Un PdB... dépassé !
Unique contrepoids à l’unanimité dictatoriale ambiante concernant la foire à neuh-neuh autrement dénommée « Printemps de Bourges », nous vous proposons le contre-bilan de l’édition 2006, que personne, pas même à gauche n’ose présenter. Un PdB qui aura battu tous les records de gigantisme et de trahison...
Incroyable ! On croyait avoir tout vu en matière de Printemps des lâchetés depuis des années au PDB... Du chaos social bien vite oublié (il n’aura servi qu’à faire repérer les intermittents résistants par la direction du Printemps) au rouleau compresseur de ce 30ème anniversaire, cette édition 2006 ne restera dans les mémoires que pour être le plus grand sommet du gigantisme, des lâchetés et des renoncements définitifs. Rouleau compresseur qui en passant nous aura fait oublier que les affaires de tueurs se poursuivent puisque pendans’temps-là, l’UMP tueuse du département élisait à sa tête le plus effacé des présidents... Mais revenons à nos moutons du PDB et du Teknival.
Rappelons-le, ce PdB a tout pour être une immense machine à écraser. Certes, il reste les Découvertes qui, comme le confirme le leader de Mickey 3D, sont de moins en moins efficaces. Par contre, l’organisation du PdB a atteint son sommet, sa masse critique : monstrueuse couverture par les médias avec le règne du plus bête de Canal + , la moitié des grands sites de la ville gérée à l’année par le PDB, la plus grosse société de spectacle, une dizaine d’assos satellites, de nombreux Zéniths, une influence considérable au Ministère de la Culture, les rues de notre ville livrées aux marchands du PDB, les plus importantes subventions culturelles de toutes les collectivités locales et les plus gros sponsors privés de la Région.
On ajoutera à tout ça, le Teknival officiel avec plus de 80.000 allumés, et on comprendra que le dirlo du PdB a évidemment atteint la masse critique... qui pourrait le conduire à l’implosion.... Nous l’espérons sincèrement.
Concernant les concerts, on aura noté cette volonté de la direction du PdB ne pas célébrer ce 30ème anniversaire. Normal, l’amnésie est de rigueur au PdB car il s’agit d’oublier définitivement les origines contestataires de l’événement, nous y reviendrons !
Comme à son habitude, les puissants du Berry ont eu l’impression d’exister en se frottant aux divers ministres et politiques en tous genres. A cet égard, par un heureux hasard, le co-fondateur de l’Agitateur, Jean-Michel Pinon, s’est retrouvé face à Jack Lang qui l’a congratulé d’un : « Il faut de l’impertinence dans cette société qui en manque ! ». Un bel encouragement qui ne mange pas de pain - mais beaucoup de champagne - et qui a suivi le débat sur la culture organisé lors de la venue de M.G. Buffet.
Un débat ô combien rigolo, on s’en doute : on a célébré la grandeur du PdB et la nécessité de travailler avec la grosse machine. Bon, y’a eu quelques grincements quand une question a fusé sur le soutien de la gauche locale à un festival qui célèbre largement le libéralisme des entreprises (le beau « Club des entreprises du Cher » !) et les grandes majors du disque. Mais, rien à faire : on en est resté à un constat de renoncement, à savoir composer avec la réalité (le rouleau compresseur du PdB). Grand moment de sincérité tout de même, puisque la fondatrice de la Friche très applaudie par un public conquis, a conclu son intervention par un grand : « Nous n’avons rien contre l’institution, au contraire ! ». Cela, on le savait depuis longtemps, mais cet aveu, il faut le reconnaître, a eu le mérite de clarifier un renoncement surtout connu par les gens du métier.
Pour le reste, revenons rapidement sur les concerts à plus de 35 euros ( !!!) qui ont eu, selon la formule consacrée, un vif succès. Comme d’habitude, on a vu des salles où les porteurs de cartes, exonérés de payer... étaient supérieurs aux non porteurs de cartes qui, eux, payent ! CQFD : pour ne pas se ruiner au PdB, il faut appartenir à la caste des puissants qui boivent à l’abreuvoir du Printemps, c’est-à-dire, à peu près tout le Berry puissant.
Beau Berry puissant de la Kulture qui s’est d’ailleurs retrouvé au Magic Miror pour la remise de décoration au grand chanteur anarchiste reconverti dans la direction culture pour la pire des institutions, je veux parler de la Mairie de Bourges. Quelle émotion ! Tous les cultureux de Bourges étaient présents pour célébrer le renoncement aux idéaux, renoncement qui aura finalement le mieux caractériser ce tournant de siècle (pensons à Serge July et aux autres...). Qu’ils étaient beaux et émus tous les invités de la réception pour décorer l’anarcho reconverti . Mais quel symbole de renoncement !
Pour terminer ce rapide tour d’horizon d’un Printemps de toutes les lâchetés, Printemps dépassé qui a atteint sa masse critique, nous terminerons par cet espoir de revoir un véritable off se mettre en place à Bourges.
N’espérons pas voir la direction du PdB reconnaître sa trahison et les risques d’explosions dus à une indigestion d’omnipuissance. Mais rappelons-le, on peut peut-être encore espérer dans un sursaut des « alternatifs de Bourges et d’ailleurs » qui, n’en doutons pas, en revenant à un PdB humain, récolteront autant d’applaudissements que notre belle fondatrice de la Friche de Bourges, représentante durant tant de courageuses années, de l’unique rempart au rouleau compresseur du PdB !