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Le chébilibilic - bombix - 29 décembre 2009 à 14:13

les auteurs de cet article ne font pas mieux. Pour moi, le simple fait de poser la question "Ce type est-il un alibi ?", c’est déjà de la stigmatisation. C’est voir dans Hassen Chébili sa couleur de peau et émettre la supposition que celle-ci a une influence

Vous noterez, d’abord, que nous n’avons pas parlé de "couleur de peau" ; en revanche, il est vrai qu’en abordant le "cas" Chebili, on ne peut guère mettre entre parenthèse la question de ses origines. Parce qu’il fait de la politique, et que, précisément, sur le terrain politique, la question des origines compte. Ce n’est pas nous qui l’avons inventée. La situation est comme ça. Vous avez peut-être entendu qu’un certain Besson, anciennement socialiste, ministre de la fermeture, a lancé un grand débat aux relents lepenistes sur la question de "l’identité nationale" ?
Donc maintenant qu’est-ce qu’il faut faire avec ça ? Faire comme si on vivait chez les bisounours et supposer que tout ce qui est affirmé dans les principes — par exemple dans la déclarations des droits de l’homme et du citoyen — est ce qui est vécu dans la réalité, ou prendre en compte la réalité, et bien reconnaître que des principes au réel, des droits reconnus au réel vécu, il y a parfois un abîme ? L’honnêteté me semble être dans la deuxième attitude. Malgré les droits, il y a de la discrimination. Comment se positionnent ceux qui, issus de ces communautés, prétendent faire de la politique ? Comment sont-ils utilisés ? Comment eux-mêmes instrumentalisent-ils leur différence et leur image ? Au service de quoi ? Voilà les questions et voilà pourquoi nous les avons rapidement posées. Hassen semble plutôt fier de ses origines, et il a bien raison. Hassen ne se reconnaît pas dans le discours victimaire, et il a toujours raison. Hassen a des convictions politiques, disons libérales-sociales, et c’est son droit le plus strict. C’est notre droit d’interroger ces convictions, en nous plaçant sur le terrain des conséquences supposées - vis à vis des populations les plus exposées en particulier. Ça s’appelle le débat politique. Nous avons cru déceler une certaine hésitation dans ses dernières prises de positions. Ces hésitations - qui ont peut-être un rapport avec l’histoire et l’origine de celui qui hésite, allez savoir ! — sont plutôt à son honneur, car au moins elles témoignent qu’il s’interroge. Nous posons des questions. Elles peuvent recouper celles que peut être lui même est en train de se poser. Ou pas. Cela ne nous importe peu. Nous ne sondons pas les coeurs ni les reins. Nous restons sur le terrain politique - public, ou les gens communiquent et posent des actes — mais doivent aussi les assumer.

Sans rancune également.


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