Notre Bernard écrit :
Ah bon, la gauche et la droite c’est pareil ?
Si c’était la gauche qui avait gagné en 2007, vous croyez qu’on aurait eu la Loi TEPA et le bouclier fiscal, les franchises médicales, la réintégration dans le commandement de l’OTAN, la RGPP, la LSI, EDVIGE, la Loi HADOPI, ?
Eh bien, puisque on a un bel hôpital à Bourges, prenons exemple sur la santé - et ces franchises médicales qu’on n’aurait pas eues...
En 1967, De Gaulle par voie d’ordonnance majore la cotisation des salariés et éclate la Sécurité Sociale en 3 branches (maladie, famille, vieillesse), chaque branche étant autonome dans ses recettes et ses dépenses. Depuis 40 ans, tous les plans de redressement des dépenses de santé (sous gouvernements de droite ou de gauche) suivent le même processus : diminution du remboursements des soins et relèvement des cotisations - mais... relèvement des cotisations des salariés et abaissement ou exonération des cotisations patronales (qu’on nomme "charges") au nom d’une aide à l’emploi (aussi fumiste et illusoire que les 5,5% de TVA applicables à la restauration).
Les dépenses hospitalières constituant le gros morceau des dépenses de santé, pour "maitriser" on s’occupa des hôpitaux, la Gauche s’y colla : le forfait journalier dans les hôpitaux, c’est Bérégovoy (en 1982). En 1983 on fixa un attribua un budget annuel à chaque hôpital qui devait se débrouiller avec sa dotation. Pour économiser, on économisa sur les besoins en personnel et alors on commença à fermer des lits, on introduisit la sous-traitance (maintenance, restauration, blanchisserie). Et c’était la Gauche qui gouvernait.
D’un gouvernement l’autre, sous la formule "maitrise des dépenses de santé", on entama un processus qui se traduisit sans arrêt par la dégradation des conditions de travail du personnel de santé, et par des dépenses de santé faisant de plus en plus appel à la bourse personnelle des malades.
Par exemple, en 1977 et 1978 Raymond Barre et Simone Weil avaient ramenés le remboursement de certains médicaments de 70% à 40%. En 1979, les cotisations de salariés furent augmentées et on imposa les indemnités maladies. La Gauche en arrivant au pouvoir en 1981 aurait pu supprimer ces mesures ? Elle les prolongera avec zèle, eh oui... On commença par relever illico de 1% encore le taux de cotisation, on instaura le forfait hospitalier, on réduisit encore plus le taux de remboursement de certains médicaments, d’autres ne furent plus remboursés purement et simplement. On supprima la franchise postale pour le courrier entre assurés et caisse d’assurance maladie. Et on rajoutera encore, en 1985, presque 400 médicaments à la liste de ceux remboursé à 40%.
On ne va pas tout résumer. Hop, on se transporte à la fin de cette histoire : en 2001, alors qu’une importante chaine de cliniques (Générale de santé) était introduite en bourse, Lionel Jospin accordait 2 milliards de francs aux cliniques privées.
Hélas... Certes, certes, ce n’est pas blanc-bonnet, bonnet-blanc, certes... mais plus on monte dans les hiérarchies de la République ça devient difficile de s’y retrouver. Municipalité ? oui, on arrive à distinguer... Conseil général ? oui, dans une certaine mesure... Conseil régional ?... là, faut déjà moins s’enthousiasmer, même si en cherchant on trouve des différences... Et ensuite ? ça se complique, c’est vraiment du cas par cas...