Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y’a du mouvement

jeudi 22 mars 2018 à 10:24, par Cyrano

En 1968, la fac de Nanterre, posée dans un no man’s land boueux de grands chantiers, aura un drôle de calendrier : le 22 mars commencera le 8 janvier. Il n’y avait plus de saisons.

La fac de Nanterre a été imaginée par on ne sait quelle tête d’œuf vraisemblablement adonnée à la boisson. Au milieu de rien, on avait mis tout : amphis et salles de cours, bureaux pour administrer, résidences pour les étudiants ; tous les légumes et aromates dans la même cocotte-minute. Résidence pour étudiants et… étudiantes. Au printemps 1967, c’est donc justement le printemps : en mars, une bande d’une cinquantaine de garçons avait envahi le bâtiment des filles ravies. La police était arrivée, avait assiégé le bâtiment et avait attendu. Puis d’autres étudiants ayant ouï la nouvelle, étaient arrivés aussi, assiégeant alors la police, et attendaient. Tout s’était réglé pacifiquement mais le vers était dans le fruit.

Cinoche et partouze

A partir de janvier 1968, c’est l’agitation permanente touillée par un tout petit groupe : interruption de cours, demande de modification du programme d’études, interpellations de professeurs, y compris les plus prestigieux. Et des graffitis ici ou là : sur le mur d’un bâtiment, on peut lire : "Professeurs vous êtes vieux… Votre culture aussi.". Ainsi, le petit groupe, demande à un professeur de remplacer sa leçon par la projection du film sur la grève de l’usine Rhodiaceta de Lyon,À bientôt, j’espère de Chris Marker. Le professeur refusera. la légende nous dit que l’affaire sera ponctuée d’un « Vous êtes un con ! » adressé au prof récalcitrant. Ce serait un étudiant rouquin qui aurait dit ça, un dénommé Daniel Cohn-Bendit, celui qui devient le leader de cette bande qui va vite être surnommée les "enragés".

Autre algarade désormais entrée dans la geste de l’année 1968, une histoire d’eau. Le 8 janvier, François Missoffe, Ministre de la Jeunesse et des Sports, se rend à la fac de Nanterre pour inaugurer la piscine. Dès son entrée à Nanterre, une inscription énorme "ce soir, à 18 heures, partouze à la piscine" a dû lui donner une p’tite inquiétude. Mais il trouve facilement cette piscine : d’énormes phallus en pointent un peu partout la direction. Ouf, tout se passe bien, et le ministre après s’être réjoui de voir une piscine avec de l’eau dedans, ressort du bâtiment l’abritant.

Tiens ? Y’a un p’tit groupe ? y’a un type qui s’en détache et s’avance ? Daniel Cohn-Bendit interpelle le ministre, et demande pourquoi dans le Livre blanc sur la jeunesse, il n’y a pas un mot sur les problèmes sexuels des jeunes ? Humm, pourquoi ? Le ministre aux cheveux crantés répond qu’il est pour les activités sportives. Cohn-Bendit n’en démord pas : pourquoi on ne parle pas de sexualité ? Le ministre s’énerve et conseille au jeune rouquin de plonger dans la piscine pour oublier ses problèmes sexuels. Cohn-Bendit, du tac au tac : « Voilà une réponse digne des jeunesses hitlériennes. » Et l’incident se termine. Mais c’est le début de l’aura attribuée au jeune provocateur qui était alors inconnu du grand public – Ce 8 janvier, sa notoriété va franchir d’un seul coup l’enceinte de Nanterre.
Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y'a du mouvement
Le gouvernement envisagera l’expulsion de l’étudiant l’allemand Daniel Cohn-Bendit puis se ravisera. Presque la gloire, presque, pas encore. Les enragés continuent le torpillage, leur groupe grossit de provocation en remue-ménage, couci-couça.

22 mars, les trublions trublionnent

Non, pas le 22 mars, tout de suite. D’abord le 20 mars, et rien à voir avec Nanterre. Un petit groupe de sauvages, pour protester contre la guerre menée par les américains au Vietnam, saccage les vitrines de l’American Express. Pendant que d’autres sauvages scandent "Vietnam vaincra", brûlent un drapeau étoilé, badigeonnent le mur avec des slogans. Et hop ! Juste en quelques deux à trois minutes, et le groupe s’évanouit. La police n’a même pas eu le temps de coiffer un képi et sortir voir ce qui se passe. Et voilà qu’un sauvage, Xavier Langlade revient sur ses pas, histoire de voir un peu si y’a eu assez de dégâts. Il n’a pas le temps de jauger la vitrine, les policiers l’alpaguent illico. Xavier Langlade se retrouve au poste. Puis au p’tit matin, quelques lycéens seront appréhendés ainsi qu’un autre militant. Jusqu’ici, c’est la routine. Sauf que…

Sauf que Xavier Langlade est un étudiant de Nanterre, ah zut. Les enragés alors s’enragent. On est donc, le 22 mars. Cohn-Bendit en tête, ils pénètrent dans les salles de cours, informent de l’histoire et appellent à une réunion en fin d’après-midi. En fin d’après midi, des centaines d’étudiants se retrouvent dans l’amphi B2. Des centaines ? Les enragés feraient-ils des petits ?

Cohn-Bendit harangue : « Nous proposons pour que l’opinion publique soit alarmée […] une occupation d’un bâtiment de la faculté de nanterre où nous resterons toute la nuit. » Ouaih, ouaih, clameurs d’approbation. Conciliabules. Ça se décide finalement : c’est une tour du bâtiment administratif qu’il faut occuper. Et en haut : c’est la salle du conseil de la fac. Bière, sandwiches, comme par magie, on se débrouille, on campe. Comme Cohn-Bendit a récupéré les clefs des divers bureaux, on trouve même du champagne. La fête, la fête.

On est là, on est nombreux, on se dit déterminé. On en profite pour rédiger un appel : « L’heure n’est plus aux défilés pacifiques […]. À chaque étape de la répression, nous riposterons de manière de plus en plus radicale. » On est le 22 mars (peut-être même le 23, l’heure tourne). Le texte est proposé aux voix : 142 pour, 2 contre, 3 abstentions. Et voilà une journée bien remplie, on se sépare, on va se coucher. Il est une heure trente du matin. Xavier langlade et les autres ont été libérés. La police n’a pas eu le temps de préparer une intervention. On ne sait même pas qui a nommé ça le Mouvement du 22 mars. Ce qu’on sait, c’est que les jeunes enragés avaient rédigé la feuille de route de mai 68 à venir.


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Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y’a du mouvement - epujsv - 24 mars 2018 à 11:25

50 ans après, des nervis encagoulés rentrent dans la fac de droit de Montpellier manifestement introduits par le Doyen et composés notamment d’enseignants de la fac : bâtons et tasers ont sorti les occupants de la fac. Des blessés, etc...

Libération : Evacuation violente de la fac de montpellier : le doyen et des profs accusés.

Blog Médiapart : violences à la fac de droit de Montpellier

France 3 Occitanie :Montpellier : des étudiants occupant la fac de Droit passés à tabac par des hommes cagoulés où le Doyen affirme ne pas avoir fait rentrer les fachos mais appuie la méthode et les étudiants contre l’occupation.

+ réseaux sociaux, et sites d’infos.

Certainement une façon de fêter l’anniversaire par l’extrême-droite.


Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y’a du mouvement - epujsv - 24 mars 2018 à  13:57

Sur Le Poing.info, le témoignage d’un étudiant :

" Je suis arrivé peu avant le début de l’attaque et le doyen a cru que j’étais de son côté. Du coup j’ai tout entendu. Le doyen a d’abord réuni les étudiants qui étaient contre l’occupation et il leur a sommé de se rassembler dans un coin de l’amphithéâtre. Ils ont compté le nombre de personnes présentes dans l’amphi et ils ont dit ‘‘ok, c’est bon.’’ Ensuite, ils ont fait placer les personnels de la sécurité-incendie en haut de l’amphi et au bord de la porte extérieure qui donne sur la rue. Après, l’un des subordonnés du doyen a ouvert une porte au fond du hall d’entrée qui était restée fermée toute la soirée. Une dizaine de personnes sont arrivées, la plupart cagoulées et armées de bâtons qui ressemblaient à des sortes de bouts de palette. Le doyen leur a ordonné d’aller dans l’amphi occupé, et ils se sont mis à taper tout le monde. La sécurité-incendie a fait semblant de ne pas trop savoir ce qu’il se passait. Quand les étudiants ont fui en se faisant taper, le doyen m’a regardé en faisant un pouce levé. J’ai vu quelqu’un se faire tazer au sol. Quand tout le monde était dehors, les grilles de la faculté se sont fermées, ce qui veut bien dire que les gens cagoulés sont restés avec le doyen. Il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas comprendre que l’attaque a été mené sur ordre du doyen ».

Répondre à ce message #43191 | Répond au message #43190
Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y’a du mouvement - epujsv - 24 mars 2018 à  17:02

Philippe Pét... euh...Pétel (le Doyen) a démissionné. Et la Ministre a missionné é une enquête de l’IGAENER. Ouh là là.

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Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y’a du mouvement - epujsv - 24 mars 2018 à  19:57

Le procureur de la République de Montpellier a, lui, ouvert le 23 mars une enquête "pour des faits de violences en réunion et avec arme".

Autre témoignage d’une étudiante sur facebook :
[...] J’ai vu les portes de la fac se refermer, avec ces hommes à l’intérieur. J’ai vu le directeur d’une institution publique s’enfermer avec un groupuscule extra violent. J’ai vu une amie au sol, en sang, avec le portail qui se referme sur ses jambes. En arrière plan, j’ai vu l’administration qui était présente sur les lieux applaudir. Applaudir face au sang d’étudiants en lutte pour leurs droits. J’ai vu ces hommes qui voulaient casser des "gauchos", j’ai senti leurs coups sur mon corps. Trois étudiants sont partis avec les pompiers. La police n’est pas rentré dans la fac, elle n’en avait pas le droit sans l’accord du doyen. La police n’a pas arrêté ces hommes. Ils sont sortis par la sortie de secours, et les policiers les entouraient, comme une escorte de ministre. Le doyen n’a pas autorisé la police à rentrer dans la faculté, pour arrêter les hommes qui ont envoyé 3 étudiants à l’hôpital. Le doyen de la fac de droit, je l’affirme parce que je l’ai vu, a montré à ces hommes, dont il n’avait pas peur, les "cibles".[...]
Ici : https://fr-fr.facebook.com/AFAPB/posts/1448606208601041

Répondre à ce message #43193 | Répond au message #43192
Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y’a du mouvement - epujsv - 26 mars 2018 à  11:34

Les déclaration successives de Philippe Pétel :

- 23 mai sur France 3 Occitanie :
"Ils ont voulu se défendre et je ne peux pas les en blâmer" "
" "Je suis assez fier de mes étudiants, je les approuve totalement
"

- dans la nuit du vendredi 23 mars au samedi 24, dans son courriel annonçant sa démission du poste de doyen :

"Cher(e) collègue,
Je ne suis coupable de rien mais j’ai commis une erreur de communication en tentant de dédramatiser la situation pour calmer les choses et défendre l’image de notre faculté, à laquelle je suis si attaché. Les désordres engendrés par la campagne de calomnies dirigée contre moi doivent cesser afin que la faculté reprenne son activité normale. A cette fin, j’ai décidé de quitter mes fonctions de doyen. Cette décision prend effet ce samedi 24 mars à 0 heure. Je remercie très vivement tous ceux qui m’ont entouré lors de ces pénibles journées
."

- aujourd’hui sur France Bleue Hérault, il a qualifié des évènements de la nuit de jeudi 22, de "gravissimes".

Ce matin, des étudiants anti-blocages (une centaine), à l’appel d’une page facebook "Je suis Pétel" se sont rassemblés devant la fac. Des militants de La Ligue du Midi et des Identitaires sont parmi les manifestants. En face, des étudiants (quelques dizaines à priori) venus à l’appel du comité de mobilisation de la faculté de droit demandent « la reconnaissance publique des faits et l’engagement de la responsabilité des personnes concernées. »

L’administration de la fac avait pris hier la décision de la fermer ce lundi 26 mars. L’Igaenr devrait être sur place.

Répondre à ce message #43194 | Répond au message #43193
Mai 68, 50 ans ! 22 mars à Nanterre, y’a du mouvement - epujsv - 26 mars 2018 à  12:15

Et icile communiqué de presse du Préfet de l’Hérault et de la Rectrice d’académie de Montpellier (23 mars 2018) qui affirment : " D’autre part, ils ne cautionnent en aucun cas tous discours qui viseraient à banaliser ces brutalités."

D’où le soudain changement de discours de P. Pétel dans son communiqué de démission du poste de doyen puis sur Radio Fr. Bleue Hérault ce matin.

Répondre à ce message #43195 | Répond au message #43194
22 mars 2018 à l’Université de Montpellier... - epujsv - 26 mars 2018 à  14:08

Dans le 20h de Tf1 du samedi 24 mars, ce qui a été coupé dans le journal de France 3 Occitanie est visionnable ;
le journaliste demande à PH. Pétel s’il soutient les étudiants contre le blocage jusqu’à la violence , il affirme " écoutez, il faut ce qu’il faut", à la 20mn48 : https://tv-programme.com/journal-de-tf1_emission/replay/le-20-heures-du-24-mars-2018_5ab6b2f2a0366
Je tire cette information toujours du siteLe Poing. Lui, il renvoie dans son article au Replay du 20h par le lien demandant d’être abonné. Le lien que j’ai mis ne demande pas l’abonnement.

De plus, ce site a mémorisé le twitter officiel de l’Université de Montpellier qui appelait à soutenir Ph Pétel par une pétition. Or, depuis ce matin, le twitt a disparu. :-)

Répondre à ce message #43196 | Répond au message #43195
22 mars 2018 à l’Université de Montpellier... - epujsv - 26 mars 2018 à  14:29

oup’s pardon : le twitter officiel n’est pas vraiment celui de l’Université de Montpellier, mais de l’UFR de Droit de l’Université..... Enfin, ça ne change pas grand chose, puisque le Président de l’Université, toujours dans ce 20h de Tf1, soutient son collègue en disant lui aussi qu’il a fait une simple erreur de communication et que sa démission du poste de Doyen suffit amplement pour apaiser.... Ben voyons.

Maintenant à suivre ce que le Ministère, l’Académie de Montpellier, le système judiciaire vont déclarer et faire.
Et combien de temps ça prendra. Jusqu’à ce que ce soit oublié ? Jusqu’à la retraite de l’ex-doyen (qui continue donc à être enseignant en Droit) et de celles des autres des enseignants(en Droit) impliqués ?

Répondre à ce message #43197 | Répond au message #43196
22 mars 2018 à l’Université de Montpellier... - epujsv - 26 mars 2018 à  15:29

Et à noter également que dans les informations qui circulent sur des sites, réseaux officiels ou non, on ne voit, ne lit, aucun enseignant d’Université s’exprimer, que ce soit de l’Université de Montpellier ou d’ailleurs.

La question que je me pose c’est si ce climat politique vérolé, putréfié de l’Université de Montpellier est propre à celle-ci ou si les évènements qui s’y sont déroulés et se déroulent actuellement ne seraient pas possibles dans une autre université. Voire, cela devait certainement arriver un jour à Montpellier ou ailleurs. On croit halluciner d’abord, mais finalement, s’agit-il d’un concours de circonstances et de personnes précises ou d’un système politique universitaire qui ouvre ses portes aux milices d’extrême-droite ?

Répondre à ce message #43198 | Répond au message #43197
22 mars 2018 à l’Université de Montpellier... - epujsv - 26 mars 2018 à  18:44

Vidéo : point presse d’aujourd’hui au Rectorat de Montpellier avec les 2 inspecteurs généraux de l’éducation nationale, de la recherche, etc... et la Rectrice de Montpellier, Béatrice Gilles, qui ont l’air bien embarassés :La Gazette de Montpellier

Répondre à ce message #43199 | Répond au message #43198
22 mars 2018 à l’Université de Montpellier... - epujsv - 26 mars 2018 à  22:26

" s’agit-il d’un concours de circonstances et de personnes précises ou d’un système politique universitaire qui ouvre ses portes aux milices d’extrême-droite ?"

Selon un étudiant du syndicat Solidaires, il s’agirait à priori d’une couleur particulièrement locale et inquiétante à la fac de droit de Montpellier : "« On sait que des groupes identitaires agissent en sous-marins au sein de l’UNI ou de la Fage, explique José-Louis Torres, secrétaire départemental de l’union locale Solidaires. Ils ont à plusieurs reprises proféré des menaces contre des étudiants étrangers ou syndiqués. Cet événement révèle la complaisance des responsables de la fac de droit à leur égard en leur concédant, de surcroît, un pouvoir de cogestion. Le doyen a clairement participé à cette droitisation de l’UFR en nommant certains professeurs appartenant à cette mouvance à des postes clés. »

Ainsi qu’une militante de la LDH qui explique l’existence d’un groupe nommé "La cocarde" rassemblant des gaullistes et des proches de mouvances fascistes. Ainsi que les limites très ténues entre conservateurs et extrême-droite dans l’administration de la faculté.
L’Humanité du 26 mars.Université. Peste brune à la fac de Montpellier

Répondre à ce message #43200 | Répond au message #43198
22 mars 2018 à l’Université de Montpellier... - epujsv - 26 mars 2018 à  23:30

Les inspecteurs de l’éducation nationale, la rectrice assurent qu’ils feront je cite "la lumière "sur l’intrusion de la milice d’ex. droite et les faits qui se sont déroulés dans l’enceinte de la fac dans la nuit du 22 au 23 mars sur demande de la Ministre. Mais aucune autorité représentante de l’Etat ne tient manifestement à faire la lumière sur la sortie et le départ du groupe fasciste qui n’a été à aucun moment inquiété par la police. Comme doté d’une bénédiction au delà de celle du doyen.

Répondre à ce message #43201 | Répond au message #43200
22 mars 2018 à l’Université de Montpellier... - epujsv - 27 mars 2018 à  18:49

Près de 3000 étudiants de l’Université de Montpellier ont voté aujourd’hui en AG le blocus illimité.
Libé (Le direct) du 27/03/2018

Répondre à ce message #43202 | Répond au message #43201