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Des nouvelles de la « NR » - jmp - 25 novembre 2009 à 00:54

Allez je vais être un peu provocateur : qui a manifesté de la solidarité avec la NR à Bourges ? Allons plus loin, la NR a-t-elle manifesté de la solidarité pour la NR ? Il faut bien reconnaître qu’il n’y a eu aucune mobilisation pour la NR, et en premier lieu parmi les intéressés. Le silence du BR a été certainement choquant, mais dans le silence général, pas vraiment plus scandaleux que l’atmosphère sinistre qui a accompagné l’enterrement de la NR dans le Cher.

bien entendu, j’ai été le premier à souligner ce silence général. et on peut se demander si à force d’endormir ses lecteurs, la NR n’a pas plongé pour dans un état de comas avancé. Mais ce n’est pas parce qu’une pratique est générale que c’en est pas moins scandaleux. Où alors on sombre dans le fatalisme.

C’est une pratique assez courante. S’il faut la condamner, autant la condamner partout.

Justement, je la condamne partout. Mais le sujet de cette brève est le la chute de la NR et les magouilles avec Centre-france.

Les journaux fusionnent parce qu’ils ont des impératifs économiques de survie, et que la presse régionale et la presse tout court fait face à une crise énorme. Les gens lisent de moins en moins les journaux, et surtout le lectorat ne se renouvelle plus, vieillit.
Pour le pluralisme de la presse, l’existence de deux titres est une condition nécessaire, mais non suffisante. L’exigence de ne pas déplaire conduit les journaux à adopter une ligne éditoriale lisse, consensuelle, bien formatée et au bout du compte plate — ce qui accélère au final le processus de désintérêt. Il n’y aura de solution au déclin que lorsque le public aura retrouvé le goût de lire les journaux, et quand ceux-ci seront suffisamment inventifs pour renouveler leur traitement de l’information et leurs supports. Le papier restera-t-il concurrentiel, alors que se développent des sources d’informations multiples et gratuites (ou données comme telles), et que les nouvelles technologies accèlèrent la dématérialisation des supports d’information avec un coût bien moindre ? Internet n’est pas la panacée, car le modèle économique du net n’a pas encore fait ses preuves. La situation est donc plutôt sombre. Maintenant, est-ce qu’il faut reprocher à un titre comme le BR d’essayer de surnager en attendant ? Est-ce que ce n’est pas confondre l’arbre et la forêt ?
L’existence de deux titres était d’ailleurs assez exceptionnelle. Je viens d’une région, l’est de la France, où ce mouvement s’est opéré il y a trente ans. Je ne dis pas que c’est bien. Je constate, c’est tout.

tu prêches un convaincu. Tout celà je l’ai dit 1000 fois dans l’agitateur, dès les premiers exemplaires papier. Quand je pointais la faible qualité rédactionnelle qui risquait de faire baisser les ventes, les journalistes du BR et de la NR étaient vachement corporatistes, presque méprisants, ils défendaient à mort la ligne de leur journal. J’aurai été presque amusé de lire que les journalistes de la NR à Tours ont dénoncé les travers stratégiques et rédactionnels que je mettais en évidence il y a dix ans, si cela n’avait pas pour conséquence de foutre des journalistes à la porte et de supprimer un titre.

Maintenant, est-ce qu’il faut reprocher à un titre comme le BR d’essayer de surnager en attendant ? Est-ce que ce n’est pas confondre l’arbre et la forêt ?

en attendant quoi ? Le déluge ? Ils ont déjà dix ans de retard par rapport au web à rattraper (ce qui explique qu’ils essayent maintenant de s’appuyer sur les blogs du Cher pour capter un peu de leur lectorat). Ils essayent de surnager uniquement en faisant des opérations commerciales, en fusionnant des titres etc. Mais ils ne remettent en rien en cause leurs contenus. Résultat ? Les groupes de presses vont se partager le territoire en faisant en sorte qu’ils ne soient pas en concurrence entre eux. Et ils vont continuer à nous resservir la même soupe, les mêmes communiqués mal découpés, les mêmes publi-reportages, les mêmes compte-rendus de manifestations, les mêmes faits divers etc.... Mais attention : le public aura le choix avec internet, les gratuits, les réseaux twitter et facebook. C’est un mauvais calcul que d’imaginer qu’à Bourges, parce que la NR a disparue, le BR va "surnager". Les sources d’informations locales vont bien au delà, désormais, du simple Berry républicain. En ne changeant pas leurs contenus, en ne se remettant pas en cause sur ces contenus, en ne se posant pas la question de savoir ce qu’il vont apporter en plus, ils sont en train de se saborder.


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