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Google, le nouveau mal ? - bombix - 19 décembre 2009 à 06:13

Pas plus qu’ils n’ont l’air d’avoir réfléchi aux conséquences de la création d’un algorithme pour mesurer un individu au travail, en se basant sur des procédés qui prouvent chaque jour qu’ils pourrissent l’existence des individus au travail, en ne les considérant que comme des machines de productions.

Ça porte un nom précis. Ça s’appelle "la réification des rapports sociaux". Ça consiste à transformer les hommes en choses — comme telles quantifiables et mesurables, et les choses en marchandises, « cette chose complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d’arguties théologiques » (Marx) Incipit numerare incipit errare. Vouloir "nombrer", transformer en unités de compte ce qui ne peut pas l’être, là est le commencement de l’erreur. C’est le projet dément de transformer la qualité en quantité. Ce qui est vivant en ce qui est mort. C’est le coeur et le secret du mode de production capitaliste.« Il est des êtres malheureux qui, sans mourir, sont devenus des choses pour toute leur vie. Il n’y a dans leur journées aucun jeu, aucun vide, aucun champ libre pour rien qui vienne d’eux-mêmes [...] Cette chose aspire à tout moment à être un homme, une femme, et à aucun moment n’y parvient. » C’est Simone Weil qui écrivait ça après son expérience d’ouvrière d’usine. Le monde des bisounours de Google semble plus riant. L’aliénation n’en est pas moins réelle. Elle est même renforcée par l’adhésion du travailleur au projet de l’entreprise. L’esclave perd tout dans ses chaines, jusqu’au désir d’en sortir ...


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