Déficit, formation et information

Omission

vendredi 25 novembre 2016 à 06:34, par epujsv

Notre journal préféré, dans un article du 17/11/2016, rendait compte de la Conférence de l’Enseignement supérieur dans le Cher qui avait lieu la veille au soir dans les locaux de l’Insa Bourges-Centre Val de Loire.

Animée par Patrick Barnier [1] l’assemblée s’est félicitée de l’approche imminente du chiffre de 5000 étudiants dans le Cher. Nombre qui dans les années passées faisait l’objet de marquage de singularités politiques entre l’ancien Conseil Général et Bourges Plus. Or, dans le dernier article du Berry, il semblerait que tout à coup ce chiffre fasse bizarrement l’unanimité entre tous les représentants de l’enseignement supérieur du Cher. Pas d’opposition. Normal, me direz-vous, puisque Bourges Plus et le Département, c’est la même équipe. Oui, certes. Mais pourquoi cette équipe s’est-elle donc soudainement alignée sur les aspirations de l’ancien CG, c’est-à-dire 5000 étudiants dans le Cher et non uniquement sur Bourges Plus ? Qu’est-ce qui a donc bien pu piquer la majorité locale pour calmer ses ardeurs en matière d’enseignement supérieur ?

C’est ce que ne nous dit pas le Berry, ni le Conseiller Départemental en charge de l’enseignement supérieur etc... et ni le Directeur académique d’Orléans-Tours des services de l’Éducation Nationale. La conférence sur l’enseignement supérieur fait juste une totale abstraction des gros soucis financiers de l’Université d’Orléans dont Bourges est une antenne pour certains établissements. Information de notoriété publique dans le Loiret et au-delà depuis début octobre 2016 mais toujours pas parvenue dans le bocage, selon toute apparence. Plusieurs articles de presse et reportages sont pourtant parus courant octobre sur ce déficit très important classant l’Université d’Orléans comme la plus déficitaire de France. Rien que ça.

Le montant de 12 millions d’euros a été annoncé médiatiquement. Mais c’est un chiffre à prendre avec précaution dans la mesure où l’inspection générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche n’a pas terminé son audit. L’actuel Président de l’Université charge principalement son prédécesseur de la responsabilité de cette insuffisance budgétaire mais les choses sont plus compliquées. Les raisons essentielles de la dégringolade du budget de cette université, cas qui n’est pas isolé et ni nouveau, sont la loi sur l’autonomie des universités et le passage aux responsabilités et compétences élargies. Les personnels et étudiants de l’IUT, l’Espé, l’Insa de Bourges et la quasi défunte Faculté de Sciences (déménagée aujourd’hui en partie sur le site de l’IUT et dont les anciens locaux sont désormais occupés par une nouvelle formation) s’étaient inscrits dans la mobilisation nationale contre cette réforme sous le gouvernement Sarkozy, en 2009. Faut-il préciser que l’actuel gouvernement n’est pas revenu sur cette loi ?

Donc, plus bas, quelques articles parus sur le budget de l’Université d’Orléans qui n’ont toujours pas trouvé écho ici, ce qui ne peut que questionner sur les raisons de ce silence ; situation budgétaire qui est non seulement à ramener au contexte national des Universités mais également à celui de son étendue géographique : Loiret, Eure-et Loir, Indre, Cher ainsi que le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire pour ce qui est de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation. Il faut aussi la replacer dans le cadre non négligeable de la Comue Léonard de Vinci qui n’en a plus que le nom :

http://www.larep.fr/orleans/education/2016/10/06/l-universite-d-orleans-dans-une-situation-financiere-desastreuse_12102771.html

http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/10/20/des-universites-de-nouveau-dans-la-tourmente-financiere_5017295_4401467.html

http://www.magcentre.fr/107211-orleans-un-trou-de-12-millions-deuros-dans-les-comptes-de-luniversite/

http://www.larep.fr/orleans/education/politique/2016/11/21/orleans-veut-changer-de-communaute_12161816.html

On comprend peut-être mieux alors la subite modestie des ambitions annoncées pour le Cher : 28 étudiants seulement en plus pour la rentrée prochaine. Ce qui ressemble plus à une restriction, un point final qu’une prolongation. Même retenue en matière d’explications puisqu’il faudrait donc savoir lire entre les lignes du Berry et les déclarations du représentant académique lors de cette conférence. Y entrevoir des signes seulement déchiffrables par un microcosme local envoyés en direct de l’Académie, du Rectorat, de l’Université, de la Région, du Ministère de l’Education Nationale : "les études, c’est un marché comme les autres, non ? alors il y a des tensions, des indicateurs, des évaluations, des révisions à la baisse, de la compétitivité, des morcellements des connaissances, des enseignements à des fins productives hyper-spécialisées, des productions spécialisées hyper-enseignées, des morceaux produits spécialement finis, des finitions jamais produites spécialement, des spécialisations auto-produites à des fins enseignantes pour développer les compétences de tous sur le marché de l’emploi selon un processus et maillage territorial et national clairement déterminé par la prochaine lettre de cadrage et la feuille de route en cours d’élaboration qui nécessiteront de fait une montée en puissance de la rationalisation des structures protéiformes horizontales ainsi qu’une approche conjoncturelle et alternative des rapports verticaux qui ne peuvent qu’engendrer progrès, réussite, insertion, formation performative de tous nos étudiants et réduire au maximum les points aveugles des restructurations et mutualisations associées. Tout en pérennisant les équilibres déjà existants, bien entendu."

Thème d’une prochaine conférence sur l’enseignement supérieur et la recherche ? : "On peut appeler puce un éléphant mais il vaut mieux prévenir" (Jean Paulhan).
Omission

[11. 8e Conseiller départemental du Cher à l’Enseignement Supérieur, la Recherche, l’Innovation- 2. 6e Vice Président de la Communauté d’Agglo Bourges Plus, à l’Enseignement Supérieur, La Recherche, L’innovation, et politique de la ville- 3. Président de la Société d’Economie mixte Territoria- 4. Président du syndicat mixte Touraine Cher- 5. Maire de Plaimpied Givaudin.


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commentaires
Omission - epujsv - 18 novembre 2017 à 17:49

Un an après, le landernau politique et journalistique berruyer commencent à "réagir" :

Irène Felix :
6/11/17 Enseignement supérieur à Bourges, une indispensable vigilance
11/11/17 : Menaces sur l’IUT de Bourges
Ca décoiffe.

Le Berry Républicain :
- 18/11/17 : La licence de droit à Bourges menacée (article rédigé par une journaliste de la République du Centre, Orléans) :
L’article du 6/11/17 sur l’ordre du jour du conseil communautaire du lendemain se concluait par : "Préparation d’une nouvelle convention avec l’université d’Orléans en 2018, la précédente étant arrivée à son terme (2014-2017), afin notamment de pérenniser l’antenne droit, économie, gestion.".
- 7/11/2017 : Bourges Plus, conseil communautaire, l’enseignement supérieur un sujet majeu : "Une ambition commune que Patrick Barnier perçoit, pour sa part, comme bien vivante et actuelle. « Je ne pense pas que l’engagement des collectivités ait diminué sur la question de l’enseignement supérieur. Mais nous entrons dans une période compliquée. Nous savons bien que l’Université d’Orléans connaît des difficultés  ».
S’il n’y avait qu’elle...


Omission - Mister K - 19 novembre 2017 à  09:00

Oui, tout cela est surréaliste. Le développement de l’enseignement supérieur, même s’il a connu quelques accélération dans les années 90, a toujours été très (trop) limité à Bourges et dans le Cher. Depuis les années 2000, ça stagne voir cela régresse. La crise de l’Université d’Orléans ne va pas aider. Le malheureux objectif de 5000 étudiants n’est toujours pas atteint. Rien n’a vraiment été réalisé pour les étudiants à Bourges. Des choix abracadabrantesques n’ont pas permis de créer une vie étudiante digne de ce nom. Des choses de base comme les transports en commun, resto ou bibliothèque universitaire sont trop limités. Qu’on le veuille ou non, les villes dynamiques en France sont obligatoirement universitaires avec l’esprit qui va avec. À Bourges, on n’a pas l’esprit qui va bien. On n’investit pas, on ne prend pas d’initiatives. Il ne faut pas s’étonner du résultat. Et on pourra toujours reporter la faute sur l’État comme n’arrête pas de le faire Pascal Blanc. La vérité, c’est qu’à Bourges, ça dort.

Répondre à ce message #43069 | Répond au message #43068
Omission - epujsv - 19 novembre 2017 à  14:17

Bonjour Mister K,
Non, comme vous dites la situation financière de l’Université d’Orléans ne va pas aider. Par contre, elle aide beaucoup le gouvernement, ou les gouvernements successifs qui mettent les universités en concurrence et les gèrent comme des entreprises et veulent les voir fonctionner et les font fonctionner avec les entreprises, que ce soit au niveau de la recherche, des études (mot qui n’existe plus dans le vocabulaire universitaire, on ne parle plus que de formations, comme dans le vocabulaire du marché du travail. C’est à se demander pourquoi on emploie encore le mot "étudiant" puisqu’"études" n’existe plus) .

Un récent rapport de l’HCERES, créée à l’occasion de la LRU, rapport de mai 2017 sur l’Université d’Orléans, se réjouit, tout en la déplorant, de la dégringolade financière de cette université (des esprits mal tournés, dont je fais partie, pensent que cette dégringolade a été "laissée-faite" intentionnellement, par le Ministère, le Rectorat, etc... afin de pouvoir achever le projet de destructuration et restructuration de l’Université et ses antennes dénommés Centres universitaires (Indre, Eure, Eure et Loir, Cher, Indre et Loire pour un des établissements de l’Espé).

Extraits de ses conclusions et recommandations qui ne sont pas sans rappeler les phrases des politiciens, économistes, experts, journalistes, etc..... qu’on entend à longueur de journées, d’années sur les économies que la France fait en matière de service public, entreprises, salaires, salariés, charges patronales, etc... :

"Le défi majeur auquel est aujourd’hui confrontée l’UO n’est ni scientifique, ni pédagogique, il concerne
principalement son pilotage. L’établissement ne travaille pas encore totalement dans les logiques implicites aux RCE qui imposent de faire des choix, souvent difficiles, pour arriver à fonctionner et à se développer dans le cadre des ressources dont on dispose. Mais ce qui manque aujourd’hui à cet établissement c’est peut-être moins la capacité à faire des choix que celle de les éclairer par des données et des prévisions fiables sans quoi ceux-ci deviennent vite inacceptables
."
RCE=Responsabilités compétences élargies=LRU=Universités=entreprises=pilotage, rationalisation, système d’information centralisé, etc...

"L’UO est aujourd’hui dans une situation financière préoccupante qui freine son développement et compromet
son avenir. Placé face à ses responsabilités dans le cadre des RCE, l’établissement doit faire face à plusieurs défis pour lesquels il devra trouver des solutions, principalement en interne, s’il souhaite retrouver des marges de manœuvre. Les leviers sur lesquels l’établissement peut agir aujourd’hui sont les suivants
 :

L’offre de formation par une indispensable mise en cohérence entre les moyens dont il dispose et la demande
sociale. Une réflexion sur le sens et la nature de l’offre de formation dans les antennes délocalisées paraît
incontournable
.[...]

Le recentrage de la Comue sur la seule région Val-de-Loire et l’affirmation de l’axe Orléans-Tours, portent en germe de belles perspectives si toutefois les rapprochements s’approfondissent et si le soutien régional est maintenu.

La construction d’une l’identité commune et du sentiment d’appartenance à une même communauté, qu’elle
soit propre à Orléans ou plus largement régionale : Ce travail en interne, dans un établissement où l’esprit
facultaire est encore très présent n’est sans doute pas facile à réaliser. [...].
"
Le terme de faculté ayant également disparu du langage universitaire.

"II – Les points faibles :
● Une situation financière critique.
● Un système d’information très perfectible et un pilotage central balbutiant, résultant notamment d’une
culture « facultaire » encore très marquée et de données insuffisamment partagées.
● Une dépendance forte aux collectivités locales du fait de la multiplication des antennes.
● Une résistance à l’évolution des pratiques pédagogiques.
● Un lien formation-recherche beaucoup trop ténu pour guider une politique d’emploi et susciter des
synergies.
" [...]

"Simplifier l’offre de formation dispensée sur les sites hors campus principal et utiliser davantage les
ressources de l’enseignement à distance afin de réduire la dépendance aux aides locales
."

"Encourager les personnels à porter des regards vers l’extérieur, à parangonner et à s’approprier de
bonnes idées et de bonnes pratiques inspirées d’autres établissements, français ou étrangers.
"
Parangonner. :-)

"Un parc immobilier conséquent et multi-sites qui doit être rationalisé
Le parc immobilier 55 de 233 770 m 2 réparti en 61 bâtiments 56 sur 7 campus 57 , s’il est actuellement dans un état satisfaisant, répondant aux critères de sécurité, représente une charge importante en dépense de fonctionnement. La nécessité de diminuer le nombre de locaux est une analyse partagée par l’ancienne et l’actuelle direction de l’établissement. Le schéma directeur immobilier prévoit une concentration des activités sur les sites par le regroupement de formations, la rétrocession des bâtiments libérés aux collectivités territoriales ou par la mutualisation de locaux avec des partenaires extérieurs. Cependant, le contrat de Plan Etat Région 2015-2020 ne reflète pas ce schéma directeur, mais prévoit au contraire de nouvelles surfaces (IUT, extension de bâtiment pour les activités sportives, etc.). Aucune fermeture de site n’est prévue dans ce schéma. Il serait pourtant raisonnable de s’interroger sur la pertinence du maintien de l’ensemble des sites.
L’implantation de sites d’enseignement supérieur représentant un enjeu de politique territoriale fort, les
collectivités contribuent directement en mettant à disposition des bâtiments et des personnels (24 au total), pour maintenir une offre sur leur territoire. La fermeture d’antenne est donc, dans ce contexte, un sujet sensible. Il apparaît à ce stade indispensable d’impliquer l’ensemble des partenaires dans la stratégie de regroupement des lieux de formations. En particulier, l’académie d’Orléans-Tours, en qualité d’autorité de tutelle, devrait accompagner l’université dans la recherche d’un modèle économiquement soutenable pour l’Espé, pouvant aller jusqu’à la fermeture de certaines antennes isolées et à faible effectif
."

Source : http://www.hceres.fr/LISTE-ALPHABETIQUE-DES-ETABLISSEMENTS-ET-ORGANISMES-EVALUES/UNIVERSITE-D-ORLEANS

Chacun des établissements des centres universitaires des départements visés et pas forcément nommés par ce rapport s’y reconnaissent certainement. Tout comme les politiciens locaux les reconnaissent également.
Ensuite, chacun essaie de tirer son épingle du jeu de la mise en concurrence sur les territoires. Tout comme au niveau national les universités le font entre elles. Rien de bien nouveau. C’est un modèle économique. Un parangon.

Répondre à ce message #43070 | Répond au message #43069
Omission - epujsv - 20 novembre 2017 à  12:21

Tweet Ceteris paribus P. Blanc du 17 novembre :
https://twitter.com/pascalblanc_

Dans une lettre Bourges Plus et Département du Cher datée du 7/11/17 au Président de l’Université d’Orléans : " Le 12 décembre prochain se tient à Bourges la conférence annuelle de l’enseignement supérieur, et vous comprendrez bien que des réponses devront être apportées car nous ne pourrons discourir Ceteris Paribus sans évoquer ces potentielles fermetures. Monsieur le Président, nous pensons qu’une rencontre tripartite, l’Université, l’agglomération de Bourges Plus et le département du Cher s’impose"

Le vote du budget et projet d’établissement au CA de l’Université a lieu en décembre. Date inconnue.

Répondre à ce message #43071 | Répond au message #43068
Omission - epujsv - 8 mars 2017 à 21:00

Au 8 mars, ce que l’on sait par les médias du Loiret :
- l’ancien Président de l’Université d’Orléans (et ancien Recteur de Guyane) , Youssoufi Touré, convoqué en décembre par le Ministère pour répondre et se défendre de son niveau de responsabilités dans le déficit de l’Université d’Orléans est donc réintégré à son poste d’enseignant- chercheur à l’IUT de Bourges.
France bleue Orléans du 3/3/17 : http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14962-03.03.2017-ITEMA_21248509-0.mp3

Ce que l’on ne sait pas :
- que compte t-il faire de cette réintégration ?
- son degré de responsabilités dans le déficit et celui des autres opérateurs : Région, Rectorat, Ministère, précédente gouvernance de l’Université.
- l’intégralité de l’audit réalisé par l’IGAENR et le montant réel du déficit
- de quoi sera fait demain
La République du Centre du 8 mars 2017 : http://www.larep.fr/orleans/education/2017/03/08/lex-president-de-luniversite-youssoufi-toure-de-retour-dans-la-region_12312488.html


Omission - epujsv - 14 mars 2017 à  11:54
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Omission - epujsv - 29 janvier 2017 à 11:37

L’Université d’Orléans, décidément : http://www.magcentre.fr/117998-nouvelles-fraudes-a-luniversite-dorleans-ary-bruand-saisit-le-tribunal/
article du 28 janvier de Mag Centre.


Omission - epujsv - 2 janvier 2017 à 14:21

Libé du 30 décembre 2016 revient plus particulièrement sur les dérives permises de l’ancien Président de l’Université d’Orléans : http://www.liberation.fr/france/2016/12/30/les-finances-plombees-la-fac-d-orleans-est-aux-abois_1538194


Omission - Mister K - 2 janvier 2017 à  18:54

Oui, une telle dérive fait peur. Qui dit argent public devrait dire règles et contrôles. Mais ça doit pas être à la mode, vive l’autonomie... :-)

Répondre à ce message #42887 | Répond au message #42886
Omission - epujsv - 3 janvier 2017 à  07:46

En 2015, l’IGF (Inspection générale des Finances) et l’IGAENR (Inspection Générale de l’Administration del’Education Nationale et la Recherche) avaient publié un rapport sur la situation financière des universités entre 2011 et 2013. Il y a contrôle et règles mais manifestement ce n’est pas très au point. Le rapport fait 295 pages, quand même. La synthèse d’introduction donne une vague idée de l’organisation bureaucratique de ces règles et contrôles des budgets des universités ; extrait (p. 5) :

"Le contrôle budgétaire des universités s’exerce dans des conditions spécifiques : à la différence des autres opérateurs de l’État , cette responsabilité est confiée aux rectorats, qui s’appuient sur le réseau des directions régionales des finances publiques (DRFiP). L’efficacité du contrôle budgétaire des établissements passés aux responsabilités et compétences élargies (RCE) depuis 2009 s’avère encore inégale et globalement limitée. La mission a constaté une grande hétérogénéité en matière d’exercice du contrôle budgétaire académique dans les sept académies dont dépendent les neuf universités qu’elle a visitées. Les compétences insuffisantes des contrôleurs budgétaires académiques en matière d’analyse financière et la difficulté de porter la parole des recteurs au sein des conseils d’administration pénalisent l’efficacité du contrôle budgétaire. L’amélioration de la prévention et du traitement des difficultés financières des universités appelle une affirmation des recteurs dans leur rôle de contrôleur budgétaire en collaboration renforcée avec les DRFiP. La formalisation d’un avis du recteur prenant en compte l’analyse du contrôleur budgétaire en région et portant sur le budget initial, les budgets rectificatifs et les comptes financiers permettrait de renforcer l’efficacité du contrôle budgétaire. Cet avis devrait être transmis au président de l’université et aux membres du conseil d’administration (CA) à travers les documents préparatoires du CA. Compte tenu de la spécificité de ce schéma d’organisation entre rectorats et DRFiP, une évaluation de l’efficacité du dispositif devrait être conduite dans les cinq années suivant la publication du présent rapport afin de vérifier si les conditions d’exercice du contrôle budgétaire des universités permettent in fine de répondre aux enjeux budgétaires et financiers liés au passage des universités aux RCE.".

http://www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/0/3/546803-rapport-igaenr-igf-sur-la-situation-financiere-des-universites-2015-original.pdf

Répondre à ce message #42888 | Répond au message #42887
Omission - epujsv - 3 janvier 2017 à  08:25

Rapport assorti de celui de la Cour des Comptes la même année : https://www.ccomptes.fr/Accueil/Publications/Publications/L-autonomie-financiere-des-universites-une-reforme-a-poursuivre

CONCLUSION ET RECOMMANDATION :
L’appropriation par les universités des responsabilités et compétences élargies
implique une rénovation des méthodes de pilotage du ministère, qui s’est, bien que
tardivement, réorganisé pour y faire face.
La réussite du processus d’autonomie des universités nécessite cependant d’aller plus
loin :
- compte tenu du poids de la masse salariale, de la faiblesse des ressources
propres, et de l’absence de maîtrise de déterminants majeurs de leur activité,
les marges de manœuvre financières des universités apparaissent en réalité
limitées ;
- le contrat pluriannuel, fondé sur un dialogue de gestion rénové avec les
établissements et les sites, doit devenir le cadre de l’allocation des moyens
afin de traduire les objectifs du ministère, de donner aux établissements une
réelle perspective et d’éclairer leurs décisions de gestion ; le contrat de site
devrait ainsi permettre une rationalisation de l’offre de formation et une
mutualisation des moyens, et donc une meilleure efficience du système
d’enseignement supérieur.
La Cour formule la recommandation suivante :
Au ministère chargé de l’enseignement supérieur :
- fusionner les procédures d’allocation des moyens et de définition des
objectifs des universités dans un cadre contractuel unique
."

Rationalisation, mutualisation, pilotage, offre, produit, fusion, poids de la masse salariale, etc... Poids de la masse, on sent que c’est lourd à porter.

Répondre à ce message #42889 | Répond au message #42888
Omission - epujsv - 3 janvier 2017 à  22:19

"Le contrôle budgétaire des universités s’exerce dans des conditions spécifiques : à la différence des autres opérateurs de l’État , cette responsabilité est confiée aux rectorats, qui s’appuient sur le réseau des directions régionales des finances publiques (DRFiP)"

En octobre 2016, le Rectorat d’Orléans Tours affirmait au SGEN CFDT au cours d’une audience sur le déficit de l’Université d’Orléans qu’il avait une toute autre analyse de la situation financière de l’Université que celle de l’IGAENR (qui est donc encore à l’heure actuelle en train d’expertiser la trésorerie) : pour le Rectorat et la Direction Régionale des Finances publiques du Centre Val de Loire, le fond de roulement de l’université était positif et le déficit seulement de 400 000 euros en 2015. Il promettait d’ailleurs au cours de cette audience un rapport consolidé de la DRFiP qui viendrait contredire le premier bilan d’audit de l’IGAENR (voir page 4) : http://www.sgencfdt-orleans-tours.fr/attachments/article/334/Compte-rendu%20de%20l’audience%20du%2018%2010%202016.pdf

Donc 2 institutions publiques chargées du contrôle des finances publiques, l’une ministérielle, l’autre régionale ne font pas du tout les mêmes comptes. C’est intéressant. Ceci dit, le chiffre médiatisé de 12 millions (voire 15 millions) de déficit n’émane pas officiellement de l’IGAENR. Il est impossible de comprendre d’où sort ce montant repris dans les journaux et s’il se rapproche du déficit réel de cette université.

Répondre à ce message #42891 | Répond au message #42888
Omission - epujsv - 3 janvier 2017 à  22:22

le lien sur l’audience de la CFDT : http://www.sgencfdt-orleans-tours.fr/attachments/article/334/Compte-rendu%20de%20l’audience%20du%2018%2010%202016.pdf

Répondre à ce message #42892 | Répond au message #42891
Omission - epujsv - 4 janvier 2017 à  12:09

ah. Mais le 16 décembre 2016, le Rectorat avait changé d’avis puisqu’il a refusé le budget présenté d’abord par l’Université qui a dû le revoir pour le présenter au CA : https://www.francebleu.fr/infos/education/le-rectorat-retoque-le-budget-de-l-universite-d-orleans-pour-2017-1481872067.

Ce jour, on apprend que l’ancien Président de l’Université qui avait été nommé Recteur de l’Académie de Guyane en mars 2016 dans une certaine précipitation démissionne de la même manière et est convoqué par l’IGAENR (donc le Ministère de l’Education Nationale, de l’enseignement supérieur et de la Recherche) :
https://www.francebleu.fr/infos/education/l-ancien-president-de-l-universite-d-orleans-youssoufi-toure-quitte-deja-son-poste-de-recteur-en-guyane-1483472212.

Répondre à ce message #42893 | Répond au message #42891
Omission - epujsv - 7 janvier 2017 à  10:59

Depuis le 5 janvier, pas mal de petits articles sortent dans la presse écrite et audio de la Guyane, du Loiret, en repassant par Libé et le Figaro étudiant sur la démission et convocation de l’ancien Président de l’Université d’Orléans par l’IGAENR. J’en choisis deux qui me paraissent refléter le noeud actuel "des choses". L’IGAENR aurait donc terminé son audit mais dont les conclusions ne sont pas encore parues publiquement. Actuellement, on ne sait toujours pas de combien est le déficit ni la largeur des responsabilités et (in ?)compétences qui ont plongé progressivement l’université dans la situation dans laquelle elle se retrouve.

http://www.larep.fr/orleans/education/2017/01/05/youssoufi-toure-une-demission-en-guyane-des-questions-a-orleans_12231619.html

http://la1ere.francetvinfo.fr/revelations-youssoufi-toure-recteur-guyane-demissionnaire-430857.html

Toujours est-il que pour 2017 50% des postes tous personnels confondus sont gelés (en général quand des postes sont dits "gelés" c’est qu’ils ne dégèleront jamais et il s’agit certainement d’une première vague de froid, d’autres vont suivre les années suivantes) . Que des études vont certainement disparaitre mais on ne sait pas lesquelles. Que les antennes universitaires ont également du mouron à se faire : http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre/Actualite/Education/n/Contenus/Articles/2017/01/06/Une-demission-un-deficit-et-des-interrogations-2958323

Répondre à ce message #42895 | Répond au message #42893
Omission - L’idiot - 26 novembre 2016 à 08:04

Les questions qu’il faudrait se poser : à quoi servent les antennes universitaires, et les formations Bac+2 et autres "licences pro" ont-elles de l’enseignement supérieur quelque chose d’autre que le nom (pour le vérifier, il faudrait faire repasser un certificat d’étude de 1950 à un étudiant moyen de BTS ou d’IUT). On ne parlera pas de l’ESPE qui ne produit aucun savoir, qui est une sorte d’école normale, le jargon prétentieux en plus. En limitant à deux ans les cursus post bac, il est évident qu’on ne développe pas en province des "Universités", mais des solutions de pis aller pour accueillir les étudiants sans argent. A Bourges, si on a 18 ans, son bac, et qu’on n’est pas trop idiot, la seule chose à faire est de se tirer. Si on en a les moyens. Pour ne plus revenir. C’est ce que font en masse les jeunes, et on ne peut guère leur en vouloir.
Le reste est affaire de propagande. Nos petits politiciens locaux, avec la complicité de la presse locale dont la vénalité n’est plus à démontrer, tentent de nous faire croire qu’ils servent à quelque chose. En réalité, ils ne sont même pas capables de sauver le centre de tri postal.


Omission - epujsv - 26 novembre 2016 à  16:21

"Les questions qu’il faudrait se poser : à quoi servent les antennes universitaires, et les formations Bac+2 et autres "licences pro" ont-elles de l’enseignement supérieur quelque chose d’autre que le nom"

Peut-être des éléments de réponse : les antennes universitaires font de la Recherche. Les enseignements sont couplés à cette recherche : https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/la-production-du-savoir-lenseignement-et-la-recherche-110

Localement, ça se décline ainsi :
http://www.leberry.fr/bourges/science/2015/12/12/le-cher-est-aussi-terre-de-recherche-s_11703136.html
http://www.moncherbusiness.com/Le-Cher-berceau-de-la-Mecatronique
http://www.cher.cci.fr/PREBS2016

Pour les Espé, au niveau national : http://www.reseau-espe.fr/

Et sinon, Idiot, plus d’infos ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/080212/12-le-fn-et-leducation?onglet=full

Répondre à ce message #42862 | Répond au message #42858