Vous dites qu’une institution peut conditionner ses aides à un festival en fonction de ses critères : c’est dangereux comme raisonnement parce qu’il peut s’appliquer à tout : à la programmation de la MCB, aux rencontres El qantara, à Emmetrop et j’en passe.
Excusez-moi, mais il me semble que c’est exactement ce qui se passe dans les structures associatives ou même à la maison de la culture avec la création d’un cadre juridique qui devrait permettre à la ville de Bourges d’avoir le total contrôle de la MCB. Nous ne vivons pas à Disneyland. Bien entendu que les collectivités portent un regard sur la programmation. Ils regardent les bilans, et disent "ce que vous faites est très bien mais nous avons des orientations pour développer davantage telle ou telle discipline artistique qui à nos yeux n’est pas assez mise en avant" etc... Pour les rencontres el Qantara, c’est par exemple exactement ce qui se passe, la ville prend le prétexte d’une classe de musique Arabo-Andalouse à l’école de musique (animée depuis plusieurs années par Rachid Guerbas, directeur de l’ensemble Albaycin à l’association El Qantara) pour dire que la musique arabo andalouse n’a pas besoin d’être davantage aidée (ce qui est ridicule car les rencontres El qantara ne comprennent chaque année qu’un concert de l’ensemble albaycin... en partenariat avec le conseil Général du Cher à la Salle du Duc Jean !!).
Donc évidement que les collectivités territoriales portent un regard sur la programmation. Ils n’interdisent la venue d’aucun artiste, mais ils sont libres d’accompagner ou pas telle ou telle orientation artistique. Et objectivement, concernant le cas concret qui est posé avec Orelsan, il y a de quoi se poser de sérieuses questions sur l’opportunité d’injecter autant d’argent public dans un festival qui a clairement des orientations artistiques commerciales et racoleuses.
pourquoi le PdB serait une sorte d’exception à ce niveau ? Je ne vois qu’une bonne raison : c’est l’image que donne le festival à la ville au niveau national. Dans ce cas, les aides ne doivent pas être attribuées au titre de la culture mais au titre de la communication ou du tourisme.