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Réflexions sur « la rupture tranquille », « l’ordre juste » et autres slogans de campagne

La rupture tranquille

lundi 19 février 2007 à 00:24, par bombix

Les observateurs en ont tous fait la remarque : ce qui caractérise la campagne présidentielle actuelle, c’est un brouillage des repères traditionnels. Auparavant, deux camps s’affrontaient, l’un conservateur et l’autre progressiste ; deux systèmes de valeurs également : les conservateurs sont traditionnellement défenseurs de « l’ordre », les progressistes militent pour « la justice ». Tout ce passe comme si « l’ordre » et la « justice » ne faisaient pas bon ménage. Car longtemps, on nous a sommé de choisir : faut-il préférer le désordre à l’injustice ? Sous entendu, si vous défendez la justice, vous êtes potentiellement vecteurs de désordre.
Avec l’effondrement des idéologies, cette logique binaire, qui ne pouvait déboucher que sur l’affrontement, tend à s’estomper. Serions-nous venus aux temps heureux de la synthèse ? Pourtant, dans le même temps, et parce que tout le monde s’accorde sur le constat d’une crise profonde du pays, on voit les candidats prôner la « rupture ».
Or rompre, c’est quitter l’ordre ancien et donc forcément rentrer dans une zone de turbulence : comment le dire sans affoler ?
Sarkozy a cherché et trouvé la formule : il parle de « rupture tranquille ». Ségolène Royal de son côté nous parle d’un « ordre juste ». L’ordre, mais quel ordre ? Depuis quand l’ordre est-il entré au panthéon des valeurs de gauche ? Quoi qu’il en soit du bien fondé de ces formules, chacune s’adresse aux français pour les rassurer. L’angoisse est réelle, et quelques slogans bien frappés ne suffiront pas à l’apaiser.

La rupture tranquille

La « rupture tranquille » est un bel oxymoron. Chacun pourra chercher dans son histoire individuelle et dans l’histoire collective des exemples de « ruptures tranquilles ». En réalité il n’y en a pas. Rompre, c’est toujours quitter un ordre ancien pour bâtir un ordre nouveau, c’est toujours parier, et donc risquer. Dans les systèmes démocratiques, on ne voit guère de ruptures qui n’aient été motivées par des crises profondes, et qui n’aient impliqué des gagnants et des perdants. Dans l’histoire de nos institutions, la dernière en date, celle qui a portée la Cinquième République en 1958, avait pour cause la décolonisation. On pourra penser ce qu’on veut (en bien) de la nécessité pour les anciennes colonies de recouvrer leur liberté et leur souveraineté, il n’empêche que De Gaulle, porté au pouvoir pour garder l’Algérie française, lui accorda en réalité son indépendance, ce que ne lui pardonnèrent pas les français d’Algérie qui firent les frais de cette sortie de crise.
Il y a dès lors tout à parier que le thème de « la rupture tranquille » relève plus du slogan qu’il n’énonce un concept programmatique. La rupture que veut Sarkozy, c’est celle qui tourne la page d’avec le modèle social français issu de l’immédiate après-guerre, qui fut dans l’histoire un compromis historique coïncidant approximativement avec la période des trente glorieuses, et dans laquelle les prétentions des classes sociales antagonistes se virent auto-limitées, chacune obéissant à sa logique propre, mais chacune devant prendre en compte l’adversaire dont la position était garantie par l’état de droit. Du point de vue de son système économique, la France était capitaliste, mais par son système de protection sociale et par le jeu de la redistribution (éducation gratuite, accès gratuit à la santé, aides sociales, système des retraites par répartition, etc.) la « main gauche » de l’Etat venait compenser le système des inégalités qu’engendre forcément tout système capitaliste dont le ressort est l’appât du gain, l’émulation entre les acteurs, et au bout du compte, la guerre - même si elle ne se fait pas avec des fusils. [1].

Au milieu des années soixante dix, le système se mit à se gripper, et nous sommes dès lors entrés dans une crise profonde dont nous ne sommes pas aujourd’hui sortis. 1989 arriva. Avec l’effondrement du bloc soviétique et le phénomène de mondialisation qu’il a accéléré, le glas sonnait pour un système équilibré, et « le socialisme à la française ». Il fallut du temps pour réagir. Aujourd’hui, sous les coups convergeants d’une crise sociale extrêmement aiguë, d’une dette publique qui atteint des niveaux extraordinaires, et sous la pression des exigences économiques internationales, on ne peut plus faire comme si les anciennes recettes pouvaient encore fonctionner. L’équilibre est rompu, et il faut chercher des solutions nouvelles.

Du côté de la droite, les choses sont claires : Sarkozy propose ni plus ni moins que le modèle anglo-saxon de sortie de crise. Dans ce modèle, dont les origines idéologiques sont à rechercher du côté du néolibéralisme américain [2] il s’agit de redoper le moteur économique. La thèse est la suivante : le capitalisme produit des inégalités, mais il produit également de la richesse. On ne peut pas espérer conjuguer richesse et égalité. La solution consiste à lever les entraves qui pèsent sur les mécanismes qui produisent de la richesse, et dès lors, on peut espérer qu’en dépit des inégalités, il y aura suffisamment de richesses produites pour que chacun trouve les moyens de vivre. D’où la mise en avant du thème du travail. Qu’est-ce qui peut justifier dans un tel système que les uns soient très riches, et les autres très pauvres ? Le mérite et le travail. A chacun selon ses mérites, ses talents, ses efforts. Les présupposés d’une telle politique sont de deux ordres : d’abord on présuppose que le politique n’a pas à intervenir sur les mécanismes qui produisent de la richesse, que le système à ses lois propres et qu’il faut le laisser fonctionner selon ses exigences. C’est le laisser-faire, laisser-aller, en espérant que la « main invisible » chère à Adam Smith produise les régulations nécessaires, comme un système homéostatique (par exemple un système de régulation de la température par un thermostat) est capable de lui seul de s’auto-réguler.

Le second présupposé, c’est que chacun est placé dans le système à condition égale de compétition, et qu’il vise son bien être maximum. Or chacun voit bien que ni l’une, ni l’autre des deux conditions ne sont respectées. Pour la première, on apprenait il y a peu que la part de financement public des entreprises en France [3] était supérieure au premier poste budgétaire de la nation, soit l’Education nationale. En matière de laisser faire, il y a mieux ! Quant à la seconde des conditions, chacun sait bien que nous naissons tous « héritiers » ; le self made man est une chimère, très exactement produite pour justifier idéologiquement un tel système. Certains naissent dans les conditions qui leur permettront de gagner leur place au soleil, d’autres dans des conditions telles que quels que soient leurs efforts, ils compteront parmi les damnés de la terre. Il y a des exceptions à la règle. Peu nombreuses. Et de toutes façons, comme toutes les exceptions, elles confirment et non infirment la thèse de l’inégalité préjudicielle non naturelle au départ de la compétition [4]

Au reste, quand Sarkozy parle de rupture, il faudrait plutôt dire accélération. La conversion des « élites »au bienfaits du néolibéralisme ne date pas d’aujourd’hui. Chirac, élu avec 80 % des voix au second tour en 2002, n’a pas choisi de nommer un gouvernement d’ouverture que justifiaient les conditions de son élection, mais a porté délibérément au pouvoir, avec Raffarin, la droite la plus dure et la plus imprégnée d’idéologie néolibérale. Le but était clair : « mener les réformes nécessaires », entendre : accélérer la mutation des règles de fonctionnement de la société française pour qu’elle s’adapte au nouveau jeu de la mondialisation capitaliste. Le mouvement social de 2003, en dépit de son échec, a fait marquer le pas à une telle politique. Le non au projet de Constitution Européenne a définitivement discrédité l’équipe Raffarin, bientôt remplacée par un politicien d’appareil qui ne s’est jamais frotté aux suffrages des électeurs, adoubé par un chef d’Etat qui avait plus d’une raison de stopper la résistible ascension de Sarko, le petit homme pressé. Mais Nicolas Sarkozy, en enlevant la direction de l’UMP, a clairement fait valoir les ambitions d’une droite plus impatiente que jamais de se libérer des entraves du modèle social à la française. Le bilan de De Villepin est maigre ; le seul point positif en serait une amélioration de la situation du chômage. Mais outre que les chiffres ne font pas l’unanimité, on sait exactement quel est le coût de ce « progrès » : une montée sans précédent de la précarité, une explosion de la pauvreté, et une paupérisation des classes moyennes qui sont désormais entrées dans la tourmente.

Sarkozy, s’il applique son programme et s’il veut tenir un langage de vérité, devrait annoncer de la peine et des larmes. Voilà qui n’est pas très porteur dans une campagne électorale. D’autant que ce sont toujours les mêmes à qui l’on demande des efforts. Au milieu des années 80, l’abandon de pans entiers de l’industrie française a mis au chômage ou en pré-retraite « le petit peuple de gauche » qui avait porté Mitterrand au pouvoir. Tandis que l’Angleterre de Thatcher faisait subir une cure drastique à l’économie anglaise, avec les conséquences sociales catastrophiques que l’on sait, la France a choisi de faire fonctionner le bouclier des aides sociales pour faire passer la pilule, grevant pour longtemps les équilibres budgétaires et préparant la situation actuelle, si préoccupante que la candidate socialiste, fait unique dans l’histoire de la gauche, a choisi d’ouvrir la présentation de son « pacte présidentiel » sur le thème de la dette publique.

L’intendance ne suit plus. L’intendance précède. Nous sommes bien à une époque charnière.

Et Sarkozy a beau élire comme figure tutélaire Jaurès plutôt que De Gaulle, il n’empêche que les orientations de sa politique préparent des lendemains très sombres pour la frange de population la plus exposée.
Avant de ramasser les miettes d’une croissance qu’on espère retrouver, il faudra en passer par des redressements douloureux [5] On a beau lorgner sur Tony Blair, on feint d’oublier qu’il est arrivé après Thatcher. On ne pourra pas avoir Blair sans Thatcher. La rupture n’aura rien de tranquille.


A lire également :

 La rupture tranquille
 L’ordre juste (1) : Invoquer « l’ordre » n’est pas une idée émancipatrice
 L’ordre juste (2) : Critique du discours sécuritaire de la nouvelle gauche

[1On peut appliquer au capitalisme cette formule que proposait G. Orwell du sport : Capitalism is war without gun

[2Il ne faut pas confondre le libéralisme classique, théorisé par des penseurs comme Locke, et le néolibéralisme ou ultralibéralisme. Née dans les années 60-70 aux USA, une nouvelle école de pensée, conduite par Milton Friedman (l’école de Chicago), va imposer un nouveau mode d’emploi du capitalisme. Elle proclame que nous vivons une phase extraordinaire de l’histoire humaine, que cela est dû a un moteur superbe, le capitalisme, et à un carburant non moins superbe dans ce moteur : le profit. Mais elle ajoute que ça marcherait encore bien mieux si nous pouvions tous faire plus de profit. Qui nous en empêche ? Les impôts, les charges sociales les réglementations de toute sorte. Débarrassons nous de tout cela et nos revenus vont croître sans limite. Dans tous domaines, l’équilibre du marché est le meilleur possible et si on veut le corriger (en augmentant artificiellement les bas salaires ou en versant des allocations de chômage) on ne peut que le détériorer. Cette doctrine est fausse. Mais malheureusement toutes les forces conservatrices nationales de tout le monde développé (Europe, Amérique du Nord, Japon, Australie) s’y sont ralliées. Cette pression attaque nos services publics, brises nos sécurités sociales, affaiblit nos états y compris budgétairement. Depuis 20 ou 30 ans la pauvreté de masse a réapparu en pays développés, le chômage ne diminue pas, les restructurations se multiplient, les services publics sont affaiblis. C’est la mondialisation non maîtrisée.

[3Avec quelle efficacité ? Le traditionnel rapport de la Cour des Comptes, peu suivi d’effet, pointe chaque année la gabegie et l’opacité dans l’utilisation des crédits. Sans parler des investissements dans ces domaines de l’entre-deux que sont par exemple la formation professionnelle, qui ne s’illustrent pas - c’est le moins qu’on puisse dire - par une gestion des plus transparentes.

[4On pourrait ajouter une troisième critique, qui ne porte ni sur les conditions de départ, ni sur le fonctionnement d’un tel système, mais sur les valeurs sur lesquelles il repose. Supposer l’ensemble des agents économiques comme des sujets autonomes, égoïstes, et qui visent un profit maximal, c’est faire un peu trop rapidement fi du ciment social sur lequel une société repose, et qui ne saurait en aucun cas se réduire à l’appât du gain. Le bien-vivre ensemble suppose la solidarité, la reconnaissance qui ne s’évalue pas uniquement en dollars ou en euros. Partout où, dans la société quelque chose du don demeure est démenti le présupposé premier de tous les néolibéraux qui affirment que le seul intérêt est moteur des activités humaines. Voir à ce sujet les travaux du M.A.U.S.S.
Mouvement Anti-utilitaire en Sciences Sociales

[5Pas pour tout le monde. Henri Ford dans les années trente estimait qu’il était « moral » qu’un dirigeant d’entreprise gagne un salaire quarante fois supérieur à l’employé le moins bien payé de la dite entreprise. Aujourd’hui, tandis que cinq millions de français bénéficient de la CMU, ce qui donne un indicateur du taux de pauvreté dans notre pays, les dirigeants des entreprises côtées au CAC 40 gagnent quatre cents fois le SMIC, en moyenne. Le néolibéralisme est bien ce système qui produit de la richesse (mais à quelles conditions, qu’en est-il en particulier de la dégradation de l’environnement ?) mais pour enrichir toujours plus ceux qui ne sont plus dans le besoin.

commentaires
Réflexions sur « la rupture tranquille », « l’ordre juste » et autres slogans de campagne - philippe bensac - 20 février 2007 à 16:40

Bonjour BOMBIX,

je vois que notre première rencontre et sûrement d’autres sur l’Agitateur vous poussent à élaborer une réflexion particulièrement documentée sur N.SARKOZY, sa communication, ainsi que sur la doctrine "libérale", et je vous en félicite sans flagornerie.

Actuellement pris par une revendication locale, le TGV dans le Cher, je ne pourrai accompagner vos réflexions à due proportion.

Pour autant, je vous propose trois réflexions :

1) le slogan de Ségolène est calqué sur la réitération récente d’un discours du Pape : encyclique Deus caritas est (Dieu est amour) : « L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique. »
L’« ordre juste » caractérise la doctrine sociale de l’Église depuis le XIXe siècle et cette notion a son origine dans la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin (XIIIe siècle). La présidente de Poitou-Charentes ne peut évidemment l’ignorer.

2)le slogan de SARKO, c’est du MITERRAND pur jus, "la force tranquille" revisité sauce GISCARD "le changement dans la continuité", d’une part la traduction de la force en rupture (force de rompre ?)sans haine, "tranquille" comme disent les minots marseillais, et d’autre part la translation de la continuité-conservatrice vers la rupture-progressiste.

3)de ces deux slogans je conclu que Madame ROYALE est une candidate contre nature de la gauche libertaire, et parfaitement chrétienne-démocrate, à tendance "ordinale" emplissant le même espace que Monsieur BAYROU et que les femmes FN (catho BCBG), et que Nicolas SARKOZY tente de conjuguer MITERRAND et GISCARD, le socialiste de droite et le libéral de gauche.

Alors, vous avez raison, les repères fabriqués par les anciennes élites issues de la dialectique historique sont non seulement brouillés, mais ils explosent littéralement sous la pression de la nouvelle conscience collective qui refuse de mettre un ordre abstrait sur des problèmes concrets.

MULTILECTIQUE...

Bien cordialement,

Philippe BENSAC


#6618
Réflexions sur « la rupture tranquille », « l’ordre juste » et autres slogans de campagne - bombix - 20 février 2007 à  19:36

Merci pour votre lecture attentive, mais je ne vois pas comment on peut à la fois représenter la gauche libertaire et la sociale-démocratie d’inspiration chrétienne.

Je ne pense pas, d’ailleurs, qu’on puisse qualifier l’actuel parti socialiste de "libertaire". Ou alors nous n’employons pas les mots dans le même sens.

 Pour ce qui est de Ségolène Royal, je prépare un deuxième volet dans lequel j’aurai l’occasion de présenter la façon dont je vois les choses. La piste démocrate-chrétienne est peut-être féconde, vous avez raison sur ce point.

 Sur l’origine du slogan, vos remarques ne sont pas dénuées de fondements. Mais cela ne signifie pas que son auteur assume les origines idéologiques de sa formule. Un slogan est fait avant tout pour séduire, pas pour exprimer une vérité. J’ai essayé de montrer au contraire qu’il n’y aura pas de "rupture tranquille". Sarkozy n’est pas un socialiste de droite, ni un libéral de gauche. Sarkozy est un néolibéral de droite. Mais le fait nouveau, c’est que la droite réoriente son système de valeurs en fonction de l’avenir, et non plus en fonction du passé. La droite n’est plus conservatrice. Elle veut aller de l’avant. Il n’y a pas de quoi se réjouir, car les acquis sociaux, qui furent le résultat de luttes historiques, sont menacés. Quand Sarkozy cite Léon Blum, il oublie ou feint d’oublier que les congés payés ont été conquis de haute lutte, et que la bourgeoisie patronale, dont il défend les intérêts, a tout fait pour s’y opposer. Son discours de rassembleur est peut-être séducteur - Sarko a d’ailleurs du travail pour rétablir l’image de droite dure qui lui correspond pas à la peau - mais il ne correspond pas à la réalité. Sarkozy est l’homme d’un camp. Ce n’est pas celui des petites gens et des salariés (dit comme cela pour ne pas utiliser le vocable de "travailleurs", exact mais trop connoté par une rhétorique usée), qui composent la majorité de ce pays. Je vous rappelle que la moitié des français gagnent moins de 1500 euros par mois.
Je crois qu’il faut aussi être attentif aux mots. La séduction de Sarkozy passe par son jeu avec le langage et sa capacité à susciter l’émotion. Mais il faut se reprendre et tenter de démêler la part du vrai et du faux derrière les belles phrases. Je me permets d’ailleurs de vous renvoyer à l’analyse de Gérard Noiriel sur l’usage de l’histoire que fait Sarkozy dans ces discours. Une cure d’assainissement mémoriel en quelque sorte ...

Bien cordialement également.

#6622 | Répond au message #6618
Réflexions sur « la rupture tranquille », « l’ordre juste » et autres slogans de campagne - philippe Bensac - 22 février 2007 à  16:50

Ne confondons pas mes propres convictions libérales et libertaires, associant la liberté économique à la liberté des moeurs, et le positionnement de N. SARKOZY qui, s’il est bien un libéral en matière d’économie, n’est pas vraiment un "libertaire" comme je m’en réclame à titre personnel (pour toutes formes de moeurs dès lors qu’elles ne contraignent pas, ne suggèrent pas, n’usent pas de la faiblesse (enfants, malades, déficients divers...).

Bref, je n’aime pas l’ordre que je considère réducteur et me méfie terriblement du mot "juste". Alors "l’ordre juste", pardonnez moi mais ce n’est pas ma tasse de thé...
Je préfère un chaos créateur (mouvement aléatoires et éventuellement contradictoires des pouvoirs : élite politique/élite économique/élite intellectuelle/presse/catégories socio-professionnelles/religieux/sportifs/communautés de toutes natures/...pour définir une justice relative, celle des Hommes, le tout de façon mesurée, car je ne suis pas non plus un révolutionnaire, seulement convaincu de la nécessité du mouvement permanent, quelque soit le sens, dès lors que la démocratie organise le pouvoir.
Bref je suis un "évolutionnaire" sans le "R" de revanche, revanchard, revêche, rentré, replié, réactionnaire, ...

Quant aux acquis sociaux, formidables avancées collectives au fil des siècles des masses non éduquées sous les houlettes d’esprits éclairés, les temps ont changé fort heureusement.
SARKOZY s’adresse maintenant à l’intelligence individuelle d’un peuple affranchi et libre, la FRANCE en EUROPE, pour proposer des acquis à la carte, "sociaux", "économiques", "financiers", "patrimoniaux", à chacun selon sa volonté.

C’est la FRANCE d’après, celle où tout devient possible à titre individuel et par conséquent BOOSTÉE au niveau de la collectivité grâce à l’effet de synergie en levier, ENSEMBLE.

Mais le ressort de tout cela est bien la volonté !

SARKO EN A.

LES FRANCAIS EN AURONT.

Bien sûr tout n’est pas abouti, loin s’en faut, les banlieues comme les zones rurales doivent être repensées mais par les résidents.

Je milite d’ailleurs collectivement en ce sens pour notre bonne ville et notre vieux département.

D’ailleurs, rien ne doit jamais être abouti car c’est le spectre de l’ordre final et là, je me révolte !

A la prochaine,

Philippe BENSAC

#6650 | Répond au message #6622
Réflexions sur « la rupture tranquille », « l’ordre juste » et autres slogans de campagne - jeannot de lapan - 8 mars 2007 à  20:57

Décidément on est en plein délire ou plutôt dans une vaste opération brouillage et camouflage :

Sarkozy cherche a adoucir son image un peu trop rude en évoquant l’apport de Blum, jaurès (ect...) à la société française.
Ségolène Royal reprend le concept réactionnaire d’ordre juste.
Bayrou (ancien ministre de Balladur) veut se faire passer pour un idéaliste bousculant l’ordre établi !!!

Ils ne sont même pas capable d’assumer leurs propres idées.

Le but du jeu : "faire semblant que tout change pour que rien ne change" et surtout créer les conditions pour que la société capitaliste et les injustices qu’elle génère puissent continuer sans trop de problème dans notre pays et en Europe.

Quelle misère !!! Heureusement qu’ils ne sont jamais totalement à labri dun rejet comme ce fut le cas pour le référendum du 29 mai !!

#6766 | Répond au message #6650
Réflexions sur « la rupture tranquille », « l’ordre juste » et autres slogans de campagne - 19 février 2007 à 09:26

Rupture tranquille ou pas... en tous les cas, les mauvaises habitudes continuent : Sarko et sa famille Bouygues-TF1-Laguardère : éteignez vos TV, elles sont contaminées ; Ségo et sa manie du revirement : elle trace un boulevard à la droite ; Marie-Geo et sa stratégie de bousiller l’unité d’une gauche antilibérale : même conséquence que Ségo. Finalement, aujourd’hui, c’est un salaud mort qui nous nargue : Papon bénéficie toujours d’amitiés locales dans le Cher et, en plus, il nous rappelle que toute médaille rend con et là, c’est encore la morale (si ce n’est le moral !)qui en prend un coup.


#6595