J’entendais ce matin un véritable chroniqueur de gauche, à savoir le patron de libé, qui rendait hommage, une fois n’est pas couttume, à SARKO, en expliquant son courage politique à fustiger contre sa majorité parlementaire les tests ADN dans le cadre des regroupements familiaux, idem pour deux autres dossiers.
Bref, il reconnaissait ce matin la vertu démocratique de la réforme constitutionnelle qui se retourne contre l’exécutif en donnant des pouvoirs étendus aux Députés.
L’alternance aura lieu et par conséquent, les véritables démocrates savent reconnaitre les réelles avancées.
Voici comment un homme de droite, mais républicain, juge les réelles avancées du régime sarkozyste, en matière de respect de la démocratie. J’ai pris en note cette intervention de Jean-Louis Bourlanges dans l’émission "l’Esprit public" animée par Philippe Meyer, le dimanche à 11 heures. En fin d’émission, les invités donnent leur sentiment sur une question d’actualité ou présentent un livre. C’était le 20 septembre, et voici ce que Bourlanges a déclaré :
"Je voudrais simplement dire mon extrême indignation devant la décision du ministre de l’immigration concernant la non application de la loi ADN. Je suis totalement opposé à cette loi. Je ne l’aurais jamais votée. Je considère que c’est une loi idiote. Il faudrait l’abroger. Mais je trouve stupéfiant que dans un système républicain un ministre puisse dire à la représentation nationale : "la loi que vous avez votée, je n’en ai que faire. Je ne l’appliquerai pas moi ministre, parce que le Président de la République (qui a une fois encore changé d’idée fixe) a décidé qu’on ne l’appliquerait pas. Et bien là je me demande vraiment comment les gens qui sont responsables de l’organisation des pouvoirs publics, qui doivent veiller à leur fonctionnement régulier peuvent s’accomoder d’une atteinte aussi caractérisée à la Constitution. Il fallait comme on a procédé en d’autres temps, par exemple sur les lois Villepin etc. [Bourlanges parle du CPE], il fallait dire la loi n’est pas applicable pour telles et telles raisons, il fallait soumettre un projet de loi rectificatif à l’Assemblée nationale. Mais là, tout le monde se fiche du Parlement alors même qu’on vient de réviser la Constitution pour lui donner des pouvoirs supplémentaires. Confusion des sentiments, et confusion des esprits."
Comment s’accomoder de telles atteintes à la Constitution ? Bensac s’en accomode fort bien. Confusion des sentiments, et confusion des esprits (y compris chez des crétins qui écrivent dans de pseudos journaux de gôche) Il juge même que c’est une conquête démocratique. On n’a certainement pas la même conception de la démocratie. Pas la même conception de la République. Il est heureux qu’il y ait encore des gens, même à droite, pour s’en indigner. Monsieur Bourlanges soutiendra-t-il à nouveau Sarkozy en 2012 ? Le sarkozysme et les sarkozystes sont des dangers pour la démocratie.