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Google, le nouveau mal ? - Eulalie - 19 décembre 2009 à 01:34

Non, moi non plus je ne vois pas comment une formule mathématique peut pénetrer dans les esprits des salariés de chez Google (qui ont un statut bien plus élevé que celui d’employé). Par contre, ce qui peut pénétrer les esprits des "employés", c’est de se voir appliquer une formule mathématique. Normalement, ça doit faire réfléchir, déranger. Bon, manifestement effectivement, les "employés" de Google ne se choquent pas de ce genre de méthode, qui , comme vous l’expliquez automatise des critères déjà utilisés "manuellement", techniquement par les chefs de projets etc... et je ne dirai pas "naturellement". Il n’y a rien de naturel là dedans, mais des procédés de gestion des RH. La chose importante aussi c’est que ce ne sont pas de simples employés. C’est une élite qui n’a pas à se soucier des méthodes infligées de motivation. Ils ont manifestement un savoir faire exceptionnel (que je serais bien en mal d’expliquer, car je ne comprends pas ce qu’ils font dans cette boite, ce qu’ils recherchent au juste, ça m’échappe totalement, on dirait qu’ils veulent tout indexer, algorithmer- ce en quoi je trouve que ça finit par relever de la maladie collective , au nom de l’"utile à tous") . Donc, comme ce sont des personnes qui font partie d’une élite, pour l’instant, ils n’ont pas à se préoccuper de la façon dont on les gère. Bien, pas bien, ils s’en foutent, ils peuvent se tirer ailleurs, pour une meilleure place. Le problème c’est que les méthodes de RH (non automatisés par une formule algorithmique) qui auparavant étaient appliqués à une élite s’est ensuite "démocratisée". Bref, qu’on soit balayeur ou chefs de projets maintenant on nous applique tous ces méthodes qu’elles soient pour remotiver, démotiver, "cultiver" du résultat, etc... et licencier. Donc, la petite formule mathématique de google pour calculer la motivation de ses "employés", est dangereuse pour tout le reste du monde du travail. D’autres boites s’en inspireront, puisque c’est utile, pratique.
L’autre jour, j’ai regardé un documentaire où, en France, on forme dans une haute école de commerce, buisness, management, nos futures élites : le formateur leur dit mot pour mot " Quand on restructure, on dégage. On prend un fichier Excel. On met des noms. Des gens que vous ne connaissez pas, donc, c’est pas grave. On s’en fout, d’accord ?". Donc, on n’ est pas loin de la formule mathématique automatisée de Google qui selon ce qui est expliqué, serait au contraire faite pour sélectionner les embauches et ensuite garder les sélectionnés. Mais le petit monde Google n’est pas plus propre qu’un autre. S’ils ont fait une formule mathématiques dans cet objectif, c’est aussi dans un autre. Leurs conditions de travail qui font si proprettes, si soignées, si classes mêmes, ridicules mêmes à la fin, avec leur petit monde enchanté, on se croirait sur l’Ile aux enfants, a quelquechose d’inquiétant. Tout comme cette volonté de tout indexer.

Comme vous le dites dans votre article, ils n’ont peut-être pas au départ réfléchi à la situation de pouvoir sur le net dans laquelle ils allaient se retrouver. Pas plus qu’ils n’ont l’air d’avoir réfléchi aux conséquences de la création d’un algorithme pour mesurer un individu au travail, en se basant sur des procédés qui prouvent chaque jour qu’ils pourrissent l’existence des individus au travail, en ne les considérant que comme des machines de productions. Google n’est pas nouveau mal, en effet, que ce soit dans ses conditions de travail (car appliquer une formule mathématique à un invidu dans le cadre de son travail est une condition de travail) ou dans ce qu’il ouvre comme possibilité d’indexation, d’enregistrement des individus, des choses, c’est juste une conséquence symptomatique d’une déraison propre au net, l’informatique,aux entreprises, qu’elles soient start up (les start up n’ont jamais été des endroits de travail sympathiques, ce n’est pas parce que c’était petit que c’était sympathique, l’esprit d’une start-up est féroce )ou multinationales.

Certes, l’utilisateur lambda de l’informatique, qui n’y connait rien, peut être rendu responsable de ses actes sur le net (comme celui qui balance ses photos de vacances, raconte sa vie privée, etc..) et peut-être il lui manque des explications, un enseignement de l’informatique, mais je me demande dans quelles mesures les informaticiens eux mêmes, donc par exemple ceux de google se sont instruits sur les enjeux de leur profession. Je ne crois pas qu’ils soient en mesure d’expliquer quelquechose sur leur profession. Leur profession n’est pas que technique, (d’ailleurs, peut-être aucun métier n’est que technique,) mais c’est à se demander s’ils réfléchissent. Je ne parle pas du PDG, car si j’ai bien compris ce n’est pas dutout un connaisseur en informatique, c’est juste un PDG. Ce que je me demande c’est ce qu’on leur a enseigné à l’Université, dans les Hautes écoles à ces informaticiens élites de chez Google...


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