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Transports ferroviaires : un rapport sans concession - Alain Cordelier - 16 août 2008 à 00:05

Et une ânerie de plus de Ph. Bensac sur les questions du rail !

Comment faudra-t-il lui expliquer qu’il n’est pas rentable pour un actionnaire privé d’acheter des actions d’une entreprise aussi colossalement endettée et qu’investir dans des infrastructures ferroviaires n’est pas raisonnable, compte tenu de l’énormité et de la durée du retour sur investissement (plus de 30 à 50 ans) ? L’affaire Eurotunnel n’est-elle pas suffisamment révélatrice ?

Encore une fois, seul un Etat a les moyens de financer et d’amortir la construction et l’entretien d’un réseau ferroviaire glonbal. Et c’est pareil pour la construction d’autoroutes. C’est l’état, directement (comme l’A 20) ou indirectement par le biais de ses SEMCA (ASF, SAPRR, ESCOTA, etc...) qui seul pouvait financer la construction du réseau français à partir de la fin des années soixante. C’est toujours la question de l’importance des sommes à mobiliser et de la très longue durée du retour sur investissement qui commande cette façon de faire.

Ph. Bensac préconnise en plus de remplacer la SNCF par plusieurs entreprises privées chargées de faire circuler lest trains. La méthode "Bensac" pour résorber la dette de RFF revient en fait à augmenter très fortement le prix des billet de chemin de fer ou des subventions des Régions aux TER. C’est d’ailleurs ce qui se passe déjà aujourd’hui pour le gaz et l’électricité, alors même que le processus de privatisation du marché de l’énergie est loin d’être achevé.

Ce type de solution se termine toujours au détriment des usagers et des contribuables, pour le plus grand bénéfice des actionnaires privés. En outre, la multiplication d’opérateurs privés pour faire circuler les trains sur un même réseau pose beaucoup plus de problèmes qu’avec une seule entreprise intégrée sur un réseau qu’elle maîtrise complètement.

Enfin, faut-il rappeler à Ph. Bensac que lorsque RFF a été créé en 1997 par le ministre (RPR) Bernard Pons du gouvernement Juppé , la dette ferroviaire s’élevait à environ 180 milliards de francs alors que Fiterman avait déjà quitté le gouvernement depuis 15 ans, n’y était resté que 3 ans et que Gayssot ne serait nommé ministre que 3 mois plus tard !

Ah, si Ph. Bensac pouvait arrêter de dire n’importe quoi au sujet du rail !

Alain Cordelier


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