Palestine : le soutien de la France à la CPI creuse les fractures dans le camp macroniste
"La position du Quai d’Orsay, qui s’est dit favorable à ce que la Cour pénale internationale requiert des mandats d’arrêt contre Benyamin Nétanyahou et son ministre de la défense, embarrasse la majorité présidentielle, déjà divisée sur le conflit israélo-palestinien depuis le 7 octobre."
Médiapart, 22 mai 2024
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"Du côté des élus pro-Israël en revanche, la décision de la CPI et son soutien par le Quai d’Orsay ont suscité une colère aussi intense que silencieuse. Contactés, ni le président du groupe d’amitié France-Israël, Mathieu Lefèvre, ni celui du groupe Renaissance à l’Assemblée, Sylvain Maillard – qui avait critiqué la ligne jugée trop « pro-arabe » du Quai d’Orsay depuis le 7 octobre – n’ont répondu à nos demandes.
Brièvement interrogé sur le sujet dans les couloirs du palais Bourbon, Sylvain Maillard s’est contenté d’éluder : « Je ne commente jamais de décision de justice, qui plus est internationale. Juste, je m’étonne qu’on mette dans les mêmes propos des terroristes du Hamas et le premier ministre d’Israël. »
Seule députée macroniste à s’opposer à voix haute à la décision de la CPI, Caroline Yadan a publié lundi sur le réseau social X un long texte dans lequel elle juge qu’« il n’existe, en l’espèce, aucune base factuelle ou juridique concernant les demandes de délivrance de mandats d’arrêt internationaux contre les hauts responsables israéliens ». Elle y écrit aussi que la décision de la CPI équivaut selon elle « à juger les Nazis ET les Alliés au Procès de Nuremberg » et que la décision du procureur relève d’« une vendetta politique déguisée » contre l’État hébreu."
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