Sòrga, le nouvel album de Dupain

jeudi 16 juillet 2015 à 14:54, par epujsv

Presque vingt ans après son très bon L’Usina, Dupain a sorti chez Buda Musique en mars 2015 un nouvel album tout aussi beau. Pour ceux et celles qui aiment ce genre de musique et pour la redécouverte d’un groupe désormais méconnu.

Sòrga, le nouvel album de DupainIl y a comme ça des groupes de musique qui ont marqué un temps, une audience, qu’on croit disparus. Qu’on regrette parce qu’ils étaient différents. Différents de tout ce qui se faisait à une époque. Pas complètement en rupture mais pas non plus dans les créneaux musicaux d’alors. C’est en tout cas l’impression que m’a toujours fait le groupe Dupain. C’est qui Dupain ?

C’est au départ : Samuel Karpienia, chanteur, Pierre-Laurent Bertolino, vielleux, Sam de Agostini, batteur, percussionniste. Trio marseillais qui en l’an 2000 a sorti son premier album L’Usina : largement inspiré de musiques traditionnelles occitanes -mais pas que- cet album singulier a eu un certain retentissement. Parce que ce n’était pas fondamentalement traditionnel, ni de la world musique, ni du rock trad, alternatif, etc... Un chant puissant, des paroles auxquelles je ne comprenais rien (et pour cause elles sont en occitan) - une mélancolie jubilatoire, de la vigueur, une forme de transe, d’hypnose, se dégageaient de la composition et du jeu rythmique de ces musiciens.
Un style bien à eux.

À quoi tenait cette sorte de douce magie ? À vrai dire dire, je n’en sais rien. Sinon le talent. Ce n’est que bien plus tard que j’ai appris que les paroles étaient en fait des poèmes d’ouvriers occitans de la fin du 19ème et du début du 20ème siècles. Le chant et la musique sont suffisamment subtils pour ne pas tomber dans l’incantation prolétarienne. L’Usina a eu je crois un certain succès dans une période politique agitée par les mouvements altermondialistes. Samuel Karpienia est en effet porté sur (par ?) le combat social et la culture occitane (qu’on se calme, il n’est pas facho....). Ils joueront notamment au grand rassemblement moustachu du Larzac en 2003.

Après L’Usina (dont un remix en 2001) sortiront : Camina (2002), Les Vivants (2005).
Entre temps le groupe changera plus ou moins de formation. Mais pas de quête musicale. Et puis, pfffuiiiit.... Dupain disparaît. [1]

Et c’est au hasard d’une recherche sur les papillons que j’ai retrouvé les Dupain en 2015 avec leur nouvel album Sòrga (qui signifie la source) : Sam Karpienia au chant et à la mandole, Pierre-Laurent Bertolino à la vielle, Gurvant Le Gac, flûtiste, Emmanuel Reymond à la contrebasse et François Rossi à la batterie. Fidèles à eux-mêmes, les musiciens ont emprunté les poèmes d’un recueil d’un illustre inconnu, Maxence Bernheim de Villers [2], célébrés par la voix de Samuel Karpienia. Je l’ai déjà écrit : c’est beau. Il égale le premier sans le copier. Il régale. Émouvant et très agréable voyage.

Vous pouvez écouter le concert qu’ils ont donné au festival toulousain Rio Loco cette année : Arte TV


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