Bref, en fait, vous nous parlez d’autocensure, non ?
Pas forcément. Simplement de prudence. Connaissant une situation, on adapte ses comportements pour se protéger. L’autocensure, ce serait s’empêcher de penser et de dire quelque chose. La prudence, c’est simplement se méfier des canaux qu’on utilise pour s’informer et échanger ... et ce n’est pas inutile de le dire, car je ne suis pas bien certain que le public soit très au fait de tout cela. J’ai découvert par hasard par exemple que dans une administration que je connais bien, un cadre pouvait lire le contenu des boites mails professionnelles, parce qu’il a le statut d’administrateur du serveur de courrier, et qu’il n’a pas besoin de mot de passe pour accéder aux comptes. Je ne suis pas certain que tout le monde le sache. Si l’administrateur est honnête, pas de problème. S’il a des tendances autocrates et qu’il veut surveiller son petit monde, la tentation peut être très forte d’aller surveiller le courrier de ses subalternes. Conclusion : mieux vaut utiliser sa boite pour faire transiter le courrier officiel, et utiliser une autre boite pour le courrier perso (oui, il arrive qu’au travail on échange du courrier perso !) ou les échanges syndicaux ! Pareil pour la photocopieuse centralisée qui conserve les images des travaux effectués, etc. Bref, c’est l’avènement de la société de contrôle. Pas inutile de le faire savoir. Et Google n’est jamais qu’une pièce dans cette grosse machine.