. »"

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"La directrice générale de MSF France attend d’avoir l’assurance que l’aide humanitaire ne sera pas bombardée. Ce qui nécessite, autrement dit, l’arrêt durable des bombardements visant la population civile. « Sans cessez-le-feu, l’objectif de la résolution, qui exige “un acheminement immédiat, sûr et sans entrave d’une aide humanitaire à grande échelle” a un caractère incantatoire et ne peut pas être atteint. »"

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« Il n’y a qu’une solution, c’est le cessez-le-feu, insiste Jean-Raphaël Poitou [ Action contre la faim], responsable du plaidoyer Moyen-Orient de l’association. Début décembre, les quelques jours de pause humanitaire n’ont rien changé. Le répit avait permis de laisser passer un peu plus de matériel, mais les besoins sont tels qu’une aide humanitaire transitant par Rafah, à la frontière égyptienne, ne peut pas suffire. »

D’après lui, il faut ouvrir d’autres entrées, à Kerem Shalom, au sud – le point d’accès est officiellement ouvert par les autorités israéliennes, mais rien de significatif n’y passerait actuellement –, et à Erez, au nord – là où l’attaque terroriste avait été lancée par le Hamas le 7 octobre. Il faut également rouvrir l’acheminement en eau potable, coupé par Israël sur deux des trois points d’accès pour Gaza. La situation d’insécurité alimentaire est telle que des camions ont été pillés."

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"Les gens n’ont plus aucune rentrée d’argent depuis plus de deux mois, ce qui les rend complètement dépendants de l’aide extérieure. Les marchés sont vides, le peu qui reste dans les magasins est rationné pour donner la priorité aux enfants et aux personnes âgées, il n’y a plus de farine et plus d’eau propre pour faire le pain. Et faute d’aliments pour leurs animaux, les éleveurs abattent leurs bêtes, donc le peu de produits laitiers locaux qui se faisait à Gaza est sur le point de disparaître. »"

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"Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences-Po Paris et fin connaisseur de la région, voit même, dans le texte onusien, une résolution « contre-productive ». « Le Conseil de sécurité a pour fonction de favoriser et de garantir la cessation des hostilités et le maintien de la paix. Or il n’y a dans ce texte aucune mesure contraignante de nature à faire arrêter les opérations des belligérants. C’est de la pommade humanitaire, et l’on n’a pas besoin d’une résolution du Conseil de sécurité pour cela. »

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