Un citoyen, en 2009, a la possibilité de faire des choses incroyables. Il peut adhérer à un parti politique, ouvrir un blog et s’y exprimer librement. C’est exactement ce qu’à fait un militant du Modem. Oui, mais à Bourges, tout n’est pas si simple. Et à l’avenir, ça devrait être de moins en moins simple...
Orange Berruyère a adhéré au Modem de François Bayrou en Mai 2009. En toute connaissance de cause donc. Peu impliqué pour l’instant, il a décidé d’ouvrir, au début de l’été 2009, un blog afin de pouvoir commenter l’actualité locale ou nationale en toute liberté. Sur son blog, pas d’ambiguïté, sa qualité de jeune militant du Modem est bien signalée, le lecteur ne peut être pris par surprise. Orange Berruyère ne peut en aucun cas être confondu avec le site officiel du Modem du Cher. En juin, il a informé Franck Piffault, délégué départemental du Modem du Cher, de l’ouverture de ce blog. Depuis cette ouverture, Orange Berruyère n’a eu aucun retour négatif venant de militants, au contraire. Comme il le dit lui-même de nombreux militants du Modem à travers la France ont ouvert leur blog et s’y expriment librement. Orange Berruyère est désormais l’un d’eux.
Oui mais voilà, le 26 Août dernier, Orange Berruyère se fend d’un post sur le TGV au titre provocateur : Et si on devait se passer du TGV ?. Il n’en fallait certainement pas plus pour déclencher la colère de Philippe Bensac [1], monsieur TGV à Bourges. L’élu UMP se plaint auprès de conseillers municipaux modem et auprès d’Alain Tanton, élu [2] et leader du Modem. Alain Tanton ne connaît pas l’existence de ce blog et confirme à Philippe Bensac que le post d’Orange Berruyère ne correspond pas à la position du Modem du Cher sur le dossier TGV. De là, vraisemblablement, les conclusions un peu hâtives du maire-adjoint pour qui Orange Berruyère est un usurpateur.
Philippe Bensac va finalement découvrir qu’un militant peut s’exprimer librement sans s’aligner sur la position officielle du parti dont il est adhérent et sans l’aval de son chef. Car Orange Berruyère ne s’est jamais posé en porte parole du Modem du Cher ailleurs que dans l’esprit de Philippe Bensac. Bref, le maire-adjoint à la ville de Bourges s’est totalement planté, ce n’est pas grave, cela peut arriver à tout le monde. Mais cet évènement révèle l’attitude d’élus qui veulent tout contrôler et qui ne sont pas forcément habitués à être contredits sur des dossiers qu’ils pensent être les seuls à connaître. Et le premier réflexe de Philippe Bensac a été de faire planer une menace juridique sur la liberté d’expression d’Orange Berruyère tout en le décrédibilisant en l’associant à des pratiques peu recommandables d’usurpation d’identité ou de masques. Philippe Bensac qui se dit libéral, l’est visiblement uniquement au niveau économique ou dans le discours. Car dans les faits, il se comporte ainsi comme le pire des censeurs, se faisant même le défenseur de la loi LOPPSI 2 qui fera certainement se soulever l’internet français contre une loi ouvertement liberticide. Nicolas Sarkozy veut contrôler le seul espace de communication qu’il ne maîtrise pas. Il peut compter sur Philippe Bensac pour l’aider.
Ce micro-évènement préfigure bien ce qui risque de se passer à l’avenir : une menace juridique permanente planera sur les propos des internautes. Et les intimidations, les pressions seront de plus en plus importantes, les censeurs de tous poils pouvant exercer leurs talents en toute impunité. Ce n’est certes pas nouveau, et nous sommes bien placés à l’Agitateur pour le savoir. Il n’empêche que pérenniser cette situation, l’institutionnaliser, c’est aller à l’encontre de la liberté d’expression, c’est affaiblir la démocratie.
À l’Agitateur, on soutient bien entendu l’Orange Berruyère qui a parfaitement répondu à Philippe Bensac. Car entre Orange Berruyère et Philippe Bensac, on a eu la démonstration de qui était l’usurpateur. A ce jeu, l’élu UMP gagne haut la main, se montrant autoritaire, arriéré et menaçant et pas libéral pour un sous. Philippe Bensac est resté visiblement coincé dans les années 70 époque bénite de Giscard, du contrôle de l’information par l’état et du lancement du projet TGV. Il démontre une fois de plus, son absence totale de compétences et de culture internet. Ce ne serait pas si grave s’il n’était pas maire-adjoint NTIC à la mairie de Bourges et qu’il n’utilisait pas sa fonction pour défendre des lois liberticides...
Cet incident ne peut qu’encourager tous les internautes à être vigilants. Et des sites comme l’Agitateur à continuer le combat...
[1] Maire-Adjoint NTIC à la mairie de Bourges
[2] Président de l’Agglomération de Bourges, Premier Maire Adjoint de Bourges, Conseiller Régional du Centre